Occident vs Russie : jusqu’au dernier ukrainien


Chouchoutés par l’Occident, les Ukrainiens s’en croyaient les héros. Le monde entier voit, désormais, qu’ils en sont plutôt les sacrifiés.



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La fameuse « contre-offensive de Kherson », lancée par l’armée ukrainienne le 29 août, tourne au désastre. Même le Washington-post, peu susceptible d’être accusé de russophilie, a consacré un article, datant du 7 septembre, sur le lourd bilan humain de ladite contre-offensive.

Selon des sources pro-russes, l’armée ukrainienne aurait subi la perte de quelques 3.000 hommes, des centaines de chars et de véhicules blindés et une dizaine d’avions de combat et d’hélicoptères d’attaque.

Sachant que Kiev a mobilisé ses meilleures troupes pour cette opération, les soldats bien formés et aguerris blessés ou tombés au combat seront difficiles à remplacer rapidement.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a beau claironner que ses troupes ont repris des villages dans la région de Kharkiv (Kharkov pour les Russes), les « reconquêtes » territoriales réalisées sont trop modestes pour permettre une exploitation opérationnelle, à large échelle, des dites « percées ».

Fausses évidences

La carte des opérations militaires, que les médias occidentaux se plaisent à montrer et inviter de (piètres) experts militaires à interpréter, peuvent être trompeuses, si certains « détails » topographiques et relatifs aux tactiques militaires russes ne sont pas explicités.

Kharkiv, 2ème plus grande ville au Nord-est de l’Ukraine, est située dans l’oblast de Kherson, une plaine plate, n’offrant aucun relief derrière lequel organiser une ligne de défense assez efficace pour réduire les pertes.

Lorsque les forces d’assaut ukrainiennes ne disposent pas d’une puissance de feu suffisante pour percer les lignes russes, les chars et l’infanterie sont suffisants pour les repousser.

Mais quand la pression ukrainienne est trop importante, la tactique adoptée par l’armée russe consiste à marteler à l’artillerie les assaillants, puis de se retirer sur une nouvelle ligne de défense, que les soldats russes ne vont tenir que le temps que leur artillerie porte de nouvelles frappes destructrices à l’adversaire.

Piège mortel

Une fois les bataillons ukrainiens suffisamment engagées dans leur percée, les forces russes les enferment soigneusement dans un chaudron.

Il s’ensuit une pluie d’obus russes jusqu’à la reddition des soldats ukrainiens ou leur élimination.

Comme les positions évacuées par l’armée russe ne revêtent aucune importance stratégique et que la plupart des villages de la région ont été abandonnés par leurs habitants depuis le début de la guerre, l’état-major russe préfère reculer ses troupes, et épargner de la sorte la vie de ses soldats, tout en soumettant les assaillants ukrainiens à un déluge de feu d’artillerie.

La défense contre-aérienne ukrainienne semble, par ailleurs, avoir été en bonne partie réduite au silence sur la ligne de front.

Que des Su-34 russes se permettent de balancer d’archaïques bombes à gravitation non guidées (dites « muettes ») de 500 kgs sur des positions ukrainiennes, cela ne peut vouloir dire qu’une chose : les soldats de Kiev ne disposent plus d’aucun parapluie de défense contre-aérienne.

Soldats sacrifiés

Il était évident, dès le début de la contre-offensive ukrainienne, que cette dernière était vouée à l’échec.

Selon la règle qui veut qu’il faille au moins trois assaillants contre un défenseur pour pouvoir mener efficacement une attaque, les forces mobilisées par l’état-major pour mener la contre-offensive n’étaient tout simplement pas suffisantes.

D’après des soldats ukrainiens blessés cités par le Washington-post, qui ont participé à cette désastreuse opération, les forces d’assaut n’avaient pas suffisamment de pièces d’artillerie pour répondre à celles, pléthoriques, de l’adversaire russe.

De toute évidence, les officiers d’état-major qui ont planifié cette opération ukrainienne sont d’une incompétence inimaginable.

Guerre et spectacle

Ils ont littéralement envoyé des soldats ukrainiens, pas assez nombreux et sous-équipés, à la boucherie, juste pour planter le drapeau ukrainien dans quelques villages abandonnés et filmer la scène, les vidéos enregistrées circulant aussitôt sur les réseaux sociaux.

Certains villages sont même évacués par les soldats ukrainiens, aussitôt après le « tournage » des vidéos de propagande.

C’est à se demander si l’excellence des Occidentaux dans la guerre de l’information, reconnue même par les Russes, a fait oublier à leurs conseillers militaires, qui appuient l’armée ukrainienne, ce qu’est la vraie guerre et comment elle doit être menée dans la réalité.
    
Il n’est de meilleur exemple de l’inaptitude des officiers d’état-major qui planifient les opérations ukrainiennes que les deux tentatives avortées des forces spéciales ukrainiennes de reprise de la centrale nucléaire de Zaporijjia à l’armée russe.

Rambos de pacotille

Au petit matin du 1er septembre, 7 bateaux et deux péniches de débarquement à moteur, transportant une soixantaine de commandos ukrainiens, traversent discrètement le fleuve Dniepr et tentent de poser pied sur le rivage d’un village avoisinant la centrale de Zaporijjia.

Ils sont repérés et « traités » par des hélicoptères d’assaut russes Ka-52, qui coulent les deux barges. Les survivants rebroussent chemin.

Le lendemain, ce sont 250 commandos, répartis en deux groupes montés à bord d’une quarantaine d’embarcations à moteur qui confirment la définition de la folie par Albert Einstein : répéter la même erreur en s'attendant à un résultat différent.

Les Ka-52 russes ont, une nouvelle fois, « souhaité la bienvenue » aux forces spéciales ukrainiennes, mais cette fois accompagnés de chasseurs Su-30. Bilan de l’opération suicide : 47 morts, 20 blessés du côté ukrainien.

Il est, d’ailleurs, un autre mythe qu’il est nécessaire de briser, au passage, concernant les pertes russes.

Les miliciens du Donbass

Le poids des batailles à l’échelle de l’infanterie est essentiellement supporté par les miliciens de la république séparatiste de Donetsk, du fait de leur bonne connaissance du terrain.

Même s’il y a bien des soldats russes engagés sur le terrain et que leurs pertes ne sont pas insignifiantes, l’armée russe s’occupe essentiellement de l’appui feu, du renseignement et du commandement.

Les médias occidentaux ont présenté l’annonce par Moscou du recrutement prochain de quelques 130.000 soldats comme preuve des lourdes pertes subies par l’armée russe, qu’elle chercherait ainsi à combler.

En fait, il s’agit des miliciens des républiques séparatistes du Donbass, Donetsk et Lougansk, que l’armée russe se prépare à absorber, quand les dites républiques seront intégrées à la fédération de Russie.

Les Russes ont commis quelques erreurs, lors du déroulement de leur opération militaire spéciale en Ukraine. Ils ont sous-estimé la combativité des soldats ukrainiens et sont ineptes en matière de communication.

L’état-major russe s’est, toutefois, vite adapté, privilégiant une guerre classique d’artillerie, peu spectaculaire, mais très efficace.

Les munitions de la victoire

Les lignes russes d’appui logistique, peu étendues, n’ont pas failli jusqu’à présent, quoi qu’en dise les médias occidentaux. Preuve en est le feu roulant et incessant que subissent les forces ukrainiennes, d’après les témoignages de leurs propres soldats.

Les capacités industrielles de la Russie assurent, de leur côté, un approvisionnement régulier en munitions. Il n’en va pas de même pour les États-Unis. D’après le Wall Street Journal et Bloomberg, les stocks de munitions de l’armée américaine s’amenuisent au fur et à mesure qu’elles sont livrées à l’armée ukrainienne.

Alors que les capacités de production américaines, et celles des pays de l’Otan en général, ne peuvent pas suivre la cadence à laquelle ces munitions sont consommées.

Perte d’illusions

L’Ukraine devait permettre à Joe Biden, dont le nom restera à jamais attaché à la honteuse retraite des forces américaines d’Afghanistan, de se tailler une image de chef de guerre triomphant et d’effacer le revers précité.

Il en va, également, des résultats du parti démocrate aux élections de mi-mandat.

La conjonction de l’inflation et des difficultés militaires de l’Ukraine face à la Russie, malgré le transfert de systèmes d’armement américain à la « pointe » de la technologie et des milliards de dollars de soutien accordés à Kiev prélevés sur les contribuables, n’est pas de bonne augure pour les démocrates.

Si une majorité républicaine devait prendre le contrôle du Congrès, cela va signifier une énorme réduction de la marge de manœuvre de la Maison blanche, et ce jusqu’aux prochaines présidentielles.

Retour de manivelle

L’arme « secrète » et « miracle » des Occidentaux, celle qui devait leur permettre de mettre la Russie à genoux dès les premières semaines du conflit, à savoir les sanctions, leur a explosé au visage.

Les peuples d’Europe en payent le prix en termes de baisse de leur pouvoir d’achat, les secteurs les plus énergivores de l’industrie européennes sont au bord du lock-out, faute de gaz ou en raison de la cherté l’électricité, et le cours de l’euro a dégringolé par rapport à celui du dollar.

Négocier avec Moscou pour mettre un terme à cette guerre qui détruit l’Ukraine, sans le moindre espoir de la voir renverser la tendance et repousser les forces russes ?

Il n’en est pas question pour les dirigeants occidentaux, prêts à faire la guerre à Poutine jusqu’au dernier ukrainien, même s’il faut pour cela que leurs peuples crèvent de froid, que les ménagères ne parviennent plus à remplir à remplir le panier de provisions.

L’Ukraine est surtout le tombeau de l’image de rationalité et de puissance de l’Occident.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 8 Septembre 2022

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