Un projet pour valoriser les investissements hydrauliques
Dans la région de l’Oriental, les périmètres irrigués du Garet, dans la province de Nador, et de Tafrata, dans la province de Taourirt, font l’objet d’un important programme d’accompagnement porté par l’Office national du conseil agricole (ONCA).
Mis en œuvre dans le cadre du Projet de résilience et durabilité de l’irrigation (REDI), financé par la Banque mondiale et inscrit dans la stratégie Génération Green 2020-2030, ce dispositif vise à transformer les investissements réalisés dans les réseaux d’irrigation localisée en gains durables pour les exploitants.
Le projet poursuit trois objectifs : renforcer la gouvernance de l’eau, moderniser les services d’irrigation et de drainage, et élargir l’accès des agriculteurs au conseil agricole ainsi qu’aux technologies modernes d’irrigation à la parcelle.
Une transition vers le goutte-à-goutte déjà bien engagée
Les périmètres du Garet et de Tafrata présentent des caractéristiques agroclimatiques différentes.
Le premier s’étend sur près de 13.500 hectares dans les communes de Beni Oukil Ouled Mhand et Tiztoutine, avec un climat semi-aride et une pluviométrie moyenne d’environ 270 mm par an. Son alimentation en eau repose principalement sur le barrage Mohammed V, complété par les barrages Hassan II, Oued Za et la nappe phréatique.
À Tafrata, qui couvre environ 1.300 hectares dans la commune de Gteter, le climat est plus aride, avec une pluviométrie annuelle d’environ 190 mm et une exposition plus importante aux épisodes de sécheresse, aux vents violents, au gel et à la grêle.
La modernisation des infrastructures est déjà bien avancée. Au total, 2.950 hectares ont été convertis à l’irrigation au goutte-à-goutte, dont 2.000 hectares au Garet et 950 hectares à Tafrata, où le réseau est entièrement aménagé en irrigation localisée.
Malgré ces avancées, les pratiques agricoles ne permettent pas encore d’exploiter pleinement le potentiel de ces équipements.
Le taux d’intensification culturale reste limité, avec une dominante de cultures telles que l’olivier, la vigne de table, les agrumes, la betterave à sucre, la luzerne, les céréales et le maraîchage au Garet, tandis qu’à Tafrata, la reconversion favorise progressivement une agriculture irriguée plus intensive autour du maraîchage, de l’olivier et de la luzerne.
Un accompagnement destiné à près de 3.300 exploitants
Le programme cible environ 3.185 agriculteurs au Garet et 129 à Tafrata, où prédominent les petites et moyennes exploitations, aux côtés de grandes exploitations, notamment dans le second périmètre.
Le dispositif prévoit l’organisation de 80 journées d’information et de sensibilisation destinées à près de 2.800 participants, 70 sessions de formation pour 1.400 bénéficiaires, 38 écoles aux champs et parcelles de démonstration ainsi que 15 voyages d’échange entre agriculteurs et organisations professionnelles.
Une attention particulière est accordée à l’inclusion des femmes et des jeunes ruraux, avec un objectif minimum de 20 % de femmes et de 30 % de jeunes de moins de 40 ans dans l’ensemble des actions prévues.
Le programme entend également renforcer les organisations professionnelles agricoles. Le Garet compte déjà deux coopératives, deux associations, dix-sept associations d’usagers de l’eau agricole (AUEA) et deux agrégateurs dans les filières de la betterave à sucre et de la collecte de lait.
À Tafrata, une AUEA regroupe environ 500 adhérents. L’accompagnement prévoit notamment de soutenir la création de coopératives de valorisation portées par des femmes et des jeunes ainsi que le développement de partenariats commerciaux.
Un service numérique pour optimiser l’irrigation
Le projet repose également sur la mise en place d’un Service d’avertissement agricole (SAA), conçu pour accompagner durablement les agriculteurs dans la gestion de l’irrigation localisée.
S’appuyant sur une base de données numérique géolocalisée, ce système permettra de suivre l’humidité des sols et les besoins hydriques des parcelles afin de fournir des recommandations quotidiennes et hebdomadaires d’irrigation. Il diffusera également des alertes phytosanitaires basées sur des modèles prédictifs concernant l’apparition des maladies et des ravageurs.
À terme, le service bénéficiera à 1.260 exploitants. Environ 700 d’entre eux recevront un accompagnement individualisé et des alertes personnalisées, tandis que les 560 autres bénéficieront de conseils diffusés par SMS, WhatsApp ou via des bulletins d’information.
Les concepteurs du projet prévoient par ailleurs d’assurer la continuité du dispositif après son achèvement, en transférant progressivement sa gestion aux structures locales, notamment l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA), l’ONCA et les chambres d’agriculture.












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