Il y a des scènes qui ressemblent à de la science-fiction. Et puis il y a celles qui ressemblent à une science-fiction mal redémarrée.
À Wuhan, mardi soir 31 mars 2026, plusieurs robotaxis autonomes du service Apollo Go de Baidu se sont tout simplement figés au milieu de la route, avec des passagers à bord, transformant pendant de longues minutes, parfois davantage, la promesse de la mobilité du futur en un embouteillage très contemporain. Selon la police locale, il s’agirait d’un « dysfonctionnement du système ». Aucun blessé n’a été signalé, mais l’épisode a suffi à relancer le débat sur la fiabilité réelle de ces véhicules sans chauffeur.
Sur le papier, le robotaxi incarne l’ordre parfait : pas de fatigue, pas d’humeur, pas de distraction au volant. Dans la rue, l’image a brusquement changé. À Wuhan, des voitures autonomes se sont immobilisées en série sur plusieurs axes, bloquant la circulation et piégeant leurs occupants dans une situation absurde : être transporté par une machine censée anticiper tout… sauf sa propre paralysie. Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux chinois et vérifiées par Reuters montrent plusieurs véhicules arrêtés en pleine voie, incapables de repartir.
Le plus troublant, dans cette affaire, n’est pas seulement la panne. C’est le décor. On ne parle pas ici d’un prototype caché dans un laboratoire, mais d’un service commercial opéré par l’un des géants technologiques chinois, dans une métropole qui sert de vitrine au déploiement grandeur nature de la conduite autonome. Wuhan fait partie des villes où Baidu pousse le plus loin son modèle Apollo Go, y compris sur des trajets importants et des axes rapides. C’est précisément ce qui rend l’incident politiquement et symboliquement sensible : quand une innovation est déjà vendue comme normale, la moindre défaillance devient un test public de crédibilité.
L’affaire a aussi quelque chose d’ironiquement humain. Les voitures se sont arrêtées, les passagers ont hésité à sortir à cause de la circulation, la police a dû intervenir, et le “sans chauffeur” a soudain nécessité beaucoup d’humains autour. Selon des médias locaux repris par plusieurs sources internationales, certains usagers seraient restés bloqués longtemps, parfois près de deux heures. Le futur automatisé, en somme, n’a pas supprimé la dépendance aux réflexes les plus classiques : assistance, sécurité, présence humaine.
Ce n’est pas la première alerte autour des robotaxis en Chine. Baidu avait déjà été confronté à un autre incident marquant en 2025, lorsqu’un véhicule Apollo Go était tombé dans une fosse de chantier à Chongqing. D’autres acteurs du secteur, comme Pony.ai, ont eux aussi connu des épisodes embarrassants. L’industrie avance vite, mais elle avance encore avec ses angles morts. Derrière le discours sur l’efficacité algorithmique, une question demeure : une flotte autonome peut-elle vraiment être considérée comme mature si une panne logicielle suffit à figer la ville ?
Au fond, l’épisode de Wuhan raconte peut-être mieux que n’importe quel discours l’état réel de la révolution autonome. Nous ne sommes pas encore dans un monde où les machines conduisent parfaitement. Nous sommes dans une phase plus instable, plus comique parfois, où la voiture sans chauffeur peut encore inventer un nouveau genre de spectacle urbain : la panne sans conducteur, l’arrêt sans explication, et ce moment surréaliste où le passager regarde un tableau de bord silencieux comme on regarde un serveur qui a cessé de répondre.
Le robotaxi promettait d’effacer l’imprévu humain. Mardi, à Wuhan, c’est l’imprévu logiciel qui a repris le volant.
Sur le papier, le robotaxi incarne l’ordre parfait : pas de fatigue, pas d’humeur, pas de distraction au volant. Dans la rue, l’image a brusquement changé. À Wuhan, des voitures autonomes se sont immobilisées en série sur plusieurs axes, bloquant la circulation et piégeant leurs occupants dans une situation absurde : être transporté par une machine censée anticiper tout… sauf sa propre paralysie. Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux chinois et vérifiées par Reuters montrent plusieurs véhicules arrêtés en pleine voie, incapables de repartir.
Le plus troublant, dans cette affaire, n’est pas seulement la panne. C’est le décor. On ne parle pas ici d’un prototype caché dans un laboratoire, mais d’un service commercial opéré par l’un des géants technologiques chinois, dans une métropole qui sert de vitrine au déploiement grandeur nature de la conduite autonome. Wuhan fait partie des villes où Baidu pousse le plus loin son modèle Apollo Go, y compris sur des trajets importants et des axes rapides. C’est précisément ce qui rend l’incident politiquement et symboliquement sensible : quand une innovation est déjà vendue comme normale, la moindre défaillance devient un test public de crédibilité.
L’affaire a aussi quelque chose d’ironiquement humain. Les voitures se sont arrêtées, les passagers ont hésité à sortir à cause de la circulation, la police a dû intervenir, et le “sans chauffeur” a soudain nécessité beaucoup d’humains autour. Selon des médias locaux repris par plusieurs sources internationales, certains usagers seraient restés bloqués longtemps, parfois près de deux heures. Le futur automatisé, en somme, n’a pas supprimé la dépendance aux réflexes les plus classiques : assistance, sécurité, présence humaine.
Ce n’est pas la première alerte autour des robotaxis en Chine. Baidu avait déjà été confronté à un autre incident marquant en 2025, lorsqu’un véhicule Apollo Go était tombé dans une fosse de chantier à Chongqing. D’autres acteurs du secteur, comme Pony.ai, ont eux aussi connu des épisodes embarrassants. L’industrie avance vite, mais elle avance encore avec ses angles morts. Derrière le discours sur l’efficacité algorithmique, une question demeure : une flotte autonome peut-elle vraiment être considérée comme mature si une panne logicielle suffit à figer la ville ?
Au fond, l’épisode de Wuhan raconte peut-être mieux que n’importe quel discours l’état réel de la révolution autonome. Nous ne sommes pas encore dans un monde où les machines conduisent parfaitement. Nous sommes dans une phase plus instable, plus comique parfois, où la voiture sans chauffeur peut encore inventer un nouveau genre de spectacle urbain : la panne sans conducteur, l’arrêt sans explication, et ce moment surréaliste où le passager regarde un tableau de bord silencieux comme on regarde un serveur qui a cessé de répondre.
Le robotaxi promettait d’effacer l’imprévu humain. Mardi, à Wuhan, c’est l’imprévu logiciel qui a repris le volant.












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