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Rabat annule un marché de 4,9 MDH destiné à digitaliser la gestion foncière et fiscale

Une décision qui relance le débat sur la modernisation administrative.


Rédigé par Salma Chmanti Houari le Mardi 27 Janvier 2026

La commune de Rabat a récemment pris une décision importante qui fait déjà réagir les milieux économiques et administratifs : l’annulation d’un appel d’offres estimé à 4,9 millions de dirhams (MDH), destiné à engager une transformation numérique de la gestion foncière et fiscale de la capitale.

Cette décision, intervient alors que ce contrat était présenté comme une étape majeure dans la modernisation de l’administration locale et l’optimisation des ressources publiques.



Un projet structurant finalement annulé

Ce marché public avait initialement été conçu pour permettre à la commune de Rabat de s’équiper d’outils technologiques modernes pour rationaliser la gestion de son patrimoine foncier et améliorer la collecte fiscale locale.

Il devait inclure la digitalisation des bases de données foncières, la mise en place d’un système intégré de gestion cartographique et la révision des inventaires fonciers existants, notamment ceux liés aux terrains non bâtis.

La somme de 4,9 millions de dirhams représente un investissement relativement modeste dans le contexte des projets numériques publics, mais son importance politique et administrative était significative :

Il s’agissait d’un symbole de la volonté de la capitale d’adopter des pratiques de gestion modernes, transparentes et fondées sur la donnée.

Pourtant, la commune a finalement décidé de mettre fin à cet appel d’offres, annulant ainsi le processus de sélection du prestataire qui aurait dû mener à bien ce chantier sur une période de 12 mois.

La décision d’annulation reste aujourd’hui peu commentée par les autorités locales, mais elle s’inscrit dans un contexte plus large de vigilance renforcée sur l’attribution et l’exécution des marchés publics.

Pourquoi cette annulation relance le débat

Derrière cette annulation se trouvent plusieurs questions cruciales : l’une porte sur la transparence et l’efficacité des procédures de marchés publics, l’autre sur la priorité accordée à la transformation digitale dans l’administration territoriale.

Depuis plusieurs années, Rabat s’est engagée dans une série de projets visant à moderniser son administration et à sécuriser sa gouvernance locale : mise à jour des inventaires fonciers, régularisation des terrains et adoption d’outils cartographiques numériques figuraient parmi les priorités affichées.

Cependant, l’annulation du marché de digitalisation envoie un message plus ambigu : d’un côté, elle peut être perçue comme une intention de revoir, améliorer ou renforcer les conditions d’attribution, afin d’éviter des erreurs ou anomalies dans la sélection du prestataire.

De l’autre, elle peut être interprétée comme une remise en question de l’approche même de la digitalisation, au moment où la transformation numérique est pourtant devenue un impératif reconnu pour la compétitivité administrative.

Une décision dans un contexte sensible

La question du bon usage des fonds publics et de la rigueur dans l’attribution des marchés est un sujet sensible au Maroc.

Divers audits et rapports récents, notamment ceux de l’Inspection générale des finances (IGF), ont mis en lumière des irrégularités dans plusieurs marchés publics de plusieurs centaines de millions de dirhams, notamment à Rabat et Casablanca, soulevant des inquiétudes quant à des pratiques parfois contraires aux règles de concurrence et de transparence.

Dans ce contexte, l’annulation de ce marché de digitalisation de Rabat peut être perçue comme une mesure de prudence administrative, destinée à éviter toute contestation ou contentieux qui pourrait en découler.

Cela pourrait aussi s’inscrire dans une volonté plus large des autorités publiques de renforcer les contrôles et de garantir que la digitalisation de services essentiels ne soit pas entachée d’erreurs de procédures.

La digitalisation, un chantier jugé stratégique… mais complexe

La digitalisation de la gestion foncière et fiscale n’est pas un projet anodin : elle implique l’intégration de bases de données disparates, l’adoption de technologies géospatiales avancées, ainsi que la formation des agents publics à de nouveaux outils.

Une telle transformation, lorsqu’elle est bien menée, peut considérablement améliorer la transparence, la traçabilité des décisions et l’efficacité des services offerts aux citoyens et aux entreprises.

Dans d’autres pays, des initiatives similaires ont montré des résultats positifs en termes de collecte fiscale, de simplification des procédures administratives et de réduction des litiges fonciers.

C’est notamment le cas des systèmes intégrés où les données foncières et fiscales sont interconnectées, ce qui permet de détecter rapidement les incohérences et d’assurer une meilleure prise de décision.

Pour Rabat, une ville capitale aux enjeux fonciers complexes entre héritage architectural, zones urbaines en développement et défis liés à l’attractivité économique, une digitalisation réussie aurait pu être un atout majeur. Pourtant, ce dossier, qui avait suscité des attentes dans les milieux professionnels, se trouve aujourd’hui suspendu, au moins provisoirement.

Des leçons pour l’avenir

Si l’annulation de ce marché pourrait être interprétée comme un recul, elle peut aussi être l’occasion d’un renforcement des processus d’appel d’offres, de la structuration des projets numériques et de l’élaboration d’un cadre encore plus solide pour la mise en œuvre de futurs chantiers de transformation digitale.

Dans un contexte économique mondialisé où la digitalisation des services publics est de plus en plus considérée comme une condition de compétitivité, la prudence administrative doit s’accompagner d’une volonté politique affirmée de modernisation.

Cela nécessite non seulement des budgets adéquats, mais aussi une stratégie claire, des compétences techniques et une supervision continue pour garantir que les technologies choisies répondent aux besoins réels de l’administration et des citoyens.

L’annulation du marché de 4,9 MDH par la commune de Rabat, destiné à digitaliser la gestion foncière et fiscale, constitue un tournant significatif dans la manière dont les projets publics technologiques sont gérés au niveau local.

Alors que ce marché était perçu comme un marqueur fort de modernisation, cette décision met en lumière les défis administratifs, juridiques et stratégiques qui entourent la transition numérique au sein des collectivités territoriales au Maroc.

Reste à voir comment ce chantier sera repensé et relancé pour répondre aux attentes des acteurs économiques et des citoyens dans les mois à venir.





Mardi 27 Janvier 2026

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