Ce qui devait être une simple rencontre de préparation à la Coupe du monde 2026 entre deux équipes déjà qualifiées a tourné au scandale. Mardi soir, le match s’est soldé par un nul (0-0), mais a surtout été marqué par des chants racistes dans les tribunes du stade de Cornellà, antre de l’Espanyol Barcelone. Parmi eux, des slogans islamophobes visant notamment les musulmans.
Dès le lendemain, la police catalane a annoncé l’ouverture d’une enquête pour des faits qualifiés d’« islamophobes et xénophobes ». Une réaction appuyée par plusieurs membres du gouvernement. Le ministre de la Justice, Félix Bolaños, a dénoncé une situation « honteuse pour la société », tandis que la ministre de l’Éducation et des Sports, Milagros Tolón, a assuré que des mesures seraient prises pour éradiquer ces comportements.
De son côté, la Fédération espagnole de football a condamné « tout acte de violence dans les stades » et réaffirmé son engagement contre le racisme. Son président, Rafael Louzán, a toutefois évoqué des incidents « isolés », qui « ne doivent pas se reproduire ».
Ces réactions ont été jugées insuffisantes par une partie de la presse espagnole, qui estime que le match aurait dû être interrompu, conformément au protocole de l’UEFA en cas de comportements racistes.
Après la rencontre, le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente a exprimé son « dégoût total » face à ces actes, dénonçant des chants « intolérables » et appelant à identifier et sanctionner leurs auteurs. Le milieu de terrain Pedri a, lui aussi, condamné ces comportements, affirmant que « personne n’aime voir ça » et appelant à une mobilisation collective.
Malgré les efforts engagés et certaines sanctions judiciaires, le racisme continue de gangrener le football espagnol. Les incidents se multiplient ces derniers mois, illustrant l’inefficacité des dispositifs actuels.
Le cas de Vinicius Junior, attaquant brésilien du Real Madrid régulièrement pris pour cible depuis son arrivée en 2018, est devenu emblématique de ce fléau. Pourtant, seule une partie des faits signalés a conduit à des sanctions concrètes.
Que même la sélection nationale espagnole, symbole d’unité, soit touchée par de tels comportements envoie un signal préoccupant. Une situation d’autant plus sensible que l’Espagne s’apprête à coorganiser la Coupe du monde 2030 avec le Portugal et le Maroc, un pays à majorité musulmane.












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