Un projet de réforme à lire avec prudence
La principale nouveauté serait la disparition de la région Drâa-Tafilalet, dont les provinces seraient redistribuées entre des régions voisines. Ce choix, s’il se confirme, traduit une volonté de dépasser certaines limites du découpage actuel, parfois critiqué pour son déséquilibre démographique, économique ou administratif. Certaines régions deviendraient plus vastes et plus intégrées, notamment autour de grands pôles comme Casablanca, Rabat, Fès-Meknès, Marrakech, Souss-Massa ou les provinces du Sud. L’idée serait de construire des ensembles régionaux plus solides, capables de porter de grands projets d’infrastructures, d’investissement, d’emploi et d’aménagement du territoire.
Mais ce passage de 12 à 9 régions soulève aussi une question centrale : agrandir les régions peut-il réellement rapprocher l’administration du citoyen ? Pour éviter que la réforme ne crée de nouvelles distances, le projet évoque la création de nouvelles préfectures ou provinces, notamment à Ksar El Kébir, Targuist, Bouznika, Ouled Berhil, Taliouine, El Mahbes et El Guerguerat. Le message est clair : moins de régions au sommet, mais davantage de relais administratifs de proximité sur le terrain.
À ce stade, il faut cependant distinguer trois niveaux : l’information qui circule, l’hypothèse administrative et la décision officielle. Une carte, aussi détaillée soit-elle, ne suffit pas à établir qu’un nouveau découpage est définitivement adopté. Un tel chantier nécessiterait des arbitrages institutionnels, juridiques, politiques et budgétaires importants. Il concernerait les collectivités territoriales, les élus, les administrations déconcentrées, les budgets régionaux, les sièges des conseils régionaux et la représentation des territoires.
La logique de cette réforme paraît néanmoins cohérente avec une préoccupation de fond : rendre la régionalisation plus efficace. Depuis plusieurs années, le Maroc cherche à faire de la région un véritable levier de développement, et non un simple cadre administratif. Or une région trop faible, trop enclavée ou trop déséquilibrée peine à jouer ce rôle. À l’inverse, une région plus grande peut disposer d’une masse critique plus importante, mais elle risque aussi de marginaliser les territoires périphériques si la proximité n’est pas garantie.
La réussite d’un nouveau découpage ne dépendra donc pas uniquement du nombre de régions. Passer de 12 à 9 ne sera utile que si cette réforme s’accompagne d’une clarification des compétences, d’un financement plus juste, d’une meilleure coordination entre l’État, les régions, les provinces et les communes, et surtout d’une capacité réelle à réduire les inégalités territoriales.
Car le citoyen ne juge pas une carte administrative à sa couleur ni à ses frontières. Il la juge à travers l’hôpital le plus proche, l’école de ses enfants, la route qui désenclave son village, le guichet administratif accessible, l’emploi créé dans sa province et la qualité des services publics. Le découpage territorial n’est donc pas une affaire de géographie seulement. C’est une affaire de justice, d’efficacité et de confiance publique.
Mais ce passage de 12 à 9 régions soulève aussi une question centrale : agrandir les régions peut-il réellement rapprocher l’administration du citoyen ? Pour éviter que la réforme ne crée de nouvelles distances, le projet évoque la création de nouvelles préfectures ou provinces, notamment à Ksar El Kébir, Targuist, Bouznika, Ouled Berhil, Taliouine, El Mahbes et El Guerguerat. Le message est clair : moins de régions au sommet, mais davantage de relais administratifs de proximité sur le terrain.
À ce stade, il faut cependant distinguer trois niveaux : l’information qui circule, l’hypothèse administrative et la décision officielle. Une carte, aussi détaillée soit-elle, ne suffit pas à établir qu’un nouveau découpage est définitivement adopté. Un tel chantier nécessiterait des arbitrages institutionnels, juridiques, politiques et budgétaires importants. Il concernerait les collectivités territoriales, les élus, les administrations déconcentrées, les budgets régionaux, les sièges des conseils régionaux et la représentation des territoires.
La logique de cette réforme paraît néanmoins cohérente avec une préoccupation de fond : rendre la régionalisation plus efficace. Depuis plusieurs années, le Maroc cherche à faire de la région un véritable levier de développement, et non un simple cadre administratif. Or une région trop faible, trop enclavée ou trop déséquilibrée peine à jouer ce rôle. À l’inverse, une région plus grande peut disposer d’une masse critique plus importante, mais elle risque aussi de marginaliser les territoires périphériques si la proximité n’est pas garantie.
La réussite d’un nouveau découpage ne dépendra donc pas uniquement du nombre de régions. Passer de 12 à 9 ne sera utile que si cette réforme s’accompagne d’une clarification des compétences, d’un financement plus juste, d’une meilleure coordination entre l’État, les régions, les provinces et les communes, et surtout d’une capacité réelle à réduire les inégalités territoriales.
Car le citoyen ne juge pas une carte administrative à sa couleur ni à ses frontières. Il la juge à travers l’hôpital le plus proche, l’école de ses enfants, la route qui désenclave son village, le guichet administratif accessible, l’emploi créé dans sa province et la qualité des services publics. Le découpage territorial n’est donc pas une affaire de géographie seulement. C’est une affaire de justice, d’efficacité et de confiance publique.












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