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Ce constat, loin d’être anecdotique, s’appuie sur l’embellie pluviométrique observée lors de la dernière campagne agricole, qui a revitalisé les terres et dopé les réservoirs hydriques, donnant un peu d’oxygène à des agriculteurs encore marqués par des années de sécheresse. Dès la fin de 2025, plusieurs barrages affichaient des hausses sensibles de leurs niveaux, traduisant une progression tangible des réserves d’eau un facteur clé pour la production agricole.
Pourtant, derrière ce tableau encourageant, se profile une réalité plus nuancée. Les épisodes pluvieux, bien qu’utiles, restent irréguliers et fragiles au regard d’un climat de plus en plus volatil. Les spécialistes rappellent que les réserves hydriques nationales exigent encore une gestion stratégique et durable pour atténuer les impacts des chocs climatiques et répondre aux besoins croissants en eau potable et pour l’agriculture.
Dans le rapport de la Banque mondiale, qui scrute les dynamiques alimentaires à l’échelle globale, le Maroc est comparé à des voisins maghrébins comme l’Algérie et la Tunisie, tous trois étant jugés plus résilients qu’une grande partie des pays de la région. À l’inverse, des nations comme le Yémen ou la Syrie restent plongées dans des crises alimentaires sévères, où des millions de ménages peinent à satisfaire leurs besoins de base — parfois faute d’accès économique ou physique à des aliments suffisants.
Mais la stabilité actuelle ne repose pas uniquement sur les pluies. Un rapport récent du Forum économique mondial consacre une place singulière au modèle marocain, qualifié de référence émergente capable de concilier sécurité alimentaire et transition énergétique. Cette combinaison, souvent perçue comme contradictoire, est pourtant au cœur des ambitions du Royaume. Le secteur agricole mondial, rappelle le rapport, doit nourrir une population projetée à 9,8 milliards d’individus en 2050, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées aux systèmes alimentaires.
Grande partie de cette stratégie est alimentée par un atout géostratégique incontestable : le Maroc détient environ 70 % des réserves mondiales de phosphates, minerai indispensable à la fabrication d’engrais qui nourrit les sols et, par conséquent, les populations. Classé parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux d’engrais, le Royaume est ainsi au cœur des chaînes alimentaires mondiales.
Cette force est aussi un vecteur de responsabilité. Dans un contexte global marqué par des déséquilibres, notamment en Afrique où près de 65 % des terres arables restent non exploitées, le Maroc aspire à promouvoir des modèles agricoles durables et inclusifs. En mettant l’innovation, l’énergie propre et la gestion de l’eau au service de l’agriculture, le Royaume dessine peu à peu une voie distinctive : celle d’une sécurité alimentaire durable, intégrée à une stratégie économique et climatique ambitieuse.












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