Trois mille kilomètres de littoral : un immense réservoir d'énergie inexploité ..


Aucun projet pour la production de l'énergie des vagues et aucun chantier pour l'éolien offshore dans notre pays . Il y a des raisons très objectives de croire que les trois mille kilomètres de littoral sont un formidable gâchis. Incompréhensible !



Écouter le podcast en entier :


Au creux de la vague !?

Sommes - nous à la veille d'une révolution ?
Le Conseil mondial de l’énergie a évalué à 10% le potentiel théorique de la demande annuelle mondiale d’électricité pouvant être couverte grâce à l’énergie des vagues (ou énergie houlomotrice) qui correspond à l’énergie contenue dans le mouvement de la houle. 

Sommes - nous à la veille d'une révolution avec cette énergie propre et qu'on dit abordable !?

Inutile de vous rappeler qu'il y trois mois , ce même Conseil mondial de l'énergie avait évalué le potentiel de développement de l'éolien offshore, et le Maroc figurait en bonne place dans le classement des pays ayant les capacités naturelles et géographiques nécessaires pour promouvoir les éoliennes flottantes .

Au moment où la géopolitique du chaos qui secoue la planète depuis quelques années, et de manière de plus en plus exacerbée ces derniers mois , les grandes puissances sont en train de se livrer une véritable guerre mondiale autour du pétrole, du gaz et de l'énergie en général.

Dans ce contexte de flambée , voire d'explosion ,  des cours et de menaces de pénuries et de risques de raréfaction des sources d'approvisionnement, la course à la découverte de nouvelles formes d'énergie et de nouvelles ressources exploitables fait rage depuis longtemps et les pays qui ont pris du retard à ce sujet seront condamnés à en payer le prix fort et à assumer la facture d'une souveraineté énergétique perdue ou carrément introuvable.

Dans un article paru sur  (https://trustmyscience.com/bientot-energie-propre- - ) , on apprend ainsi que plusieurs sociétés s’intéressent de près à cette source, parmi lesquelles Sea Wave Energy Ltd, une société basée à Chypre et au Royaume-Uni.
Elle a récemment dévoilé une nouvelle version de sa technologie permettant d’exploiter l’énergie des vagues : le Waveline Magnet.
Cela fait plus de 10 ans que Sea Wave Energy Ltd (SWEL) travaille sur le Waveline Magnet (WLM), une centrale houlomotrice flottante. Ce convertisseur d’énergie des vagues se compose d’une longue ligne de flotteurs en plastique, qui suivent le mouvement de l’eau, reliés à une « colonne vertébrale » centrale rigide par des bras de levier.

Ces derniers effectuent des mouvements de bas en haut au gré des vagues, actionnant des générateurs électriques situés dans la structure centrale. Une sorte de long serpent articulé ondulant à la surface de l’eau…

« Lorsqu’ils sont exploités efficacement, les océans s’avèrent être l’une des plus grandes réserves d’énergie propre et durable sur Terre », peut-on lire en outre  sur le site de la société. Le WLM offre un rendement élevé, à faible coût, et nécessite un minimum de maintenance. Il peut être déployé dans n’importe quel environnement de vagues, quelle que soit la hauteur de ces dernières et les conditions météorologiques.

Si elle tient ses promesses, le WLM pourrait véritablement révolutionner le secteur de l’énergie — d’autant plus dans le contexte énergétique actuel — et contribuer significativement à la lutte contre le réchauffement climatique. Mais le fait qu’une société proposant « le convertisseur d’énergie des vagues le plus efficace et le moins cher au monde » (dixit son site web) peine à séduire les investisseurs n’est pas du meilleur augure .

Un pays comme l' Ecosse a développé ce mode de production d'énergie il y a vingt ans après des travaux réalisés par des Centres de recherche .Mais, il faut dire que dans les pays les plus développés le lobby des énergies fossiles fait de la résistance grâce à des relais dans la sphère politique et dans les médias.

Un gâchis monumental

Trois mille kilomètres de littoral : un immense réservoir d'énergie inexploité ..
Trois mille kilomètres de littoral au Maroc , c'est tout juste bon pour déverser chaque jour les eaux usées .

Trois mille kilomètres de littoral , c'est tout juste bon pour laisser pourrir les ordures dans des terrains vagues et  pousser les décharges sauvages. 

C'est tout juste bon pour laisser les trafiquants de sable dévaliser dans l'impunité nos plages , et pour  que des camions puissent y déverser chaque jour des déchets immobiliers et autres ordures de tous genres.

C'est tout juste bon pour le surf et les ports de plaisance ! Sans plaisanter , nonobstant les études d'impact sur l'environnement et Dieu seul sait ce qu'elles valent chez nous , voire l'usage qui leur est réservé, avec trois mille kilomètres de littoral normalement il devrait y avoir de la place pour énormément de projets pourvu qu'on s'en donne les moyens et la volonté.

Sérieusement, ce gâchis monumental et incroyable pénalise durablement le pays et compromet toute perspective de développement.

Alors , jusqu'à quand l'inertie et l'immobilisme !?Durant les trente dernières années, tout le débat sur la question de l'énergie au Maroc a été centré sur la dépendance vis- à -vis des énergies fossiles et sur la promotion des énergies renouvelables afin de sortir de cette dépendance.

Sauf que l'énergie solaire et éolienne n'ont pas encore tenu toutes leurs promesses, pour rester positif, puisque le retard qui s'est accumulé n'est absolument pas de nature à régler la crise énergétique, fruit de la conjoncture mondiale actuelle. 


On brasse bien le vent..

​Au moment où l'option du dessalement s'est imposée avec force dans le contexte d'urgence et de stress hydrique que connait le pays , la question du prix de l'énergie pour la production de l'eau est devenue vitale et stratégique !

Certes , les investissements prendront du temps  mais à 
un certain moment,  il faudra prendre les bonnes décisions en se posant les bonnes questions et chacun devra assumer ses responsabilités.

Sortir de la dépendance vis-à-vis des importations   oui bien sûr, mais pas en transférant et déménageant cette dépendance vis-à-vis ,  cette fois , du privé.

Qu'il s'agisse du gouvernement, des deux chambres du parlement, des wilayas , des régions et des collectivités locales : il faudra se résoudre à mettre tous les acteurs devant un cadre législatif contraignant, clair et cohérent.

La question de l'énergie doit être appréhendée comme un facteur de développement durable et un levier de croissance et également de cohésion sociale.


Au cours des derniers mois , nous avons pu mesurer le prix des négligences et la facture insoupçonnée pour le citoyen et pour l'Etat des imprévoyances et des approximations surtout en l'absence de recherche scientifique et de recherche- développement chez nos entreprises, alors à un certain moment il faudra se résoudre à redescendre sur Terre et se demander si nous allons nous condamner à dépendre encore plus de technologies et de procédés industriels qui nous viendront de l'étranger.

Et dans le cas du développement de l'énergie à partir des vagues, comme pour celui du solaire et de l'éolien dans nos campagnes dans toutes les régions, et surtout les plus reculées, tôt ou tard il faudra accorder des aides financières à tous les ménages qui souhaitent de doter du matériel et des fameux panneaux.

L' Etat pourra toujours garder le monopole des très grands chantiers pour la production d'électricité, mais rien n'empêche de libéraliser les initiatives et les petites installations au niveau local.

Qu'on se le dise , ce n'est certainement pas le lobby de la promotion immobilière qui va sauver le Maroc car avec la crise du Covid, il est devenu évident que le pays a besoin de décideurs capables d'apporter des solutions durables et compétitives aux problèmes que rencontre le pays et aux défis qui nous attendent au tournant.

A ce sujet, les décisions qui seront prises aujourd'hui seront celles qui nous engageront à l'avenir et qui nous permettront ou pas d'aller vers le développement durable ou au contraire, nous enfoncer plus dans le sous-développement durable.
Et en conclusion, en ce qui nous concerne il n'y aura pas de révolution énergétique sans les citoyens.


Par Hafid Fassi Fihri 





Hafid Fassi fihri
Hafid Fassi Fihri est un journaliste atypique , un personnage hors-normes . Ce qu'il affectionne,... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 1 Septembre 2022

Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 27 Janvier 2023 - 06:41 La dégringolade de la France en Afrique

L'ODJ Lifestyle | Les Chroniques Radio | Breaking news | L'ODJ Podcasts | L'ODJ Room | Les dernières émissions de L'ODJ TV | Quartier libre | Communiqué de presse | Santé & Bien être | Sport | Culture & Loisir | Conso & Environnement | Replay vidéo outdoor | Digital & Tech | Small Business | Home sweet Home | Auto-moto | EduWhatsUp | Musiczone | L'ODJ Média | Magazine



Magazine créé avec Madmagz.