Ces orientations sont non seulement utiles, mais plus que jamais indispensables.
Elles le sont pour nos entreprises.
Elles le sont pour notre jeunesse.
Elles le sont aussi pour la place future du Maroc dans un monde où la puissance économique dépend de plus en plus de la maîtrise de la donnée, des infrastructures numériques, des plateformes technologiques et de la capacité à produire localement de la valeur.
Mais Wald Maâlam, fils de Maâlam et observateur depuis plusieurs décennies des mutations du numérique et de l’industrie, aurait aimé voir apparaître un sixième axe stratégique.
Un axe consacré aux activités artisanales marocaines et aux Maâlams.
Car pendant que l’on parle d’industrialisation, d’intelligence artificielle et de compétitivité, une autre transformation silencieuse est en train de bouleverser profondément des pans entiers de notre patrimoine économique et culturel.
Le cas du caftan marocain est probablement l’exemple le plus révélateur.
Aujourd’hui pourtant, des unités industrielles marocaines et étrangères produisent des caftans en série, à des coûts extrêmement faibles, dans des délais records, avec des capacités logistiques et commerciales impossibles à suivre pour des milliers d’artisans travaillant encore selon les méthodes traditionnelles.
Le danger n’est pas uniquement économique. Il est civilisationnel.
Car derrière chaque Maâlam disparaît parfois :
• une technique,
• une mémoire,
• une manière de transmettre,
• une culture du geste,
• une relation humaine au travail,
• une intelligence tacite impossible à remplacer totalement par des machines.
L’intelligence artificielle et les nouvelles formes d’automatisation vont accélérer cette mutation.
Face à cette réalité, le Maroc doit impérativement réfléchir à une stratégie de protection, de modernisation et de valorisation de ses Maâlams.
Non pas dans une logique folklorique ou nostalgique.
Mais dans une véritable logique économique, industrielle et civilisationnelle.
Le Maâlam marocain ne doit pas devenir une victime collatérale de la mondialisation technologique.
Il doit devenir un acteur central d’un nouveau modèle marocain où l’innovation technologique coexiste avec les savoir-faire humains, artisanaux et culturels qui font la singularité et la force de notre pays.
Peut-être qu’un jour, la véritable souveraineté productive du Maroc ne se mesurera pas uniquement au nombre d’usines, de data centers ou d’algorithmes. Mais aussi à notre capacité à protéger ce que le monde ne pourra jamais industrialiser totalement : l’âme du geste du Maâlam.
Par Dr Az-Eddine Bennani.












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