Le Maroc n’a pas besoin d’un faux procès entre partisans du marché et partisans de l’État
Ce débat, trop souvent caricaturé, empêche de voir l’essentiel : le problème n’est pas l’économie de marché. Le problème commence lorsque le marché cesse d’être libre pour devenir capturé, fermé, dominé par quelques acteurs capables d’imposer leurs règles aux producteurs comme aux consommateurs.
Une économie moderne a besoin de liberté. Sans initiative privée, il n’y a pas d’investissement durable. Sans entreprises, il n’y a pas d’emplois. Sans concurrence, il n’y a ni innovation, ni baisse des prix, ni amélioration de la qualité. Mais cette liberté ne vaut que si les règles du jeu sont loyales. Sinon, elle devient un privilège réservé aux plus puissants.
C’est là que la régulation retrouve sa légitimité. Réguler ne veut pas dire étouffer. Contrôler ne veut pas dire administrer. Intervenir ne signifie pas revenir à des modèles dépassés. Un État responsable ne remplace pas le marché ; il empêche simplement que le marché soit confisqué par les rentes, les ententes, les abus de position dominante et les spéculations opportunistes.
Le citoyen marocain ne demande pas une guerre contre l’entreprise. Il demande un marché lisible, des prix cohérents, des marges explicables, une concurrence réelle. Il veut savoir pourquoi certains produits deviennent soudainement plus chers, pourquoi le producteur ne gagne pas toujours davantage alors que le consommateur paie plus, pourquoi les crises profitent parfois à ceux qui maîtrisent les circuits opaques.
La vraie question est donc celle de la confiance. Une économie peut supporter des hausses conjoncturelles, des tensions internationales, des sécheresses, des coûts logistiques. Mais elle supporte difficilement le soupçon permanent. Lorsque le citoyen pense que les prix ne reflètent plus seulement les coûts mais aussi des abus invisibles, le marché perd sa légitimité sociale.
Sur le plan politique, ce débat marque le retour d’une évidence : gouverner, ce n’est pas seulement accompagner les indicateurs macroéconomiques. C’est aussi protéger l’équilibre social. Un État qui se contente de regarder les déséquilibres s’installer finit par apparaître impuissant. Or l’impuissance publique est l’un des plus grands carburants de la défiance.
Le discours porté par Nizar Baraka, SG du Parti de l'Istiqlal, s’inscrit dans cette ligne d’équilibre : oui à l’économie de marché, non à l’économie de rente ; oui à l’investissement, non à la prédation ; oui à la liberté d’entreprendre, non à la liberté d’abuser.
Cette nuance est essentielle, car elle évite deux impasses : l’ultralibéralisme naïf et l’étatisme réflexe.
Le Maroc a besoin d’un pacte économique renouvelé. Un pacte qui protège les producteurs sérieux, encourage les entrepreneurs, attire les investisseurs, mais qui dit clairement que le consommateur n’est pas une variable d’ajustement. La compétitivité ne peut pas reposer sur l’opacité. La croissance ne peut pas justifier l’injustice. La liberté économique ne peut pas servir de couverture aux situations de rente.
Cette exigence vaut aussi pour la classe moyenne. Elle est souvent invoquée dans les discours, mais trop rarement protégée dans les faits. Or une classe moyenne fragilisée, comprimée par les prix, inquiète pour son avenir, finit par réduire sa consommation, reporter ses projets et perdre confiance dans les institutions. Ce n’est pas seulement un problème social. C’est un problème économique majeur.
Un marché libre, mais pas abandonné : voilà peut-être la formule la plus juste. Libre pour créer. Libre pour investir. Libre pour concurrencer. Mais pas abandonné aux plus forts. Pas abandonné aux spéculateurs. Pas abandonné aux circuits fermés. Pas abandonné à ceux qui confondent profit légitime et rente indue.
La politique économique ne peut pas se résumer à choisir entre laisser-faire et contrôle total. Elle doit organiser l’équilibre. Et cet équilibre suppose des institutions fortes, des autorités de concurrence crédibles, des données transparentes, des sanctions effectives et une volonté politique assumée.
Au fond, le marché n’est pas un adversaire. Il peut être un formidable outil de progrès. Mais il doit rester un espace ouvert, loyal et surveillé. Lorsqu’il fonctionne bien, il stimule l’innovation, récompense l’effort et améliore le quotidien. Lorsqu’il est capturé, il produit de la frustration, de l’injustice et de la colère.
Le vrai enjeu est donc de sauver le marché de ses propres dérives. De rappeler que la liberté économique n’a de sens que si elle bénéficie au plus grand nombre. De remettre le citoyen au centre d’un système qui parle trop souvent de flux, de marges et d’indicateurs, mais pas assez de dignité, de confiance et de justice.
Le Maroc n’a pas besoin d’un marché contre l’État, ni d’un État contre le marché. Il a besoin d’un État assez fort pour garantir un marché juste. Et d’un marché assez loyal pour mériter la confiance des citoyens.
Une économie moderne a besoin de liberté. Sans initiative privée, il n’y a pas d’investissement durable. Sans entreprises, il n’y a pas d’emplois. Sans concurrence, il n’y a ni innovation, ni baisse des prix, ni amélioration de la qualité. Mais cette liberté ne vaut que si les règles du jeu sont loyales. Sinon, elle devient un privilège réservé aux plus puissants.
C’est là que la régulation retrouve sa légitimité. Réguler ne veut pas dire étouffer. Contrôler ne veut pas dire administrer. Intervenir ne signifie pas revenir à des modèles dépassés. Un État responsable ne remplace pas le marché ; il empêche simplement que le marché soit confisqué par les rentes, les ententes, les abus de position dominante et les spéculations opportunistes.
Le citoyen marocain ne demande pas une guerre contre l’entreprise. Il demande un marché lisible, des prix cohérents, des marges explicables, une concurrence réelle. Il veut savoir pourquoi certains produits deviennent soudainement plus chers, pourquoi le producteur ne gagne pas toujours davantage alors que le consommateur paie plus, pourquoi les crises profitent parfois à ceux qui maîtrisent les circuits opaques.
La vraie question est donc celle de la confiance. Une économie peut supporter des hausses conjoncturelles, des tensions internationales, des sécheresses, des coûts logistiques. Mais elle supporte difficilement le soupçon permanent. Lorsque le citoyen pense que les prix ne reflètent plus seulement les coûts mais aussi des abus invisibles, le marché perd sa légitimité sociale.
Sur le plan politique, ce débat marque le retour d’une évidence : gouverner, ce n’est pas seulement accompagner les indicateurs macroéconomiques. C’est aussi protéger l’équilibre social. Un État qui se contente de regarder les déséquilibres s’installer finit par apparaître impuissant. Or l’impuissance publique est l’un des plus grands carburants de la défiance.
Le discours porté par Nizar Baraka, SG du Parti de l'Istiqlal, s’inscrit dans cette ligne d’équilibre : oui à l’économie de marché, non à l’économie de rente ; oui à l’investissement, non à la prédation ; oui à la liberté d’entreprendre, non à la liberté d’abuser.
Cette nuance est essentielle, car elle évite deux impasses : l’ultralibéralisme naïf et l’étatisme réflexe.
Le Maroc a besoin d’un pacte économique renouvelé. Un pacte qui protège les producteurs sérieux, encourage les entrepreneurs, attire les investisseurs, mais qui dit clairement que le consommateur n’est pas une variable d’ajustement. La compétitivité ne peut pas reposer sur l’opacité. La croissance ne peut pas justifier l’injustice. La liberté économique ne peut pas servir de couverture aux situations de rente.
Cette exigence vaut aussi pour la classe moyenne. Elle est souvent invoquée dans les discours, mais trop rarement protégée dans les faits. Or une classe moyenne fragilisée, comprimée par les prix, inquiète pour son avenir, finit par réduire sa consommation, reporter ses projets et perdre confiance dans les institutions. Ce n’est pas seulement un problème social. C’est un problème économique majeur.
Un marché libre, mais pas abandonné : voilà peut-être la formule la plus juste. Libre pour créer. Libre pour investir. Libre pour concurrencer. Mais pas abandonné aux plus forts. Pas abandonné aux spéculateurs. Pas abandonné aux circuits fermés. Pas abandonné à ceux qui confondent profit légitime et rente indue.
La politique économique ne peut pas se résumer à choisir entre laisser-faire et contrôle total. Elle doit organiser l’équilibre. Et cet équilibre suppose des institutions fortes, des autorités de concurrence crédibles, des données transparentes, des sanctions effectives et une volonté politique assumée.
Au fond, le marché n’est pas un adversaire. Il peut être un formidable outil de progrès. Mais il doit rester un espace ouvert, loyal et surveillé. Lorsqu’il fonctionne bien, il stimule l’innovation, récompense l’effort et améliore le quotidien. Lorsqu’il est capturé, il produit de la frustration, de l’injustice et de la colère.
Le vrai enjeu est donc de sauver le marché de ses propres dérives. De rappeler que la liberté économique n’a de sens que si elle bénéficie au plus grand nombre. De remettre le citoyen au centre d’un système qui parle trop souvent de flux, de marges et d’indicateurs, mais pas assez de dignité, de confiance et de justice.
Le Maroc n’a pas besoin d’un marché contre l’État, ni d’un État contre le marché. Il a besoin d’un État assez fort pour garantir un marché juste. Et d’un marché assez loyal pour mériter la confiance des citoyens.












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