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11 janvier : Une pensée pour Feue Malika El Fassi

Unique femme signataire du Manifeste de l’indépendance


En ce jour du 11 janvier, une pensée pour la défunte Malika El Fassi, seule femme parmi les 66 signataires du Manifeste de l’indépendance, un document qui a révolutionné la vision du monde sur un Maroc jusque là sous l’emprise colonialiste.



A lire ou à écouter en podcast :

11_janvier_une_pensee_pour_feue_malika_el_fassi.mp3 mp3  (3.37 Mo)

Si la femme marocaine est arrivée, de nos jours, à percer dans la voie des sciences et des technologies, à enrichir le domaine littéraire par ses écrits et ses recherches, c’est grâce à d’autres qui ont lutté, aux côtés des hommes, pour abolir le sous-développement, le colonialisme et la pauvreté, pendant une période dure dans l’Histoire du Maroc.

Si les conditions sont actuellement favorables aux femmes dans tous les domaines, c’est surtout grâce à la scolarisation des filles et l’alphabétisation des femmes, chose interdite en ces temps par le colonisateur. 

Ces battantes sont les catalyseurs et les déclencheurs de cette manifestation et mouvement féministes qui ont permis, de nos jours, une participation effective des femmes à la chose publique, le renforcement de l’arsenal juridique et la mise en œuvre de programmes de développement. Et qui a permis à ces diverses associations féminines et féministes d’œuvrer pour la promotion de la femme marocaine rurale et citadine, dans les domaines culturel, politique, économique et social, mais aussi en matière de recherche scientifique.

L’une des premières leaders qui ont fait de l’alphabétisation de la jeune fille et de la libération de la femme marocaine des servitudes, de la violence et des disparités familiales et sociétales, leur champ de bataille, c’était bien la grande dame, feue Malika El fassi.

Ayant commencé à écrire dès 1935 dans les journaux marocains, avant que la scolarisation de la femme marocaine ne soit généralisée, en 1964, Malika El fassi (Juin 1919-Mai 2007)fut la seule signataire du manifeste de l’indépendance du 11 janvier 1944. Ses opinions politiques, ses écrits et sa participation active à la politique furent reconnus au sain du Parti de l’Istiqlal.

Vers les années 30, elle participa en tant que seule femme journaliste, à la revue du Maroc (majallat al maghrib), défendant la scolarisation de la fille, donnant son point de vue sur plusieurs domaines, au même titre que les hommes. 

D’ailleurs, en ce temps là, elle était baptisée « Al fatat », autrement dit, fille instruite et cultivée. Ses écrits portaient surtout sur l’alphabétisation, créneau essentiel pour le développement de la nation, incitant les parents à prendre en charge la scolarisation de leurs filles, leur expliquant qu’il était honteux et inconcevable de leur interdire le meilleur moyen d’évolution. 

En 1952, elle écrivait son enthousiasme et sa sérénité face aux progrès réalisés dans le domaine de la scolarisation, un atout qui reflétait un net changement idéologique de l’opinion publique familiale et sociétale. D’ailleurs, c’est en cette période que le Maroc a connu l’émergence des écoles privées pour filles au niveau de tout le Royaume. Les premières petites lauréates qui ont obtenu le certificat primaire, dès 1945, étaient considérées par Mme El fassi comme les précurseurs d’une nouvelle génération de femmes, aptes à relever le niveau d’instruction du pays, de réagir et d’agir à tous les niveaux. En ce temps, elle s’attela également à l’enseignement coranique aux jeunes filles.
La femme, disait-elle, est la première éducatrice de la nation.

Bouteina BENNANI


Texte intégral du Manifeste de l’Indépendance

 

  1. Considérant que le Maroc a toujours constitué un État libre et souverain, et qu’il a conservé son indépendance pendant treize siècles jusqu’au moment où, dans les circonstances particulières, un régime de protectorat lui a été imposé
  2. Considérant que ce régime avait pour fin et pour raison d’être de doter le Maroc d’un ensemble de réformes administratives, financières et militaires, sans toucher à la souveraineté traditionnelle du peuple marocain sous l’égide de son Roi ;
  3. Considérant qu’à ce régime, les autorités du Protectorat ont substitué un régime d’administration directe et d’arbitre au profit de la colonie française, dont un fonctionnariat pléthorique et en grande partie superflu, et qu’elles n’ont pas tenté de concilier les divers intérêts en présence ;
  4. Considérant que c’est grâce à ce système que la colonie française a pu accaparer tous les pouvoirs et se rendre maîtresse des ressources vives du pays au détriment des autochtones ;
  5. Considérant que le régime ainsi établi a tenté de briser, par les moyens divers, l’unité du peuple marocain, a empêché les Marocains de participer de façon effective au gouvernement de leur pays et les a privés de toutes les libertés publiques individuelles ;
  6. Considérant que le monde traverse actuellement des circonstances autres que celles dans lesquelles le protectorat a été institué ;
  7. Considérant que le Maroc a participé de façon effective aux guerres mondiales aux côtés des Alliés, que ses troupes viennent d’accomplir des exploits qui ont suscité l’admiration de tous, aussi bien en France, qu’en Tunisie, en Corse, en Sicile et en Italie, et qu’on attend d’elles une participation plus étendue sur d’autres champs de bataille ;
  8. Considérant que les alliés qui versent leur sang pour la cause de la liberté, ont reconnu dans la Charte de l’Atlantique le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et qu’ils ont récemment, à la Conférence de Téhéran, proclamé leur réprobation de la doctrine qui prétend que le fort doit dominer le faible ;
  9. Considérant que les Alliés ont manifesté à différentes reprises leur sympathie à l’égard des peuples musulmans et qu’ils ont accordé l’indépendance à des peuples dont le patrimoine historique est moins riche que le nôtre, et dont le degré de civilisation est d’un niveau inférieur à celui du Maroc ;
  10. Considérant enfin que le Maroc constitue une unité homogène, qui, sous la Haute direction de son Souverain, prend conscience de ses droits et de ses devoirs, tant dans le domaine interne que dans le domaine international et sait apprécier les bienfaits des libertés démocratiques qui sont conformes aux principes de notre religion, et qui ont servi de fondement à la Constitution de tous les pays musulmans.






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