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A Paris, on ne parle pas espagnol


La France ne peut rien pour l’Espagne dans sa querelle diplomatique avec le Maroc. Madrid ne sait plus à quel saint se vouer.



Arancha Gonzalez : le Maroc m'a 'tuer'...
Arancha Gonzalez : le Maroc m'a 'tuer'...
Les temps sont durs pour le piètre gouvernement Pedro Sanchez. Le juge d’instruction du tribunal n°7 de Saragosse, Rafael Lasala, insiste pour savoir qui a autorisé Brahim Ghali, alias ‘Benbattouche’, à pénétrer en territoire espagnol sans passer par le contrôle des frontières.

Le ministère des affaires étrangères et l’état-major de l’armée du voisin du nord ont été ainsi tous deux interpellés.

Les militaires espagnols ont vite jeté la patate chaude aux diplomates, désignant comme responsable l’ex-chef de cabinet de l’inconsistante Arancha Gonzalez, la ministre des affaires étrangères.

Le mieux qu’ait, alors, pu faire cette dernière, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue français, est de prétendre que « les protocoles en vigueur dans ce genre de cas ont été suivis ».

Sans oublier de préciser que le tortionnaire polisarien à débarqué, à la base de Saragosse, à bord d’un avion officiel algérien.

Espoirs brisés

Jean Yves Le Drian, le chef de la diplomatie française, a souligné, en cette occasion, que « La France n'est pas chargée de la médiation entre le Maroc et l'Espagne, deux pays souverains avec leurs propres responsabilités ».

Une manière de signifier à Madrid qu’elle doit se débrouiller toute seule pour se tirer du mauvais pétrin avec Rabat dans lequel elle s’est elle-même fourrée.

Le temps ou la France volait au secours de l’Espagne, malmenée et humiliée par les guerriers d’Abdelkrim Khattabi, est révolu.

C’est d’ailleurs l’intervention de forces françaises aux côtés de celles espagnoles qui avait coûté son poste au Maréchal Lyautey.

Madrid a pêché par arrogance, après avoir avalé de travers l’extension de la zone économique exclusive du Maroc au Sud de l’archipel des Canaries, voyant lui glisser sous le nez les richesses minières du mont sous-marin ‘Tropic’.

Il faut croire que même les Allemands se léchaient déjà les babines en calculant le nombre de batteries pour voitures électriques qu’ils allaient pouvoir fabriquer avec le tellure et le cobalt marocains : 240 millions !

De l’eau dans le gaz

Le coup fatal a été toutefois porté aux ambitions européennes à travers la reconnaissance de la marocanité du Sahara par les Etats-Unis. Là, Madrid et Berlin ont compris qu’ils pouvaient commencer à faire leurs adieux au tellure et au cobalt du mont ‘Tropic’.

Le cas de l’Espagne est, cependant, plus difficile. Il lui reste à délimiter ses frontières maritimes non seulement avec le Maroc, mais aussi avec l’Algérie.

Jusqu’en 2020, l’Algérie était le premier exportateur de gaz naturel liquéfié à l’Espagne, à hauteur de 34% de sa consommation. Au début de cette année, Madrid a décidé de réduire cette part à 22%.

Le haut du podium des fournisseurs de gaz naturel à l’Espagne revient désormais aux Etats-Unis, avec 27% du marché.

Madrid reste, néanmoins, toujours tributaire du gaz algérien, d’où ses craintes, injustifiées, de non-renouvellement par Rabat du contrat d’exploitation du gazoduc Maghreb-Europe, qui traverse le Maroc sur 540 kms.

Même avec l’existence du gazoduc ‘Medgaz’, reliant directement l’Algérie à l’Espagne, avec une capacité de 10 milliards de m3 par an, le volume transitant par le Maroc demeure important : 13,5 milliards de m3 cubes par an.


Le variant algérois

De plus, Madrid et Alger sont implicitement sur la même longueur d’ondes concernant le règlement définitif de l’affaire du Sahara.

Chacun pour les raisons qui lui sont propres a tout intérêt à voir le Maroc éternellement embourbé dans le règlement de ce dossier, même si Madrid ne veut pas, non plus, de l’émergence d’un état voyou situé à 1.000 kms des îles Canaries.

A force de s’acoquiner avec les médiocres caporaux algériens, les responsables espagnols ont fini par être contaminés par le virus de la stupidité. Madrid ne finit pas de compter les dégâts consécutifs à l’effet boomerang de l’affaire ‘Benbattouche’.

Sebta et Mellilia suffoquent déjà depuis fin 2019, quand le Maroc a stoppé le flux de contrebande déferlant sur son territoire depuis les deux villes occupées. Un chiffre d’affaires annuel estimé à quelques 10 milliards de Dhs était ainsi parti en fumée.

La manœuvre de contournement de l’Espagne par le flux de MRE rentrant en vacances au pays dans le cadre de l’opération Marhaba 2021, par ailleurs un grand succès, ce sont 500 autres millions d’euros que l’économie du voisin du nord voit s’évaporer.

Renvoyez l’ascenseur !

Dans un contexte de pré-sortie de la crise sanitaire, avec les énormes espoirs des opérateurs touristiques espagnols de se refaire une santé financière, cette succession de crochet et de direct à de quoi mettre K.O.

Non seulement le Maroc ne se laisse plus influencer, mais il rend coup pour coup. Cependant, si ce n’était l’entêtement de quelques décideurs européens, le message que leur adresse le Maroc est pourtant on ne peut plus claire.

Le Maroc s’est engagé dans un partenariat stratégique multiforme avec l’UE, politique, économique, sécuritaire.

Les pays de l’UE n’ont, toutefois, jamais renvoyé l’ascenseur en reconnaissant la marocanité du Sahara et permettre de la sorte au royaume de clore ce dossier et se consacrer à son développement.

Alors quand Donald Trump fait le pas décisif tant attendu par les Marocains, Washington, Tel Aviv et Londres ‘brexitée’ semblent dès lors beaucoup plus proches.

29 secondes ‘chrono’

Mais tout espoir n’est pas perdu en le bon sens des Européens. Le sombre nuage ‘gauchiste’ qui enténèbre les relations du Maroc avec le vieux continent semble prêt à se faire repousser par un fort vent de ‘droite’, qui a déjà exprimé son soutien au royaume au parlement européen.

L’immigration n’est pas l’ultime ambition des Marocains, c’est un pis-aller, faute de mieux chez soi. Mettre un terme définitif à l’affaire du Sahara et réorienter toutes les énergies vers le progrès de la nation rendraient la tentation migratoire moins prégnante chez les jeunes.

Une petite pensée, par pitié, pour ce pauvre Pedro Sanchez, chef du gouvernement espagnol. Malgré son jeune âge, il s’est fait distancé, en 29 secondes ‘chrono’, par le septuagénaire président des Etats-Unis, Joe Biden, lors du sommet de l’Otan, à la mi-juin.

A Alger, en pleine canicule, il n’y a même plus d’eau pour tirer la chasse… Les relents pestilentiels de fin de régime empuantissent les rues de la capitale du pays voisin de l’est.

Madrid a joué le mauvais cheval.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Samedi 10 Juillet 2021

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