Une résolution historique adoptée par l’Assemblée générale
Le président ghanéen John Mahama, tête de file de l’Union africaine sur les réparations, a qualifié ce texte de historique, soulignant son rôle de garde-fou contre l’oubli et pour la mémoire des victimes. « Aujourd’hui, nous proclamons la vérité et poursuivons le chemin vers la guérison et la justice réparatrice », a-t-il déclaré, pointant la nécessité de combattre l’effacement progressif de l’histoire de l’esclavage dans certains pays.
Des divergences sur les réparations et la mémoire
La résolution met en lumière l’ampleur et la brutalité de la traite transatlantique, ainsi que ses conséquences persistantes dans le monde actuel, notamment à travers discrimination raciale et néocolonialisme. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a rappelé que l’esclavage avait été justifié par une idéologie raciste et que ses blessures demeurent profondes, appelant à vérité, justice et réparation.
Les États-Unis ont voté contre, estimant que les réparations pour des torts historiques « qui n’étaient pas illégaux à l’époque » n’étaient pas reconnues par le droit international. Le Royaume-Uni et plusieurs pays européens se sont abstenus, invoquant le risque de mettre « en concurrence des tragédies historiques ». Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a contesté ces positions, rappelant le caractère systémique et la durée de plus de 300 ans de la traite transatlantique et l’importance de reconnaître ses crimes.
Appel à la justice et à la mémoire
Au-delà de la portée symbolique, la résolution invite les États à s’engager dans un processus de justice réparatrice, incluant les excuses formelles, les compensations et la restitution des biens culturels pillés. Les responsables ghanéens insistent sur la reconnaissance de la souffrance et des conséquences durables de l’esclavage, tout en affirmant que la mémoire des victimes ne doit pas être effacée.
Cette adoption marque un pas significatif dans la lutte contre l’injustice historique et ouvre la voie à des initiatives diplomatiques et culturelles pour réparer les torts passés et renforcer la conscience mondiale sur la traite transatlantique.












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