Son titre résume l’ambition : « Les programmes. Face aux chiffres. »
A2I a étudié les programmes de sept formations politiques : Parti de l’Istiqlal, PAM, RNI, PJD, USFP, Mouvement Populaire et Union Constitutionnelle. Pour chacune d’elles, un dossier spécifique rassemble les engagements identifiés, les données disponibles, les références mobilisées, les hypothèses de calcul et, surtout, les informations qui manquent encore pour parvenir à un véritable chiffrage consolidé.
L'objectif n'est donc pas de désigner le programme « le moins cher » ou « le plus généreux ».
Les sept études n'ont d'ailleurs pas exactement le même périmètre. Certaines permettent de construire un scénario de financement relativement détaillé, d'autres autorisent seulement des chiffrages partiels ou des simulations exploratoires. A2I précise ainsi qu'une comparaison mécanique des montants serait méthodologiquement trompeuse.
Passer de la promesse à l'équation : La démarche repose sur trois verbes : documenter, expliciter et éprouver.
Documenter, d'abord, en confrontant les programmes politiques aux données disponibles auprès du HCP, BAM, du ministère des Finances et d'autres sources identifiées dans chaque étude.
Expliciter ensuite, en séparant clairement quatre catégories trop souvent mélangées dans le débat public : les données observées, les annonces des partis, les hypothèses utilisées pour effectuer les calculs et les informations qui restent inconnues.
Éprouver, enfin, en permettant de modifier certains paramètres pour observer comment évoluent le coût d'une mesure ou ses conditions de financement.
Cette approche conduit parfois à poser une question plus intéressante que « combien coûte cette promesse ? » : de quelles informations aurions-nous besoin pour pouvoir réellement répondre ?
Sept programmes, sept lectures différentes
L'étude consacrée au Parti de l'Istiqlal construit ainsi un scénario de financement à partir des 99 mesures recensées dans son programme, avec 257 entrées de données et 42 références. Celle du PAM confronte ses 20 engagements aux ressources annoncées et aux conditions nécessaires à leur mobilisation.
Pour le RNI, A2I distingue notamment les dépenses budgétaires, les prestations sociales et les mécanismes de prêt. L'analyse du PJD travaille sur différents tests de dépenses et de fiscalité, tandis que celle de l'USFP examine les engagements sociaux, les recettes envisagées et les écarts restant à documenter.
Le dossier du Mouvement Populaire distingue dépenses publiques, effets fiscaux, retraites et mécanismes de garantie. Enfin, l'étude consacrée à l'Union Constitutionnelle fonctionne davantage comme un laboratoire de simulations : A2I souligne que le coût global du programme reste à établir.
Chaque dossier est accompagné d'une présentation interactive, d'un rapport, d'un modèle Excel téléchargeable et d'un dossier regroupant les ressources de travail. Cette mise à disposition des données et des hypothèses participe directement à la logique de transparence de l'exercice.
Ce que ces études disent aussi du débat politique
L'intérêt de ce travail dépasse cependant la seule arithmétique budgétaire.
Un programme électoral n'est jamais un simple tableau Excel. Une réforme peut produire des recettes futures, modifier des comportements économiques, déplacer des dépenses existantes ou nécessiter plusieurs années de montée en charge. Inversement, une ressource annoncée politiquement ne devient pas automatiquement une recette disponible pour financer une dépense nouvelle.
D'où l'intérêt de distinguer ce qui relève du budget de l'État, de la dépense sociale, du crédit, d'une garantie publique, d'une réforme fiscale ou encore d'un effet économique espéré.
Cette distinction permet aussi de faire apparaître les zones grises. Certaines promesses sont précisément quantifiées. D'autres affichent un objectif sans calendrier, sans population cible suffisamment précise ou sans mécanisme financier explicité. Le chiffrage devient alors impossible sans introduire des hypothèses supplémentaires.
Et ces hypothèses doivent rester visibles.
Un instrument de lecture, pas un classement des partis
A2I prend soin de poser une limite essentielle : ces travaux ne constituent ni un audit officiel des partis, ni un devis certifié de leurs programmes. Il s'agit de modèles exploratoires construits à partir des informations disponibles à une date donnée.
Cette précaution n'est pas secondaire.
Elle empêche de transformer un exercice de compréhension en faux palmarès budgétaire. Un programme très détaillé peut mécaniquement produire davantage de chiffres qu'un programme plus général sans être nécessairement plus coûteux. De même, un programme dont certaines mesures restent non chiffrées ne peut être considéré comme moins onéreux simplement parce que son coût demeure inconnu.
La véritable valeur de l'exercice est ailleurs : ouvrir les comptes, rendre les hypothèses discutables et permettre au citoyen de comprendre ce qui sépare encore une intention politique d'un scénario financièrement documenté.
Faire entrer la culture du chiffrage dans le débat électoral marocain
À travers cette collection, A2I introduit finalement un réflexe qui mériterait de devenir beaucoup plus courant dans le débat public marocain.
Lorsqu'un parti annonce plusieurs milliards de dirhams d'investissements, une nouvelle allocation sociale, une baisse fiscale, une réforme des retraites ou un programme massif de création d'emplois, la discussion ne devrait pas s'arrêter à la pertinence politique de la mesure.
Elle devrait poursuivre avec quelques questions très simples :
Combien ? Pour combien de bénéficiaires ? Sur combien d'années ? Avec quelles ressources ? À partir de quelles hypothèses ? Et que se passe-t-il si ces hypothèses ne se réalisent pas ?
Ce sont précisément les questions que cette série d'études cherche à rendre accessibles.
Parce qu'en démocratie, les programmes doivent naturellement être confrontés aux idées.
Mais ils gagnent aussi à être confrontés aux chiffres.
👉 Découvrir les sept études économique et financières sur les programmes électoraux 2026 : https://alliance2i.com/etudes/
Travaux exploratoire réalisés par A2I en partenariat avec inkway
inkway : le partenaire IA et digital des entreprises marocaines
Fondé à Casablanca, inkway accompagne les entreprises marocaines dans leur transformation digitale et l’intégration de l’intelligence artificielle. Nos experts conçoivent des solutions sur mesure en IA, digitalisation, marketing digital et gestion des ressources humaines. En collaboration avec des partenaires technologiques de premier plan, nous proposons des solutions adaptées aux TPE, PME et grandes entreprises.












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