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Bilan gouvernemental : De l’ambivalence d’un discours social




Bilan gouvernemental : De l’ambivalence d’un discours social
 ’’Il faut éprouver le désir réel d’un échange de pensée entre individus pour découvrir tout ce que le mensonge entraîne ; et cet échange de pensée n’est pas possible d’emblée entre adultes et enfants, parce que l’inégalité est trop grande au début, et que l’enfant cherche à imiter l’adulte, et en même temps à se protéger contre lui, plus qu’à échanger proprement sa pensée avec la sienne. ’’

J. Piaget, Le Jugement moral chez l’enfant, 1932, p. 130



Le Chef de gouvernement a présenté le bilan de son équipe et l’a défendu.

Si sur le principe, l’on ne peut que constater qu’il est parfaitement dans son rôle.

Sur le terrain, l’on ne peut qu’être en désaccord avec un certain nombre de ses énoncés.

De par son passage au Centre Psychiatrique Universitaire de Casablanca et à l’hôpital des maladies psychiatriques de la ville de Berrechid en tant que psychiatre, il saura faire le distinguo entre homogénéité et "animosité".
Les assimiler l’un à l’autre relève de l’ambivalence.

De par ses attributions, en tant que chef de Gouvernement, il est à même de se murmurer, si en bon chef d’orchestre, il avait bien su user de sa baguette pour définir le tempo, donner le ton et harmoniser le son.
Bref, assurer un minimum de cohérence d’ensemble

Or, tout porte à croire qu’il adore jouer sur la partition ’’fibre sociale’’ au rythme des préparatifs aux élections prévues septembre prochain. A quelques semaines de la fin de son mandat.

En opportuniste du moment politique, à tort ou à raison, peu importe, il use de moult moyens pour redorer son blason. Des chantiers Royaux au Doing Business en passant par les méfaits bienfaits de la pandémie du covid-19.

Du chiffre, il use et en abuse. Au point qu’il réduit, son bilan social à une sommation de simples indicateurs chiffrés soigneusement triés, quitte à faire fi de peu d’équité, de justice sociale et d’amélioration du quotidien du commun des mortels qui se cachent derrière.

Sans vraiment entrer dans le détail des rapport inter-quintile et/ou inter-décile, l’exploitation dans le cadre de ce bilan de l’indice de Gini en est la parfaite illustration. Elle omet de souligner que, justement, l’inégalité du revenu, telle qu’estimée par le HCP par le biais de cet indice est relativement élevée : 46,4 % dépassant de loin le seuil socialement tolérable (42 %).

Partant de là, l’on ne peut que nous interroger: ’’Gouvernement social par excellence’’ où es-tu ?

Sur des indicateurs beaucoup plus pointus à même de mieux rendre compte des disparités sociales et territoriales dont la lutte contre la rente, la corruption, les délits d’initiés…l’on ne pipe mot. Les chiffres font défaut.
Idem pour la mise en œuvre de la stratégie nationale pour l'emploi à l'horizon 2025 et sa corrélation avec les stratégies sectorielles ou la charte de l'investissement.

Toujours est-il qu’à entendre le Chef du gouvernement, tout va bien, tout va pour le mieux.

N’empêche que le NMD est là, bien là  pour, quelque part, nous signifier que l’ambivalence n’est pas à la portée de tous tant que la transformation du tissu économique, demeure, non seulement, lente et partielle, mais est, tout simplement, réservée à un nombre restreint d’entités, de secteurs et de régions. Et tant que des fragilités structurelles font qu’en dépit des multiples réformes économiques déployées, et mesures d’impulsion budgétaires et non-budgétaires insufflées, la croissance économique affiche des signes d’essoufflement durant la dernière décennie.






Noureddine Batije
Noureddine BATIJE est un journaliste spécialiste en investigation journalistique et traitement de... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 15 Juillet 2021

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