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Candidats à la guerre




Par Dr Samir Belahsen

« La guerre apprend à tout perdre, et à devenir ce qu’on n’était pas. On fait la guerre avec le désespoir de ceux qui ne veulent pas la faire. »         
                                                                                                                                                                                                              Albert Camus

C’est pourquoi l’on peut dire que la politique est une guerre sans effusion de sang et la guerre une politique avec effusion de sang.       
Mao Tsé-toung 

La peur d’une troisième guerre mondiale fait des ravages, on craint une contagion, une propagation. Tout le monde regarde du coté de la Chine, on scrute les mots et les gestes…

C’est que le nouveau monde qui est en train de naitre dépendra de la propagation qu’il y aurait.
Par nouveau monde, il faut entendre nouvel ordre mondial, nouvelles structures économiques et politiques, nouvelles règles du jeu, nouveaux dominants…

Dans la Fée Carabine Pennac avertit : Les guerres sont comme les feux de broussaille, si on n’y prend garde, elles se mondialisent. 
En se chamaillant sur une nouvelle distribution du pouvoir sur la planète, en cherchant une place sur l’échiquier mondial, les belligérants se targuent de théories plus ou moins nobles : religion, patriotisme, injustice, besoin de sécurité, protection d’une minorité… 

Si la guerre reste toujours une chose horrible, des «isme» sont toujours trouvés pour justifier l’injustifiable d’un coté comme de l’autre.

Ce qui me parait exceptionnel et notoire dans cette guerre (d’Ukraine), c’est qu’elle me parait un peu prématurée et en même temps un peu tardive.

Elle est tardive car les ingrédients étaient déjà là au moins depuis 2014, elle est un peu prématurée car il me parait que pour certains on n’est pas tout à fait prêts, on n’est pas tout à fait décidés.

C’est ce qui expliquerait en partie les hésitations des Alliés potentiels des deux camps. Il y a aussi le phénomène de ceux qui veulent gagner la guerre sans la faire ; gagner cent victoires en cent batailles n’est pas le sommet de l’habilité, soumettre l’ennemi sans combattre, voilà le sommet de l’habilité, disait Sun Tzu au VI siècle avant J.C. 

C’est cette habilité que cherchent à déployer, à mon humble avis, les puissances occidentales mais aussi les Chinois, les Qataris, les Turques…

Une sorte de télétravail, pour les occidentaux soutenir avec armes, médias, finances et mercenaires mais sans y aller.
Pour les Chinois, respecter l’alliance avec la Russie, bannir le terme invasion, dire comprendre Poutine mais sans s’engager, un pacifisme d’opportunité du moins pour le moment. En fait la Chine n’est pas encore prête à abandonner cet ordre mondial qui lui a permis de devenir ce qu’elle est en deux décennies…

On est toujours dans la théorie de Sun Tzu, tous les moyens doivent être employés afin de s'assurer une victoire au moindre coût (humain, matériel et image).

C’est ce qu’on a appelé au XXème siècle  la théorie de l'approche indirecte. 
Cette théorie de géopolitique  développée par Basil Henry Liddell Hart pendant la crise de1929. Il soutient que la victoire peut être obtenue par des actions indirectes qui déstabilisent l'ennemi, plutôt que par le simple affrontement direct.

La guerre indirecte préfère à l'affrontement direct d'armée à armée l'utilisation du facteur psychologique pour confondre les commandants ennemis. Dans la guerre indirecte on passe par des actions limitées qui perturbent l’ennemi ; la propagande et la contre-psychologie, on y ajouterait le jeu des sanctions et des menaces de sanction. 

A chacun son habilité

Rédigé par  Dr Samir Belahsen





Lundi 21 Mars 2022

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