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Choc énergétique : Espagne, Italie, France… trois méthodes pour protéger le pouvoir d’achat


Rédigé par La rédaction le Vendredi 20 Mars 2026

En Europe du Sud, la flambée des prix de l’énergie n’est plus traitée comme un simple épisode de volatilité. L’Espagne, l’Italie et la France réactivent des réflexes de crise déjà éprouvés depuis 2022, mais avec une contrainte nouvelle : protéger les ménages sans dérapage budgétaire. Trois pays, donc, trois méthodes, et au fond une même obsession politique : éviter que le choc pétrolier et gazier venu du Golfe ne se transforme en colère sociale durable.



Espagne, Italie, France…

L’Espagne apparaît comme le pays le plus offensif. Madrid a d’abord autorisé la libération de réserves stratégiques de pétrole pour amortir le choc d’approvisionnement, puis a préparé une réponse fiscale plus visible pour les automobilistes et les ménages. Selon plusieurs médias espagnols cités par Reuters, le gouvernement travaille sur une baisse de la TVA sur les carburants de 21 % à 10 %, la suspension de la taxe sur les hydrocarbures et la suppression de la taxe de 5 % sur la consommation d’électricité, avec un effet attendu de 0,30 à 0,40 euro de baisse par litre à la pompe. Le gouvernement espagnol a aussi indiqué vouloir aider les ménages, les indépendants et les entreprises exposées à la hausse des coûts de l’énergie. La logique espagnole est simple : frapper vite, lisiblement, et assumer une intervention directe sur la facture.

L’Italie a choisi une voie un peu plus équilibrée entre soutien social et compensation budgétaire. Le gouvernement Meloni avait déjà annoncé en février un plan pouvant aller jusqu’à 3 milliards d’euros pour aider les ménages modestes, les classes moyennes et les petites entreprises à faire face aux factures d’énergie. Une partie de cet effort doit être financée par une hausse de la fiscalité sur les groupes énergétiques, avec un relèvement de l’IRAP de 3,90 % à 5,90 %, destiné à rapporter environ 1 milliard d’euros jusqu’en 2028. À cela s’ajoute un geste sur les carburants : Reuters rapporte que Rome a abaissé les accises, pour un coût estimé à 417,4 millions d’euros jusqu’au 7 avril. L’Italie envoie donc un message politique clair : oui à la protection des consommateurs, mais en faisant aussi contribuer les gagnants de la crise énergétique.

La France, en revanche, avance avec plus de prudence. Le pays garde en mémoire le coût massif du bouclier tarifaire déployé lors des crises précédentes, et l’état des finances publiques limite aujourd’hui toute tentation d’un nouveau grand “quoi qu’il en coûte”. Le gouverneur de la Banque de France a rappelé que les marges budgétaires sont désormais étroites. Le gouvernement privilégie donc des leviers moins coûteux : pression sur les distributeurs, engagement commercial sur les prix à la pompe, éventuel encadrement des marges, et maintien des dispositifs ciblés pour les ménages les plus fragiles. Le 12 mars, Bercy a annoncé que les distributeurs de carburants s’engageaient à des baisses significatives des prix après réunion avec l’exécutif. La réponse française n’est pas inexistante ; elle est simplement plus défensive, plus calibrée, et politiquement plus risquée si la crise dure.

Ce qui relie ces trois pays, c’est la même hiérarchie des priorités. D’abord, éviter une transmission trop brutale aux prix du transport, du chauffage et de l’électricité. Ensuite, contenir l’effet inflationniste sur l’alimentation, la logistique et l’industrie. Enfin, prévenir la traduction politique de cette hausse des prix : colère des ménages, pression des transporteurs, tensions avec les agriculteurs, et retour du débat sur les “profits de crise”. Dans les trois cas, les gouvernements savent qu’une hausse prolongée du pétrole ou du gaz n’est jamais seulement un sujet énergétique ; c’est une question de pouvoir d’achat, de compétitivité et de stabilité sociale.

​Pour le Maroc, la leçon est limpide.

L’Espagne montre l’efficacité politique d’un choc fiscal immédiat. L’Italie illustre l’intérêt d’un soutien ciblé financé partiellement par les énergéticiens. La France rappelle qu’un État trop fragilisé budgétairement finit par ne plus pouvoir protéger que partiellement.

Rabat devra donc arbitrer entre trois options : subventionner largement au risque d’alourdir la facture publique, cibler les ménages et secteurs les plus exposés au risque d’un mécontentement diffus, ou compter sur le marché en espérant une décrue rapide. Dans un contexte de fin de mandat et à l’approche des législatives de septembre 2026, ce choix ne sera pas seulement économique. Il sera hautement politique.





Vendredi 20 Mars 2026

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