Le dernier Hype Cycle for Agentic AI publié par Gartner illustre cette dynamique.
Au-delà de ces chiffres, une question me paraît beaucoup plus importante : qui restera maître de l'ouvrage lorsque des dizaines d'agents collaboreront entre eux ?
Depuis plusieurs années, les débats sur l'intelligence artificielle portent principalement sur les modèles, les performances et les capacités de calcul. Avec l'arrivée des agents IA, le véritable enjeu devient leur gouvernance.
Dans l'artisanat marocain, le Maâlam n'est pas seulement celui qui réalise un ouvrage de ses mains. Il connaît la matière, maîtrise le métier, transmet son savoir, organise le travail des compagnons, contrôle la qualité et répond de l'ouvrage réalisé. Les outils n'ont jamais fait le Maâlam.
Ils prolongent son geste ; ils ne remplacent ni son expérience ni son jugement. Les agents analysent, calculent, recherchent, rédigent, programment et exécutent. Ils pourront bientôt coopérer entre eux à grande échelle. Mais ils ne connaissent ni le métier, ni la finalité de l'ouvrage, ni la responsabilité qui accompagne chaque décision.
J'appelle Maâlam numérique la femme ou l'homme qui demeure maître de son métier tout en sachant mobiliser les agents d'intelligence artificielle comme des outils au service d'un objectif humain.
Former des spécialistes des données le sera tout autant. Mais il faudra surtout former des Maâlam numériques capables de gouverner des systèmes d'agents, de comprendre leurs limites et de les mettre au service de nos métiers, de nos institutions, de nos langues et de nos priorités nationales.
Hier, le Maâlam guidait ses compagnons dans l'atelier. Demain, il guidera aussi des compagnons numériques. L'outil change. Le métier demeure.












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