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Entre l'affaire Adnane et la peine de mort


L’affaire Adnane, kidnappé, violé et tué fera couler encore beaucoup d’encre. Ni la société civile, ni les utilisateurs des réseaux sociaux ne sont prêts d’oublier ce malheureux incident, bien que d’autres enfants aient été traités de la même façon, voire plus gravement. Le laps de temps entre l’enlèvement et la découverte de son petit corps inerte ont défilé, sur facebook comme un film d’horreur. Ce qui a, par la même occasion, suscité tout un débat houleux sur la peine de mort pour l’auteur du crime, entre protagonistes et antagonistes.



C’est  d’ailleurs le sujet qu’a choisi Mme Fatima Maghnaoui de l’association de l’Union de l’Action Féminine(UAF), Directrice du Centre Annajda d'aide pour femmes victimes de violence de Rabat, pour attirer l’attention sur les droits de l’enfant. Surtout, en l’absence de mesures de protection et de promotion de ses droits.

«  En marge de toute cette explosion de cas d’enlèvements et de pédophilie et face au grand mécontentement et révolte populaire, surtout après  l’horrible  affaire de l’enfant Adnane, il est impératif de soulever que ce genre de crimes ne date pas d’aujourd’hui. Il est à noter que des dizaines d’enfants, garçons et filles, à raison de un par mois, ont subi des sévices pareils, voire plus graves, des incidents de ce genre qui se produisent sans qu’on le sache. On peut citer à titre d’exemple  l’enfant de Sidi Kacem violé, tué et jeté dans le  puits, ou Naima de Zagora(Zouhria, utilisée dans le cadre de la quête  au trésor).

Ce qui pousse à s’interroger sur la responsabilité de l’Etat, ses enjeux et ses obligations internationales dans le cadre de la Convention sur les droits des enfants, ratifiée  par le Maroc. Et qui a trait à leur protection, leur sécurité physique, sanitaire et mentale. L’intervention est à différents niveaux, d’ordre social, éducatif,  culturel... ».

« C’est la campagne médiatique et la révolte des internautes via les réseaux sociaux qui ont attisé les réflexions sur la problématique et soulevé des droits de regards différents, des discussions et un débat de société sur la peine de mort. Ce qui est étrange, c’est ce retour en arrière sur ce dossier,   dans ce contexte et au moment  où le Maroc est dans une situation complexe,  pour ce qui est de la suspension(ou abolition) de la peine de mort. Un état des choses inacceptable de la part des Nations Unies et des organisations de Droits. Seulement, la question est de savoir si la peine de mort a limité les crimes des pays qui l’ont adopté.  Tous ces pays reconnaissent une évolution des crimes de différentes formes ».

« En tant que militante des droits de l’Homme, je suis contre la peine de mort. Ce genre de crimes demande  des études profondes pour comprendre ce phénomène social grave. Et son traitement a besoin d’une approche sociale  et même psychologique, prenant, comme point de départ, l’approche de droit.  On ne peut plus tolérer, entendre ou voir des situations pareilles se produire dans notre société ni des personnes inhumaines sans aucun respect, ni même pour le droit à la vie ».

«  La responsabilité de l’Etat est importante. Il faut penser à des dispositifs d’alerte, autrement dit,  des systèmes d’alerte en cas d’enlèvement d’enfants, comme revendiqué par les organisations de Droit. Ces systèmes de réponse aux disparitions d’enfants,  en plus de campagnes de sensibilisation et de conscientisation sur les droits des enfants dans les mass médias, la scolarisation, les médiateurs éducatifs sont autant de solutions pour remédier au phénomène.

« Cette tragédie  nous pousse à dire que l’Etat est responsable de la vie et de la santé  de ses enfants, elle doit leur procurer la sécurité, les protéger des risques encourus et prendre en charge ces dossiers en urgence dès l’alerte à l’enlèvement, de la part du parquet et des parties concernées. Cet outil donne le droit au procureur du Roi, d’intervenir le plus tôt possible, d’annoncer le kidnapping, d’impliquer les médias et la société ».









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