Le cycle d’investissement s’accélère au Maroc, mais sa capacité à entraîner la production locale dépend de l’origine des équipements et de la densité des fournisseurs nationaux, analyse LesEco. À fin juin, l’encours des crédits bancaires à l’équipement atteignait 344,24 milliards de dirhams, en hausse de 27,1 % sur un an, selon les données citées.
La formation brute de capital a progressé de 9,4 % au deuxième trimestre, d’après le HCP. Parallèlement, les importations de biens d’équipement ont augmenté de 20,8 % sur les sept premiers mois pour atteindre 133,20 milliards de dirhams, selon l’Office des changes. L’investissement soutient les infrastructures et les capacités futures, mais une part de la demande bénéficie immédiatement à des fournisseurs étrangers.
Pour les entreprises au Maroc, l’enjeu consiste à gagner davantage de commandes en amont : ingénierie, composants, maintenance, sous-traitance spécialisée et transfert de compétences. La présence d’usines et de plateformes logistiques ne garantit pas seule une intégration locale forte. Les donneurs d’ordre peuvent rendre leurs besoins plus lisibles, tandis que les PME ont besoin de certification, de financement et de compétences pour y répondre.
L’écart entre l’effort engagé et la production obtenue doit toutefois être lu dans la durée, car une route, un port ou une unité industrielle déploie ses effets sur plusieurs années. Le suivi utile portera sur la valeur ajoutée locale, les achats auprès des PME marocaines, les exportations et la productivité. Ces indicateurs permettront de distinguer l’accumulation de capital d’un véritable approfondissement du tissu productif.












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