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L’art au service de l’Humanité : Entretien avec Batoul Bargach


Les nouvelles technologies au service de l’art

Le Club d’art plastique de la Faculté des Sciences de Rabat a connu un événement culturel de grande envergure, une exposition collective d’artistes de renom tels que Afif Bennani, Rachid Benabdellah, Mustapha Rhommani, Omar Mkinsi, Ahmed Belhaj, Abdelkader Rhorbal surnommé le Dali du Maroc, El Batoul Bargach, Lahcen Boukhalifi, Abdelhakim El Hilali, Aomar Chenaai, Yousra Ouakrim et Samodi Bouchra. L’exposition a permis aux regards jeunes de s’imbiber, artistiquement parlant, des expériences de pionniers dans ce domaine.
Trois artistes peintres ont donné des conférences sur des sujets de première importance, en phase avec les ambitions et l’évolution des techniques et outils artistiques. « L’impact de l’éducation artistique dans l’acquisition des soft skills » a été présenté par l’artiste ELBATOUL Bargach ; « La peinture, du 19ème siècle à 1945 » par AFIF Bennani et « Les arts plastiques: culture de l’esprit et flamme de la conscience et de la vie des sociétés et des écosystèmes » par Pr. Naima Hamoumi, Mentor du club Art plastique de la faculté.
L’artiste plasticien Afif Bennani dont l’œuvre « Le Prince des kasbah » a remporté « La toile d’Or 2010 » est aussi écrivain, autodidacte. Il est Membre à vie de la Fédération nationale française pour la culture et Membre à vie de l’ordre American Corps. Il a eu la Médaille Européenne pour la «Lakasbah deTimzouline », site historique situé au sud du Maroc, dans la région de Dades. Il a été aussi décoré du Wissam Alaouite du mérite national ; chevalier de l’ordre de Lafayette des USA et du Canada.



Rentrant dans le cadre de la « Journée Mondiale de l’Art », l’exposition a été organisé, principalement, par une jeunesse avide d’art, sous le thème : « L’art au service de l’humanité ». Les trois conférences étaient égayées par des sortes d’intermèdes, des morceaux de musique joués par des jeunes.

L’atelier d’art plastique de la faculté des Sciences de Rabat est un espace de liberté d'expression qui regroupe les étudiants passionnés par les arts plastiques, la peinture, le dessin graphique et la sculpture. Ce sont des jeunes, pour la plupart des filles, qui constituent le bureau exécutif : Mimett Lamyae, Karim Sanae, Ait Bella Hicham, Mssilea Fatimazahra, Dahed Asmae, Benabdelhadi Oumaima, sous la supervision du Mentor du club et professeur à la faculté Mme Naima Hamoumi.

Plusieurs événements artistiques et culturels ont été organisés dans cet espace, en commémoration de journées mondiales ou autres. Le but est de rapprocher les créations artistiques de l’Université et de la société, de promouvoir la diversité des expressions artistiques, de contribuer à la démocratisation de la culture, de valoriser la création des étudiants et de promouvoir le rôle de l’art pour le développement durable.

L’exposition collective qui a aussi intégré les jeunes du club d’art plastique FSR, a porté sur des thématiques telles que : « La violence à l’égard des femmes »,  « La paix, la tolérance et la coexistence » ainsi que « La culture africaine ». C’est une exposition itinérante qui a investi aussi différents établissements de l’Université Mohammed V, et en ligne, dans YouTube et les sites Web de l’université.

Quand l’art et la manière vont de paire

Entretien avec El Batoul Bargach, artiste-peintre

Dans le cadre de l’exposition collective, on a contacté l’artiste-peintre El Batoul Bargach, également Consultant en formation des formateurs et Coach Développement Personnel.
La Professeur universitaire conférencière et experte en formations transversales est une coach certifiée, Maître praticienne en PNL et  certifiée Arc En Ciel DISC et en Analyse Transactionnelle.

Elle a à son actif plusieurs expositions individuelles et collectives au Maroc et à l’étranger : au Carrousel du Louvre à Paris, aux musées Royaux de Belgique à Bruxelles, à la galerie Multifonctions à Mila en Italie, à Albacete en Espagne et dans plusieurs villes marocaines: Tétouan, Fès, Marrakech, Casablanca, Rabat, Meknès.
 
Quel sujet avez-vous abordé lors de la conférence ?

Pour faire d’une pierre deux coups, j’ai opté pour un sujet qui me semble doublement engageant. D’un côté, il relève du domaine de l’art pédagogique et d’un autre côté, il concerne les jeunes au plus haut degré, car il s’agit d’une exigence planétaire au niveau de la préparation à la vie active : « L’impact de l’éducation artistique sur l’acquisition des soft skills ».
 

C’est un sujet qui peut ne être compris par tout le monde. Soyez plus explicite ?

Dans l’intitulé de mon intervention, il y a deux termes clés : « Education artistique » et « Soft skills ». La question qu’on peut se poser est : « Comment l’enseignement des arts pourrait avoir un impact sur les compétences comportementales ? ».

Il va sans dire que l’apport de l’art est majeur dans le système éducatif. Nul besoin de rappeler qu’il a été prouvé, à maintes reprises, que les arts ont une influence incontestable sur les parcours scolaires. J’ai donc ciblé un autre angle d’analyse qui relève de la tendance internationale aujourd’hui et auquel on doit donner de l’importance plus qu’avant, à savoir, les soft skills. Les entreprises modernes insistent sur ces compétences et exigent la maîtrise d’un certain nombre, surtout celles qui relèvent de la connaissance de soi, de la dimension relationnelle et du domaine cognitif.

Les softs skills, autrement dit, compétences comportementales, sont complémentaires aux Hard skills, qui représentent plutôt les compétences techniques, les savoirs et savoirs faire techniques appris à l’école et dans les cursus formationnels. Ce sont des « compétences métiers » qui sont indispensables à l’exercice d’un métier mais qui ne suffisent plus face à l’exigence de l’entreprise moderne. Dans certains, les diplômes ne sont pas forcément une nécessité puisque les entreprises sont de plus en plus à la recherche d’intelligences liées au savoir-être. Les compétences concrètes les plus demandées peuvent être résumées en 4 C : Esprit Critique, Collaboration, Créativité et Communication.

Les jeunes aujourd’hui doivent absolument prendre conscience de la valeur de ces soft skills dans leur formation et dans la construction de leur personnalité.
 

Quel est l’impact de l’art dans le domaine éducatif ?

L’art fait partie des belles références à intégrer aux systèmes éducatifs. Tous les arts ont un impact : théâtre, peinture, collage, musique, sculpture, arts du cirque, cinéma, arts du spectacle, architecture, arts plastiques, danse, arts appliqués .... Il est nécessaire de cesser de considérer ces disciplines comme une séance d’éveil ou de récréation créative.

Partant de l’idée que l’art et la culture comblent un besoin d'épanouissement personnel, un besoin de vie, l'éducation artistique dans les écoles ne peut plus être considérée comme un luxe.

La valeur formatrice des arts n’est plus à démontrer. Le répertoire des bienfaits de l’art et de la culture dans les systèmes d’éducation et dans l’acquisition des compétences transversales comprendrait des possibilités d’une richesse inouïe.

L’art développe les capacités de notre cerveau 
L’art est un grand éducateur 
L’art crée du lien et nous aide à mieux bous connaître 
L’art participe à notre équilibre 
L’art développe notre empathie 
L’art permet d’explorer nos sens 
L’art développe nos capacités intellectuelles 
L’art exploite l’imagination et les ressources 
L’art permet d’activer le génie créatif 
L’art active le potentiel culturel 
L’art sublime l’éducation du goût 
L’art aide à résister aux préjugés…


Et, l’art sous toutes ses formes permet aux apprenants de se transformer, en utilisant leur imagination et leurs ressources. Il leur permet, de façon douce, de développer leurs capacités motrices et de se connecter à leurs émotions avec des ancrages durables. C’est le développement de l’intelligence émotionnelle.

Par ailleurs, si l’école mise sur le génie créatif, elle devra donc placer la sensibilité artistique au cœur de sa pédagogie, pour une expérience esthétique. Le contact avec les œuvres, les visites de musées, les spectacles, les jeux dramatiques, ne se vivront jamais de façon passive, ce qui fait de l’éducation artistique quelque chose de pratique.


L'événement artistique dans un cadre éducatif est-il porteur?

La journée à la Faculté des Sciences de Rabat est un très beau témoignage de l’engagement de l’administration, principalement dans l’implication du doyen, et de l’intérêt des étudiants, dans les efforts remarquables du club Art Plastique. En préparant une telle journée, en programmant autant d’activités et surtout en mobilisant des artistes et les étudiants de la faculté, l’apprentissage des soft skills ouvre une palette riche en enseignements pratiques des aptitudes comportementales et relationnelles. Chaque action menée pour réussir le projet permet l’acquisition d’une compétence. Une fois dans la vie active, chaque membre du club s’en rappellera et c’est cette capitalisation qui doit être louable.






Journaliste professionnelle. 30 ans d'expérience à L'Opinion. Actuellement journaliste à Radio Web... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 1 Juin 2021




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