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La position post-crise de l'Europe dans le monde selon Josep Borrell


Joseph Borrell, Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Vice-président de la Commission européenne livre sur terra nova, un think thank progressiste, la position de l’Europe dans le monde actuellement en phase de crise sanitaire.



L’épidémie de Covid-19 a déclenché une crise économique et sociale majeure qui n’est pas encore à sa fin (n’a pas vu le bout du tunnel).  Si ses conséquences sont encore difficiles à cerner, du moins, elles sont conséquentes sur le plan des équilibres géopolitiques.
La crise a déséquilibré un ordre international préétabli par les Etats Unis, l’Europe et d’autres partenaires après la seconde guerre mondiale. Elle a changé la donne, faisant reculer les Etats Unis de sa position de leader. Dans cette suite d’événements dus à l’éclatement du système multilatéral, une autre réalité s’impose : il s’agit de la déstabilisation de nombreux pays en développement avec apparition ou encouragement de régimes autoritaires sur toute la planète.

Dans ce contexte où l’influence est partagée entre les États-Unis et la Chine, l’Europe doit agir pour limiter les risques, quoiqu’elle soit aussi affectée par la crise,  sur le plan sanitaire et économique. Elle pourrait se trouver en position de force, avec plus de poids, grâce au plan de relance adopté par le Conseil européen en juillet dernier, préserver et renforcer un multilatéralisme modernisé afin de répondre aux défis du XXIe siècle dont le plus flagrant est écologique.

 

La chine, en position de confort…mais

Avec des mesures draconiennes, la Chine a pu stopper rapidement une pandémie qui l’a touchée en premier lieu, elle est montée par la même occasion en puissance grâce à sa politique. Son régime autoritaire (quoique de plus en plus en contradiction avec l’évolution de la société chinoise) a aussi facilité le contrôle de la situation, ce qui a renforcé la conviction des dirigeants chinois, comme stipulé par M. Borrell,  que leur système politique est supérieur à celui des pays démocratiques. En parallèle, l’Europe n’a pas reflété l’esprit de la démocratie et des Droits de l’Homme.  L’analyste s’interroge, dans ce même esprit, si la Chine  n’est pas en train de renforcer sa position sur la scène mondiale ?

Dans un autre angle, M. Borrell parle de l’économie de la Chine  affligée par le Covid 19, par  la guerre commerciale avec les États-Unis, mais aussi de la difficulté à garder la barre haute plus longtemps dans le domaine du High Tech, en étant privée de l’accès à la technologie américaine. Toujours à propos de la Chine, le vieillissement de la population doublé  d’un système de protection sociale peu développé constitue un handicap,  contrairement à l’Europe.  Sans oublier les problèmes de l’environnement auxquels est confrontée la Chine au plus haut niveau.

 

L’Europe face aux Etats Unis et l’Afrique


Quoique les Etats Unis aient été touché tardivement par l’épidémie de Covid-19, leur situation est toutefois désastreuse, aggravée par la faiblesse de la protection sociale outre Atlantique et des divergences et tensions en interne. Aussi, malgré une réponse budgétaire et monétaire massive, les effets économiques et sociaux de la crise sont profonds, comme souligné par M. Borrell. Et ces difficultés renforcent les tensions sociales et politiques internes, contribuant, par la même occasion, à un accroissement des tensions avec la Chine. D’un autre côté, M. Borrell présage des élections de novembre 2020 incertaines quant à l’avenir des positions américaines dans les affaires du monde. Autrement dit, il pense à un déclin du leadership américain à l’échelle mondiale.


D’autres pays frappés de plein fouet

La crise sanitaire a également frappé de plein fouet les pays du Sud : l’Asie du Sud, l’Afrique ou encore l’Amérique Latine. La pandémie a mis à nu la faiblesse de leurs systèmes de santé et les systèmes sociaux, auxquels s’ajoute l’emploi informel.
La chute du prix des matières premières en Afrique du Sud a permis un ralentissement de l’économie mondiale, « via le recul des envois d’argent de la part des travailleurs émigrés ou encore à travers l’effondrement du tourisme international ». Les pays pauvres et émergents ont ainsi pâti de cette situation, en matière de financement extérieur (cas du Liban ou de l’Argentine) « n’ayant pas la capacité tels que les États-Unis, la Chine ou l’Europe à recourir à la création monétaire et aux déficits budgétaires massifs pour soutenir leurs économies en crise ».
Cet état des choses a permis l’augmentation des tensions sociales et politiques dans plusieurs régions du monde. L’un des enjeux principaux de la rivalité Chine-États-Unis, dans l’avenir, selon M. Borrell, reste l’aide apportée à ces pays. Pour leur part, l’Europe a pour enjeu central l’Afrique du nord et subsaharienne ainsi que le Moyen Orient, une question de solidarité mais aussi d’intérêt.


Le modèle européen face au covid 19

L’Union européenne n’a certes pas été en mesure, tout au début, de coordonner ses réponses sanitaires de ses Etats membres, surtout pour les pays les plus touchés : Italie et Espagne. Elle a repris le contrôle de la situation face à ce choc sur le plan sanitaire et économique, sachant que les pays d’Europe ont des dispositifs de protection sociale des plus développés au monde. Côté économique, il y eut préservation de la majorité d’emplois des européens. Sur le plan des politiques monétaire et budgétaire, l’Europe a réagi de façon beaucoup plus rapide et forte qu’au cours des crises antérieures. Pour pallier à cette crise monétaire, il y eut mise en place de transferts permettant de soutenir les Etats les plus affectés, une proposition formulée par Angela Merkel et Emmanuel Macron et concrétisée à travers l’initiative "Next Generation EU", approuvée par le Conseil européen en juillet dernier. Ce plan de relance et cette dynamique pourraient conforter l’Europe qui pourrait se retrouver, à la fin de la crise, en meilleure position que les États-Unis, contrairement aux crises de 2000-2001 et de 2008- 2009.






Journaliste professionnelle. 30 ans d'expérience à L'Opinion. Actuellement journaliste à Radio Web... En savoir plus sur cet auteur
Samedi 12 Décembre 2020

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