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Le besoin de financement fait exploser l’endettement public

Le Budget Economique Prévisionnel dresse l’état des lieux et rend compte des perspectives


Le HCP qui vient de rendre public le Budget Economique Prévisionnel 2021 présentant la situation économique en 2020 et ses perspectives en 2021 et leurs effets sur les équilibres macroéconomiques interne et externe, est, on ne peut plus, clair : suite aux effets de la Covid-19 et de la succession de deux campagnes agricoles sèches, l’économie nationale est soumise à une profonde récession en 2020. Et sous certaines conditions, liées tant à l’effet conjoncture qu’aux hypothèses portant sur l’évolution de la campagne agricole 2020-2021 et sur les nouvelles dispositions du Budget en cours, l’exercice 2021 s’annoncerait, toute proportion gardée, relativement meilleur.
A ce titre, La Direction de la Prévision et de la Prospective relevant du HCP retient un taux de croissance de l’ordre de 4,6 % après une récession de 7 % en 2020, la plus dure depuis plus d’une vingtaine d’années.



Incertitudes extrêmes

La relance en salle d'attente
La relance en salle d'attente
Toujours est-il que ces perspectives sont à « consommer » avec modération tant qu’elles demeurent soumises aux aléas de la conjoncture et à des facteurs difficilement cernables ou à prévoir, tels que l’efficacité du vaccin face à un virus en mutation, la qualité des campagnes de vaccination et les coûts d’ajustement-restructuration des défaillances causées par la pandémie.
Déjà, la pandémie aurait exacerbé des risques associés à une vague d’accumulation de la dette mondiale

A ce niveau, le HCP attire d’une part, l’attention sur le fait que les niveaux d'endettement ont atteint des sommets historiques et rendent, par là, l'économie mondiale particulièrement vulnérable aux tensions sur les marchés financiers.

Et d’autre part, évoque les sorties massives du Maroc sur le marché financier international pour assurer la couverture des besoins de financement du Trésor et mobiliser ainsi des ressources supplémentaires pour mener les interventions d’urgence et améliorer la résilience de l’économie nationale.

Et ce, au vu de deux considérations, à savoir, les effets négatifs de la crise sanitaire et la pression exercée sur les réserves ou les avoirs officiels de réserves.

 

Structure de la dette du Trésor

Sur ce registre, et outre le tirage sur la totalité de la Ligne de Précaution de la liquidité, le HCP rappelle les multiples sorties à l’international pour, justement, mobiliser les fonds nécessaires dont celle d’un milliard d’euros opérée en septembre 2020 qui, finalement n’a servi qu’au remboursement en octobre 2020 d’une échéance à montant équivalent et aurait induit un certain reliquat du déficit à financer.

Ce qui, à son tour aurait conduit le Trésor à effectuer une autre sortie à travers l’émission en décembre 2020 d’un emprunt obligataire de 3 milliards de dollars. 

Du coup, le HCP situe la dette extérieure du Trésor aurait grimpé à 18,7 % du PIB et à 24 % de l’encours global de la dette du Trésor au lieu de 14,2 % et 22,4 % respectivement entre 2012 et 2019. Toutefois, la structure de la dette du trésor demeure dominée par la dette intérieure qui aurait représenté 59,1 % du PIB.


Envolée de l’endettement global du Trésor

Ainsi, et compte tenu de l’effet d’une croissance économique négative et de la détérioration du déficit budgétaire, le ratio de l’endettement global du Trésor par rapport au PIB aurait atteint 77,7 % en 2020, rebondissant de 12,8 points, après avoir baissé l'année dernière à 64,9 % du PIB. 

Tenant compte de la dette extérieure garantie, en légère augmentation, Le HCP note que l’endettement public global se serait accru pour atteindre 94,6 % du PIB en 2020, en augmentation de près de 14,2 points par rapport au ratio de 80,4 % enregistré en 2019. 

Détérioration du déficit budgétaire

Force est de reconnaître qu’en cette période de pandémie, l’effort budgétaire additionnel pour soutenir l’activité conjugué à la baisse des recettes fiscales aurait conduit à la détérioration du déficit budgétaire qui, à en juger par les chiffres du département de M. Lahlimi, aurait connu un creusement en 2020 pour atteindre près de 7,4 % du PIB, au lieu de 3,6 % en 2019. Ce besoin de financement aurait dépassé largement la moyenne annuelle des déficits enregistrés entre 2012-2019, soit 4,5 % du PIB et aurait été largement supérieur aux prévisions de la loi des finances de l’année 2020.

L’endettement public global frôle le PIB

En termes de perspectives, le HCP, tenant compte de l’amélioration attendue de l’activité économique et des différentes composantes de la demande, annonce certes un retour progressif des recettes fiscales. Néanmoins, ce retour serait accompagné par une certaine poursuite de mobilisation de fonds nécessaires pour la couverture des charges additionnelles liées aux programmes et projets annoncés dans la loi de finances 2021 et aux efforts de rétablissement des équilibres macroéconomiques.

Pour le HCP, cette mobilisation des ressources financières sous forme d’emprunts internes et externes pour justement couvrir les besoins de financement de l’année 2021 devrait comprendre le paiement d’une partie des dépenses ordinaires, le financement des investissements ainsi que l’engagement de l’amortissement de la dette publique. Et ferait que la part de la dette du trésor devrait connaître une hausse de près de 0,6 point en pourcentage du PIB pour atteindre 78,3 % du PIB au lieu de 77,7 % du PIB en 2020 et 64,9 % en 2019. 

Tenant compte de la dette extérieure garantie, le HCP situe le taux d’endettement public global à 95,6 % du PIB après 94,6 % en 2020.

Par Noureddine BATIJE






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