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Le mariage des mineures à travers des lunettes sociologiques


Société civile, juristes et organismes internationaux ont toujours milité pour des lois qui incriminent les actes de violence dont celui du mariage des mineures qui atteint 10, 79% jusqu’à, il y a quelques mois.



Ces acteurs associatifs sont de plus en plus réticents, considérant que les lois structurent mais ne permettent pas de changements radicaux, à fortiori quand elles sont contradictoires tels les articles 19 et 20 du Code de la FamilleL’un limite le mariage à 18 ans et l’autre donne droit au juge de marier la mineure avant la capacité matrimoniale.

Les motifs de la dérogation (expertise médicale, audit des parents…) donnent lieu à des droits de regard différents qui ne sont autres que violations des droits d’enfants. D’où le besoin de changer la donne et d’unifier les sentences au niveau national.

Les statistiques du Ministère de la justice ont donné des chiffres qui donnent à réfléchir : Sur 32 104 mariages effectués en 2018, 84% sont des filles. Elles ont été mariées, à 99%, entre 15 et 17 ans, dont 44,1% issues de milieux urbains.

L’association Initiatives pour la Protection des Droits des Femmes (IPDF) a donné son avis, chiffres à l’appui, à travers des campagnes conduites au niveau de régions enclavées.

 
Des statistiques révélatrices

L’enquête de terrain réalisée autour du Mariage des Enfants par l’association IPDF avec l’UNFPA avait montré que la plupart des filles ont été mariées avant l’âge de 18 ans. Le vécu des filles-épouses de Béni Mellal, Khénifra et régions, dans une période de leur vie, a été le but de la campagne.

Selon Mme Asmae El Mahdi, Présidente fondatrice de l’IPDF, l’objectif de l’étude est de faire l’inventaire des pratiques, d’analyser les expériences de ces femmes, leurs caractéristiques sociales et d’identifier les principales causes qui conduisent au mariage des mineures.

Le mariage des mineures a concerné un échantillonnage dont la quasi-totalité chôme.  On y retrouve des filles qui n’ont pas bénéficié de la scolarisation, d’autres qui attendent toujours de rejoindre le mari, certaines sont en quête de   l’autorisation du juge ou ont déjà divorcé.

Si le motif est la pauvreté, leur sort n’est pas des plus reluisants, une fois mariées. Elles habitent dans le milieu rural, avec la famille du mari, toutes générations confondues, et dans des conditions minables.

La problématique avec les tribunaux, comme estimé par l’ONG, c’est que chacun a ses propres jugements. Il y a un manque de coordination au niveau national. Le positif à relever, c’est que, au moins, le mariage des moins de 16 ans est pour la plupart rejeté, et que certains juges optent pour « l’allongement » des procédures(ou recours) jusqu’à l’âge légal.

 

Des stéréotypes et des réalités

Les modèles sociaux  produits à Béni Mellal se construisent sur la logique que le mariage des mineures est une finalité absolue. Se soustraire à l’autorité parentale et sortir de la pauvreté, c’est ce qui pousse ces filles à se marier très jeunes quoiqu’elles ne connaissent pas leurs devoirs ni responsabilités.

Côté économique,  elles dépendent totalement du mari.

Juridiquement parlant, l’âge légal de 18 ans est contourné par les articles 20, 21 et 22 du Code Famille et une brèche de l‘art 16. L’exception devient la règle.

On ne devrait pas se voiler la face. Côté sanitaire, les neurosciences ont déjà montré que la capacité à prendre des décisions ne peut se faire avant 22 ans, sachant que le frontal n’est pas suffisamment développé.









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