Une interrogation comparable mérite aujourd'hui d'être posée à propos de l'intelligence artificielle.
Lorsque l'on affirme que l'IA dépassera l'intelligence humaine, parle-t-on réellement de toute l'humanité, ou d'une représentation particulière de celle-ci ?
Et le Maroc dans tout cela ? Le Marocain navigue naturellement entre l'arabe, la darija, l'amazighe, le français et parfois d'autres langues. Il mobilise des références historiques, religieuses, sociales et culturelles qui lui sont propres.
Il ne s'agit pas d'affirmer qu'il existerait une intelligence marocaine différente de l'intelligence humaine. Il s'agit de rappeler qu'une intelligence artificielle ne peut comprendre en profondeur que ce qu'elle a appris.
Si certaines réalités sont peu présentes dans les données d'entraînement, elles seront nécessairement moins bien représentées.
C'est pourquoi la souveraineté algorithmique devient un enjeu majeur.
L'ambition d'AI Made in Morocco ne devrait pas seulement consister à utiliser des technologies conçues ailleurs.
Elle devrait aussi viser à produire des jeux de données, des modèles, des évaluations et des algorithmes qui intègrent les réalités marocaines et enrichissent l'intelligence artificielle mondiale.
Le défi n'est pas de construire une IA marocaine contre une IA occidentale. Le défi est de construire une IA mondiale qui apprenne enfin de toutes les humanités.
C'est pourquoi, chaque fois que j'entends annoncer que l'IA dépassera l'intelligence humaine, je repose la même question : de quel humain parle-t-on ?












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