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Les jeunes NEET, les plus enclins à l’exclusion sociale


Les jeunes NEET, sans emploi, ni étude, ni formation, le plus grand frein au développement

Le rapport de l’Observatoire National des Droits Humains, s’articulant aussi autour de celui du PNUD, Programme des Nations Unies pour le Développement au Maroc, focalise sur les jeunes marocains. Il fait, en quelque sorte le diagnostic de la situation de la jeunesse marocaine, dont celle des jeunes NEET, qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ce sont des jeunes sans diplômes, au chômage ou en sous-emploi, évoluant pour la plupart dans l’informel, qui vivent au jour le jour et qui ont de grandes difficultés d’insertion dans la vie d’adulte, ce qui les conduit à devenir des NEET... Ce qui pousse à se demander ce qu’est la place de la jeunesse marocaine dans ce Maroc en développement.
Les Jeunes NEET font partie des classes sociales les plus exposées à la vulnérabilité économique, soit un taux de vulnérabilité 1,4 fois plus élevé que la moyenne nationale. Ils ne bénéficient pas, pour la plupart, de protection médico-sanitaire : seuls 3 sur 10 de ces jeunes accèdent à une couverture médicale. Ils font également partie des classes sociales les moins intégrées dans le renforcement des capacités humaines. Et c’est ce genre d’inégalités sociales qui ralentit la progression du développement humain au Maroc.



Les « Jeunes NEET purs », qui représentent 26,4 % des jeunes marocains, ne comptent pas les femmes dans la même situation qu’eux.  Et  c’est dans les régions de l’Oriental et du Souss-Massa que ce poids est nettement supérieur à la moyenne nationale. Ces jeunes  sont juste 1,6 fois plus prépondérants au niveau du primaire et 1,2 fois pour ceux ayant le niveau du collège.

Malgré des progrès colossaux réalisés en matière de développement humain, le Maroc n’a pas encore réussi l’inclusion économique de ses jeunes, surtout, en matière de généralisation de la protection sociale, cheval de bataille, de nos jours, des pouvoirs publics, et d’offres de bases sociaux et sanitaires.

Avec un indice de développement qui stagne ou chute depuis plusieurs années, il est primordial que le Maroc revisite ses priorités sociales et économiques et « trace » ses bases de développement, surtout à la lumière  du double choc sanitaire et économique qui a ébranlé bon nombre de pays, même les plus développés.

D’autant plus que l’analyse a fait ressortir une situation des jeunes des plus désavantageuses puisqu’ils apparaissent, encore plus exposés à la crise actuelle. Ils forment un groupe hétérogène et constituent l’un des groupes sociaux du Maroc qui  font face à des défis sociaux, économiques et politiques majeurs.

En matière de développement, la jeunesse marocaine ouverte à d’autres horizons, bien instruite attend beaucoup du Maroc, un pays en plein essor qui a lui aussi besoin de son capital jeunesse et ressources humaines pour avancer et accompagner le nouveau modèle de développement, sous des bases solides, équitables et égalitaires.

Quelques angles d’attaque du rapport

Les approches et les angles « d’attaque » des problématiques des jeunes devraient changer. Comme spécifié dans le billet du rapport de M. El Hassan El Mansouri, Secrétaire général de l’ONDH. « Le présent rapport privilégie une approche de développement humain intégré, fondée sur l’équité, la solidarité et la résilience sociale, conjuguée à une croissance économique créatrice d’emploi, sensible aux victimes de la pandémie sanitaire, aux jeunes et à tous ceux en situation d’exclusion sociale. Le constat indique que les politiques d’emploi et de formation gagneraient à être élargies et recentrées, en leur imprimant qualité, exhaustivité et efficience ». Toujours dans le même sens, Dr. Edward A. Christow, Représentant Résident du PNUD au Maroc, relève que les inégalités constituent des freins au développement et à la croissance économique, et leurs impacts sur la cohésion sociale ont besoin de moyens pour y remédier. « Cette analyse de la situation des jeunes, tant sur le plan social, économique que politique fournit un cadre d’orientation pour l’élaboration des politiques et des programmes centrés sur la canalisation des énergies de jeunesse ».

Le Maroc accuse du retard dans le cadre de la valorisation du capital jeune, une potentialité économique à mobiliser. Il est temps d’investir en notre jeunesse.

Le rapport  qui a trait aussi aux sources du développement humain, telles que les inégalités sociales et les disparités territoriales, la qualité du développement humain, a montré ce que signifie être jeune au Maroc, à travers les données sociodémographiques et  le prisme de la sociologie : une jeunesse hétérogène.

La participation des jeunes à la création des richesses a été également soulevée dans le rapport, entre insertion insuffisante sur le marché du travail, faibles  politiques actives d’emploi, limites d’intégration des jeunes dans le marché d’emploi…Les perceptions des jeunes ont été aussi relevées dans l’un des chapitres.  Quant aux politiques publiques, les jeunes s’attendent à mieux en matière de droits, de réajustement des politiques publiques à leur adresse…


Le tiers 1/3 de la population jeune est analphabète, avec un taux de pauvreté subjective (sentie) de 44,8 %

Selon les données du rapport de l’ONDH sur le profil démo-socio-économique de la jeunesse marocaine, nos jeunes dont l’âge varie entre 15 et 29 ans représentent 24,6% (en 2021) de la population marocaine, évaluée à 36,3 millions. Or, ce presque tiers de la population (10 ans et plus) jeune, est à 24,1 % analphabète, n’a passé  que 5,5 ans en moyenne dans les bancs des classes et atteint un taux de chômage de 11,9%. Quant au taux de pauvreté absolue évalué en 2019, il est de 1,2 %, le taux de vulnérabilité : 7,3 %, le taux de pauvreté relative : 17,7 %, le taux de pauvreté multidimensionnelle : 2,7 % et le taux de pauvreté subjective (sentie) : 44,8 %. Quant à l’indice du développement du genre, il est de 0,868.

Les jeunes, un potentiel à mobiliser pour rattraper le retard en développement humain

La pauvreté relative, les inégalités sociales et les disparités territoriales relativement élevées font perdre au pays plus du quart de son développement humain cumulé. Les inégalités de sexes constituent aussi un frein au développement. Et selon le rapport, si l’IDH des femmes était comparable à celui des hommes, le Maroc aurait déjà figuré parmi les pays à développement humain élevé.

Des recommandations pertinentes en marge du NMD

« Les leviers sur lesquels la progression de l’IDH peut être redynamisée vont de la consolidation des acquis sociaux du pays et de la réduction des inégalités et des disparités à l’allègement de la précarité sociale et au renforcement de l’intégration des jeunes dans l’œuvre de développement du pays ».

La valorisation des ressources humaines jeunes,  l’investissement soutenu dans l’éducation et la formation, la résorption du chômage, l’amélioration de l’adéquation quantitative et qualitative entre l’offre et la demande du travail, l’implication du secteur privé,  le ciblage des couches défavorisées (en particulier, les femmes et les NEETS), la promotion de l’auto-emploi, les formations complémentaire d’incitations à l’investissement et de réformes permettant l’intégration du secteur informel sont autant de sorties « de secours » pour les jeunes de la précarité, de la pauvreté et de l’informel. Sans oublier leur implication dans le processus de prise de décision pour une optimisation des programmes et politiques publiques. Aussi, le renforcement de la citoyenneté des jeunes faciliterait leur inclusion économique et sociale

« Les ruptures dans le parcours des jeunes devraient être valorisées autour d’un quadriptyque (éducation-formation, emploi, protection sociale et vie personnelle et citoyenne), permettant de garantir un statut social et une dignité à tous les jeunes ».

Enfin, pour un meilleur avenir des jeunes, il faudrait repenser les programmes et les aides pour améliorer l’accès à une formation ou à un emploi, de réduire les déperditions scolaires, d’améliorer le taux de couverture sanitaire, de reconnaître et dévaloriser la participation citoyenne en encourageant l’engagement politique des jeunes, par l’amélioration de leur représentation dans les structures partisanes, parlementaires et locales et le soutien au développement d’une société civile organisée et autonome.
 





Jeudi 16 Décembre 2021

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