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Les six ruptures de l’ Istiqlal retrouvent toute leur actualité


La conjoncture actuelle appelle à la formulation d’une nouvelle vision de moyen et long termes qui tient compte des mutations et des changements de paradigmes qui s’annoncent déjà aux plans national et international. C’est l’exercice auquel vient de se livrer M. Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al-Maghrib.



Garder le bon cap
Garder le bon cap
S'exprimant le 24 novembre devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des Représentants, le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri a procédé à la présentation des mesures entreprises par la Banque centrale pour faire face aux retombées négatives de la crise Covid-19.

Une prestation qui eu a le mérite d’aller au-delà des tenants et aboutissants de la politique monétaire menée en ces temps difficiles pour pointer du doigt les maux structurels dont souffre le pays. 

Apres avoir planté le décor avec les répercussions de la pandémie à l’échelle internationale et passé en revue les actions qui ont été en ce sens entreprises dont celles opérées au niveau des banques centrales, M. Jouahri s’est attaqué au vif du sujet à savoir l’état des lieux de l’économie marocaine et ses perspectives à venir à l’aune de cette crise sanitaire.

La "plus pire" des récessions

Partant du fait que l’économie nationale doit faire face à la plus pire de ces récessions depuis celle observée en 1995, date à laquelle le PIB avait accusé une chute de 5,4%, M. Jouahri n’a pas usé de la langue de bois pour rappeler les toutes dernières prévisions de Bank al Maghrib, du HCP, du ministère de des Finances, du FMI, de la Banque mondiale et du CMC qui tablent au titre de l’année 2020 sur des taux de croissance négatifs établis respectivement à moins de 6,3%, 5,8%, 5,8%, 7,2%, 6,3% et 6,2% . Et de les remettre dans leur vrai contexte qui fait que cet état de fait se traduirait, entre autres, par un creusement du déficit budgétaire, un surendettement du Trésor public et une rareté prononcée des opportunités de travail décent.
Le taux de chômage grimpe de 3,3 points à 12,7% et touche essentiellement les jeunes de moins de 24 ans.
Le tout fait dire au Wali de Bank Al-Maghrib que des conclusions doivent être tirées de cette crise qui, contrairement à celle économique et financière de 2008, est multidimensionnelle et concerne la quasi totalité des pays dans le monde.
Ce qui ferait que sur le court terme, ses répercussions économiques et sociales qualifiées d’exceptionnelles dureront autant que durera le temps qu’il faut pour trouver et procurer le vaccin ou le traitement adéquat à grande échelle.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle M. Jouahri estime qu’aucune relance ne serait opérée avant 2023.

Changement de paradigme

Sur le long terme, ces mêmes répercutions demeureront imprégnées de grandes incertitudes et porteuses de grandes transformations dont celles enclenchées bien avant la survenue de la pandémie et consistant en un ébranlement des paradigmes prévalant dans les relations internationales à l’image de la montée du protectionnisme, de conflits géopolitiques, la remise en question du multilatéralisme, l'élargissement des inégalités sociales et spatiales, le changement climatique, l’appréhension de la révolution digitale ...
A ce changement de paradigme, le Wali de Bank Al-Maghrib oppose, en interne, un changement de mentalités et une hiérarchisation des priorités à même de permettre à tous les Marocains d’aboutir à un vivre ensemble décent et adéquat , d’apporter des réponses concrètes aux multiples maux que cette crise a mis en exergue (déficit du système sanitaire, vulnérabilité économique d’une large frange de la population, poids de l’informel, fragilité du tissu productif, prépondérance de l' utilisation du cash...)

Concevoir les politiques autrement

Pour M. Jouahri, le remède est, somme toute, évident et consiste d’abord à arrêter de jouer aux sapeurs pompiers et à concevoir les politiques autrement.
Une conception dont les maitres mots sont compétitivité, équité, inclusion, intégrité, efficacité, gouvernance et où il est question, dans un contexte de rareté, de prioriser et rationaliser la dépense, consolider la ressource, reformer les structures, améliorer le climat des affaires et procurer ainsi une certaine immunité à l’économie et à la population.
Autant de ruptures qui, quelque part, rappellent celles au nombre de six déjà formulées par le Parti de l’Istiqlal en tant que contribution à l’élaboration du nouveau modèle de développement et qui retrouvent toute leur actualité avec ce choc de la pandémie dont les conséquences sont de nature à induire des transformations profondes de l’économie et de la société.
Noureddine BATIJE






Rédigé par le Jeudi 10 Décembre 2020


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