Par un médecin marocain
Ce soir, il y aura deux matchs. Le premier se jouera sur la pelouse. Le second, plus discret, se jouera dans les salons marocains, les cafés, les familles, les groupes WhatsApp, les cafés trop serrés et les nerfs un peu trop tendus. Maroc-France, ce n’est jamais un match ordinaire. C’est du football, bien sûr. Mais c’est aussi de la mémoire, de l’affectif, de la fierté, parfois même un petit règlement de comptes intérieur avec l’histoire.
Alors permettez au médecin marocain que je suis de lancer un appel simple : soutenez les Lions, criez un peu si vous voulez, mais ne laissez pas votre tension artérielle faire un sprint toute seule.
Beaucoup de supporters arrivent au coup d’envoi déjà en hypertension émotionnelle. On a lu toutes les analyses, regardé toutes les vidéos, répondu à trois cousins trop pessimistes, vérifié la composition probable, imaginé les penalties, insulté l’arbitre avant même qu’il ait sifflé. Le corps, lui, ne distingue pas toujours entre danger réel et stress de supporter. Le cœur accélère, les muscles se contractent, la respiration devient courte. La tension peut monter.
Le premier geste est donc presque trop simple : ralentir avant le match. Une petite marche de quinze à vingt minutes avant de s’installer devant l’écran vaut parfois mieux qu’un quatrième café. Pas besoin de faire du sport héroïque. Il suffit de bouger un peu, de respirer, de sortir du canapé avant d’y retourner pour deux heures de haute intensité nationale.
Deuxième conseil : mangez léger. Le grand piège des soirs de match, ce n’est pas seulement Mbappé ou Hakimi. C’est aussi le sel. Chips, olives trop salées, charcuterie, pizzas, fromages, sauces industrielles, graines salées à la poignée… Tout cela donne l’impression d’accompagner la fête. En réalité, cela charge le corps au mauvais moment. Pour ceux qui ont déjà de l’hypertension, c’est franchement une mauvaise idée. Une table marocaine peut être conviviale sans devenir un laboratoire de sodium.
Alors permettez au médecin marocain que je suis de lancer un appel simple : soutenez les Lions, criez un peu si vous voulez, mais ne laissez pas votre tension artérielle faire un sprint toute seule.
Beaucoup de supporters arrivent au coup d’envoi déjà en hypertension émotionnelle. On a lu toutes les analyses, regardé toutes les vidéos, répondu à trois cousins trop pessimistes, vérifié la composition probable, imaginé les penalties, insulté l’arbitre avant même qu’il ait sifflé. Le corps, lui, ne distingue pas toujours entre danger réel et stress de supporter. Le cœur accélère, les muscles se contractent, la respiration devient courte. La tension peut monter.
Le premier geste est donc presque trop simple : ralentir avant le match. Une petite marche de quinze à vingt minutes avant de s’installer devant l’écran vaut parfois mieux qu’un quatrième café. Pas besoin de faire du sport héroïque. Il suffit de bouger un peu, de respirer, de sortir du canapé avant d’y retourner pour deux heures de haute intensité nationale.
Deuxième conseil : mangez léger. Le grand piège des soirs de match, ce n’est pas seulement Mbappé ou Hakimi. C’est aussi le sel. Chips, olives trop salées, charcuterie, pizzas, fromages, sauces industrielles, graines salées à la poignée… Tout cela donne l’impression d’accompagner la fête. En réalité, cela charge le corps au mauvais moment. Pour ceux qui ont déjà de l’hypertension, c’est franchement une mauvaise idée. Une table marocaine peut être conviviale sans devenir un laboratoire de sodium.
Pendant le match : bien respirer entre deux occasions ratées
Quand le Maroc attaque, certains retiennent leur souffle comme s’ils tiraient eux-mêmes au but. Quand la France contre-attaque, on voit des gens se lever d’un coup, main sur le cœur, regard fixe, comme s’ils venaient d’apercevoir leur bulletin d’impôts. C’est drôle, oui. Mais chez une personne hypertendue, diabétique, cardiaque ou très anxieuse, ces pics répétés ne sont pas anodins.
Le geste le plus utile pendant le match tient en une phrase : ne restez pas crispé pendant quatre-vingt-dix minutes.
À chaque pause de jeu, relâchez les épaules. Inspirez lentement par le nez, expirez plus longuement par la bouche. Trois ou quatre respirations profondes peuvent suffire à calmer le système nerveux. Cela ne changera pas le score, malheureusement. Mais cela peut éviter que votre organisme vive chaque corner comme une alerte générale.
Hydratez-vous aussi. De l’eau, simplement. Pas seulement du thé, pas seulement du café, pas seulement des boissons sucrées.
Le thé à la menthe fait partie de notre patrimoine affectif, personne ne va le mettre en examen, mais cinq verres très sucrés devant un match sous tension, ce n’est pas exactement une ordonnance de cardiologue.
Et surtout : ne jouez pas au héros avec vos médicaments. Si vous êtes sous traitement pour l’hypertension, prenez-le comme prescrit. Ne décalez pas l’heure parce que « le match commence ». Ne doublez pas la dose parce que vous êtes stressé. Ne l’arrêtez pas parce que « ça va, aujourd’hui je me sens bien ». La tension est parfois silencieuse, et c’est justement ce qui la rend sournoise.
Le geste le plus utile pendant le match tient en une phrase : ne restez pas crispé pendant quatre-vingt-dix minutes.
À chaque pause de jeu, relâchez les épaules. Inspirez lentement par le nez, expirez plus longuement par la bouche. Trois ou quatre respirations profondes peuvent suffire à calmer le système nerveux. Cela ne changera pas le score, malheureusement. Mais cela peut éviter que votre organisme vive chaque corner comme une alerte générale.
Hydratez-vous aussi. De l’eau, simplement. Pas seulement du thé, pas seulement du café, pas seulement des boissons sucrées.
Le thé à la menthe fait partie de notre patrimoine affectif, personne ne va le mettre en examen, mais cinq verres très sucrés devant un match sous tension, ce n’est pas exactement une ordonnance de cardiologue.
Et surtout : ne jouez pas au héros avec vos médicaments. Si vous êtes sous traitement pour l’hypertension, prenez-le comme prescrit. Ne décalez pas l’heure parce que « le match commence ». Ne doublez pas la dose parce que vous êtes stressé. Ne l’arrêtez pas parce que « ça va, aujourd’hui je me sens bien ». La tension est parfois silencieuse, et c’est justement ce qui la rend sournoise.
Après le coup de sifflet : victoire, défaite ou nul, on redescend
Le moment le plus dangereux n’est pas toujours le match lui-même. C’est parfois l’après-match. Si le Maroc gagne, l’euphorie peut pousser à sortir, klaxonner, crier, courir, serrer tout le monde dans ses bras, oublier qu’on n’a plus vingt ans depuis un certain temps. Si le Maroc perd, la frustration peut faire monter la colère, les disputes, les débats inutiles sur l’arbitrage et les messages envoyés trop vite.
Dans les deux cas, il faut redescendre doucement. Marchez un peu. Évitez les discussions qui tournent au tribunal populaire. N’allez pas chercher la tension supplémentaire sur les réseaux sociaux. Les commentaires en ligne ne sont pas remboursés par la CNSS, et certains devraient porter une mention : « peut provoquer une irritation cardiovasculaire ».
Un mot sérieux, tout de même. Si une personne ressent une douleur dans la poitrine, un essoufflement inhabituel, un malaise, une faiblesse brutale, des troubles de la parole ou de la vision, il ne faut pas attendre la fin du match ni les tirs au but. On appelle les secours. Le football peut attendre. Le cœur, non.
Ce soir, supportons le Maroc avec passion, mais avec intelligence. Le patriotisme n’oblige pas à faire exploser son tensiomètre. Une joie maîtrisée reste une joie. Un cri peut sortir du cœur sans fatiguer le cœur. Et si les Lions nous offrent une soirée historique, autant être en assez bonne forme pour la raconter demain.
Dans les deux cas, il faut redescendre doucement. Marchez un peu. Évitez les discussions qui tournent au tribunal populaire. N’allez pas chercher la tension supplémentaire sur les réseaux sociaux. Les commentaires en ligne ne sont pas remboursés par la CNSS, et certains devraient porter une mention : « peut provoquer une irritation cardiovasculaire ».
Un mot sérieux, tout de même. Si une personne ressent une douleur dans la poitrine, un essoufflement inhabituel, un malaise, une faiblesse brutale, des troubles de la parole ou de la vision, il ne faut pas attendre la fin du match ni les tirs au but. On appelle les secours. Le football peut attendre. Le cœur, non.
Ce soir, supportons le Maroc avec passion, mais avec intelligence. Le patriotisme n’oblige pas à faire exploser son tensiomètre. Une joie maîtrisée reste une joie. Un cri peut sortir du cœur sans fatiguer le cœur. Et si les Lions nous offrent une soirée historique, autant être en assez bonne forme pour la raconter demain.












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