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Omar Benjelloun : Les Avocats, le combat continue..


Le débat autour du projet de loi 66-23 relatif à la profession d’avocat a pris une nouvelle ampleur au Maroc, sur fond de mobilisation des barreaux et de critiques croissantes dans les milieux juridiques. Pour de nombreux professionnels, les enjeux dépassent largement le cadre corporatiste. C’est notamment la lecture portée par Omar Benjelloun, avocat et membre du conseil national de la Fédération de la gauche démocratique, qui voit dans ce texte une remise en cause directe de l’équilibre du système judiciaire et des garanties fondamentales du procès équitable.



« L’indépendance de la défense est une condition de la justice »

Selon lui, la contestation actuelle des avocats ne relève pas d’une revendication matérielle ou catégorielle, mais d’un combat de principe. « La défense n’est pas un privilège, c’est une fonction essentielle de la justice », rappelle-t-il en substance. Dans cette perspective, toute atteinte à l’indépendance de la profession, à la confidentialité des échanges avec les clients ou à la liberté d’exercice constitue une menace pour l’ensemble des justiciables. Car derrière l’avocat, c’est le citoyen qui risque de se retrouver sans protection effective face à l’appareil judiciaire.

L’une des critiques majeures formulées concerne le rééquilibrage des pouvoirs au profit de l’administration et de l’autorité judiciaire, au détriment des instances professionnelles. Le projet de loi introduirait, selon ses détracteurs, une limitation des prérogatives des barreaux, notamment en matière de formation, d’organisation interne et de régulation de la profession. Pour Omar Benjelloun, cette évolution ne peut être considérée comme une simple réforme technique : elle traduirait une volonté de réduire la capacité des avocats à s’auto-organiser et à défendre leur indépendance.

Plus préoccupant encore, certaines dispositions évoquées toucheraient à la liberté d’expression et d’action des avocats, notamment à travers l’encadrement des formes de protestation dans les tribunaux ou la possibilité de poursuites visant des responsables professionnels comme le bâtonnier. Une telle orientation, estime-t-il, créerait un climat de pression incompatible avec l’exercice serein de la défense. Or, une justice équilibrée suppose que chaque acteur – juge, procureur et avocat – puisse intervenir sans crainte d’ingérence ou de sanction liée à sa position.

Au-delà du cadre strictement juridique, Omar Benjelloun inscrit cette réforme dans un contexte plus large, marqué par un resserrement des marges d’expression et de contestation dans plusieurs secteurs. À ses yeux, la question de l’indépendance de la profession d’avocat devient ainsi un révélateur de l’état de la démocratie et du respect des principes constitutionnels. Si le rôle du défenseur est affaibli, c’est l’équilibre global de l’État de droit qui se trouve fragilisé, avec des conséquences directes sur la confiance des citoyens dans la justice.

L’analyse s’élargit également au champ politique. Le responsable évoque les difficultés du gauche marocaine à se structurer et à proposer une alternative crédible dans un contexte de défiance croissante envers les institutions. Il souligne que la fragmentation des forces progressistes limite leur capacité à peser sur les grandes réformes et à porter un projet cohérent. Dans ce cadre, la défense de l’indépendance de la justice apparaît aussi comme un combat politique, au-delà des cercles professionnels.

Par ailleurs, la question de la participation électorale est posée avec acuité. Face aux pratiques dénoncées de clientélisme ou d’achat de voix, Omar Benjelloun plaide pour une implication citoyenne consciente, estimant que la désaffection électorale ne fait que renforcer les logiques de contrôle. Il insiste sur la nécessité de distinguer entre une véritable action politique, fondée sur des choix et des projets, et une gestion technocratique qui tend à éloigner le citoyen des décisions publiques.

Enfin, l’entretien aborde des sujets de société plus larges, comme la polémique récurrente autour de l’heure légale, perçue comme un exemple de décisions imposées sans réelle adhésion populaire. Ces questions, bien que périphériques, traduisent selon lui une tension persistante entre gouvernance et attentes sociales.

Au final, le message porté est clair : l’indépendance de l’avocat n’est pas un enjeu corporatiste, mais un pilier de la justice. Toute réforme qui viendrait fragiliser ce principe doit être évaluée à l’aune de son impact sur les droits des citoyens. Car dans une société démocratique, la qualité de la justice se mesure d’abord à la force de la défense et à sa capacité à agir librement.
Mardi 14 Avril 2026


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