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Piqûres de scorpions au Maroc: Grande vigilance en été


En 2019, 26 819 piqûres de scorpions recensés dans 41 provinces marocaines, dont 44 mortelles. 80% des cas de piqûres de scorpions se produisent entre les mois de mai et septembre, durant la nuit, au moment où les températures sont en baisse. La vigilance est donc de mise si vous êtes en vacances dans le sud du Maroc en cette période estivale.



Par Dr Anwar CHERKAOUI


Un enfant, en bonne santé 24 ou 48 heures auparavant, qui décède suite à une piqûre de scorpion, c'est un drame vécu comme une injustice  par la famille et la communauté.
 
Les piqûres et envenimations scorpioniques (PES) constituent une problématique de santé publique dans les régions du centre sud du Maroc. La période estivale représente une période de stress pour la population essentiellement rurale. Les piqûres de scorpions sont particulièrement dangereuses pour les enfants en bas âge.
 
En 2019, le Centre anti-poison du Maroc, relevant du ministère de la santé, a recensé 26 819 cas de PES déclarés par 41 provinces, soit une incidence de 75,3 pour 100 000 habitants, ce qui place toujours les PES en première position parmi toutes les causes d’intoxications au Maroc.

La région de Draa-Tafilalt a enregistré une incidence de 250 cas/100 000 habitants (4224 cas), suivie de la région de Marrakech-Safi avec une incidence de 205 cas pour 100 000 habitants (9673 cas), Souss-Massa avec une incidence de 199 cas/100 000 habitants (5703 cas), Béni Mellal-Khénifra avec 115 cas/100 000 habitants (2996 cas) et Casa-Settat représentée uniquement par les provinces d’El Jadida et Settat avec 40 cas /100 000 habitants (2926 cas).
 
Durant l’année 2019, le CAPM a reçu 44 déclarations de cas de décès avec un taux de létalité général de 0,16%, dont 97,7 % sont survenus dans 5 régions : Marrakech-Safi (26 cas), Casa-Settat surtout les provinces d’El Jadida et de Settat (4 cas), Souss-Massa (3 cas), Béni Mellal-Khénifra (5 cas) et Draa-Tafilalt (5 cas).
 
L'absence d’effort multisectoriel pour contrer les causes profondes de cette problématique (conditions d’habitat, niveau socioéconomique, éducation..), expliquant ces chiffres encore très élevés dans notre pays. Car, les piqûres et les envenimations scorpioniques, ce n’est pas uniquement l’affaire du Ministère de la santé.

Ceci est d’autant plus invraisemblable que le décès par piqûre et envenimation (PES) est un décès totalement évitable si les mesures de prévention et de prise en charge sont mises en place de manière rationnelle et multisectorielle. Car la problématique des PES est une problématique où s’imbriquent des facteurs écologiques, environnementaux, socio-économique et logistiques. Lutter contre ces PES passe d’abord par la lutte contre la précarité des populations, l’analphabétisme, l’habitat insalubre, la pauvreté des infrastructures en routes, eau et électricité, etc.. Les PES sont intimement liées à la pauvreté
 
il est impératif de comprendre que la lutte contre les scorpions est une affaire de communauté et de la conjugaison des efforts de plusieurs partenaires et départements ministériels.

Il s’agit de mieux comprendre les facteurs contribuant à ce drame et aider le Ministère de la santé, ses institutions et son personnel à lutter contre les PES. Tous les partenaires dans les différents secteurs (collectivités locales, agriculture, éducation, équipement, média etc..) doivent participer, chacun dans son domaine, à la sensibilisation des parents, en premier lieu, pour qu’ils prennent les mesures nécessaires de protection, et surtout à la lutte contre l‘analphabétisme et la pauvreté et à la promotion des infrastructures pour assurer un habitat et un environnement salubres.

Devant une piqûre, l’entourage doit éviter toute manipulation ou application de produit et l’enfant doit être transporté le plus rapidement possible vers une structure sanitaire. Le pronostic est tributaire du délai de prise en charge.La problématique des PES, plus que tout autre problème de santé publique, ne pourra se résoudre que par une collaboration multisectorielle, chaque partenaire devant jouer son rôle et assurer ses responsabilités

Au Maroc, les piqûres et les envenimations scorpioniques (PES) constituent un accident fréquent pouvant avoir des conséquences graves. Plusieurs facteurs ont fait des PES un problème de santé publique. Le climat sec et aride de certaines régions du Maroc, sa particularité écologique (massifs montagneux, plateaux, plaines et dunes littorales), et climatique (dominance atlantique, saharienne et continentale) sont à l’origine d’une biodiversité scorpio- faunistique des plus riches et des plus diversifiées d’Afrique du nord et même du pourtour méditerranéen.

Il a été identifié plus de 54 espèces, dont 22 venimeuses et dangereuses.  Ajouté à cela, le caractère de l’habitat, rural et dispersé, qui entraîne un contact domestique et permanent de la population avec le scorpion.

Selon les statistiques du Centre Anti Poison et de Pharmacovigilance du Maroc (CAPM), les PES représentent la première cause des intoxications déclarées soit par la population soit par les professionnels de la santé et cela par rapport à d’autres intoxications que la population ne déclarent pas.

Conscient de leurs conséquences sociales et sanitaires, le CAPM s’est engagé dès les années quatre vingt dix à aborder cette problématique dans le cadre d’une stratégie nationale de lutte contre les PES, ayant pour objectif principal de diminuer le nombre et les décès par piqûres et envenimations scorpioniques.

Sur les 26 819 cas par an de piqûres et envenimations par les scorpions Recensé par Le Centre Anti Poison et de Pharmacovigilance du Maroc, 25,2 % concernaient des enfants de moins de 15 ans. Les piqûres simples sans envenimation ont représenté 91% des cas. Le taux d’envenimation était de 9%.

Et selon les statistiques du centre anti-poison marocain, 70% des piqûres recensées se produisent dans les campagnes et contrairement à ce que l’on pourrait croire, la grande majorité, ont lieu à l’intérieur des foyers. L’absence ou la fragilité des infrastructures, et la précarité des habitations sont autant de facteurs qui contribuent à l’aggravation du phénomène.

Il est à noter également que plus de 80% des cas de piqûres se produisent entre les mois de mai et septembre, durant la nuit, au moment où les températures sont en baisse. La vigilance est donc de mise si vous êtes en vacances dans le sud du Maroc en cette période estivale.
 
Par Dr Anwar CHERKAOUI 

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Jeudi 29 Juillet 2021




Dr Anwar CHERKAOUI

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