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Quand Maroc et Hongrie sont sur le même bateau


Parmi les pays cités dans l’affaire Pegasus, voir même les plus diffamés, le Maroc et la Hongrie. Rabat et Budapest ont catégoriquement rejeté les accusations d’espionnage dont ils font l’objet. Mais qu’est-ce qui relie ces deux pays ?



Le Maroc et la Hongrie entretiennent de très bonnes relations, et orbitent tous deux autour de la sphère occidentale.

Le royaume bénéficie d’un statut avancé avec l’Union européenne et de partenaire stratégique de l’Otan, alors que le pays d’Europe centrale est membre à part entière des deux organisations.

Qu’est-ce qui pourrait alors expliquer qu’ils figurent tous deux sur la liste ‘Pegasus’ du groupement médiatique Forbidden Stories et l’Ong droit-de-l’hommiste Amnesty internationale, sachant que toute cette narrative ne sert qu’à ‘punir’ lesdits pays.

Grave délit de succès

Commençons par la Hongrie de Victor Orban, le premier ministre actuellement le plus décrié de l’Ue. Ce dernier, élu une première fois chef du gouvernement, en 2010, puis réélu deux fois de suite, en 2014 et 2018, est assez populaire auprès des Hongrois.

En 2019, le taux de chômage en Hongrie a baissé jusqu’à 3,4%. Les détracteurs d’Orban au sein de l’Ue ne peuvent prétendre ni à ses succès économiques, ni égaler sa côte de popularité.

Le tort d’Orban ? D’avoir eu raison, lors de la crise migratoire en Europe, dans les années 2010, en prenant des mesures fermes pour stopper le flux d’entrants sur le territoire de son pays.

Allemagne & co ont commencé par traiter le chef du gouvernement hongrois de tous les noms d’oiseaux, avant de faire exactement comme lui. Mais sans jamais s’excuser pour l’avoir invectivé.

Condamnable déficit LGBTQI+

La dernière affaire en date, qui a valu à Orban une nouvelle campagne politico-médiatique de diabolisation, est une loi interdisant la publicité LGBTQI+ auprès des mineurs.

Peu importe que la majorité de la population hongroise soutient ledit texte législatif voté par le parlement, la foi en la démocratie s’arrête là ou commencent les valeurs de la gauche sociétale prônées par nombre de pays de l’Ue.

C’est que la Hongrie d’Orban n’est que la partie visible de l’iceberg des pays d’Europe de l’Est dont les populations sont plutôt rétives à abandonner les valeurs traditionnelles de la famille, de la religion et de la patrie.

Les eurocrates de Bruxelles ont de la peine à admettre qu’il y a encore des gens qui continuent de croire en ces ‘archaïsmes’.


Contamination de l’Europe de l’Est

La Hongrie est membre du groupe de Visgrad, avec la Pologne, la Tchéquie et la Slovaquie. Ce quatuor adopte la même position concernant l’accueil des migrants, allant jusqu’à défendre l’idée ‘saugrenue’ de protection de la culture d’origine de leurs populations.

C’est comme si Israël se réclamait l’Etat des seuls juifs ! Imaginez le torrent de critiques qui s’abattrait sur Tel-Aviv…

Heureusement pour l’Ue, le seul pays de la région qui partage les mêmes valeurs ‘rétrogrades’ que les pays de Visgrad et des Balkans, c’est la Russie.

La Pologne, par exemple, préférerait renoncer au catholicisme et se convertir à la religion du marxisme culturel plutôt que de se retrouver dans le même camp que la Russie.

Ce qui est, donc, essentiellement reproché à la Hongrie, est sa résistance à la fluidité des genres, des nationalités, des cultures, bref de s’accrocher à tout ce qui fait un Etat-nation.

‘Complicités’ souverainistes

Imaginez que la Hongrie, au lieu d’ergoter sur le droit d’un peuple sahraoui, qui n’existe pas, à partitionner le Maroc et de s’offusquer de son dynamisme sur le continent africain, soutient plutôt la solution marocaine d’autonomie avancée dans les provinces du sud et veut coopérer avec le royaume pour que chaque pays serve de tremplin à l’autre dans sa région.

Peut-on trouver meilleure preuve de ‘l’hérésie’ hongroise, cet intolérable rejet du sacro-saint dogme ‘eurocratique’ qui veut que l’Afrique demeure déchirée et instable, n’ayant d’autres produits d’exportation que ses ressources naturelles et les immigrés clandestins ?

Budapest a pourtant bien vu Madrid accueillir le tortionnaire en chef des polisariens sous une fausse identité, un comportement qui traduit bien entendu tout l’attachement de l’Espagne au respect des droits humains.

Homme blanc privé de fardeau

Et Berlin de se lamenter, à travers l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité, de l’influence grandissante du royaume en Afrique, un leadership qui pourrait donner de mauvaises idées de coopération Sud-Sud sur le continent.

Ce souci allemand n’est guidé, évidemment, que par la quête du ‘bien-être’ des Africains. Dieu et les Namibiens en sont témoins.

Madrid et Berlin pleurent également en chœur les voitures électriques que l’Allemagne ne pourra pas fabriquer, parce l’Espagne ne pourra pas exploiter les ‘terres rares’ du mont sous-marin ‘Tropic’.

N’est-ce pas qu’Allah des Musulmans s’est montré trop généreux envers ses fidèles et cruel envers l’Homme blanc, malgré le fardeau que lui a fait porter l’écrivain britannique Rudyard Kipling, en situant ledit mont ‘Tropic’ dans la zone économique exclusive du Sud du Maroc, plutôt que dans les eaux territoriales des îles Canaries ?

Le chemin d’Abou Nawas

Avec des pays comme le Maroc et la Hongrie, les ‘éveillés’ de la vielle Europe sont littéralement au bord de l’apoplexie.

Le royaume d’Afrique du nord se veut souverain sur toutes ses terres et ses eaux et estime ses ambitions continentales légitimes. Le second, d’une dizaine de millions d’habitants enclavés en Europe centrale, considère que les valeurs LGBTQI+ ne priment pas sur celles traditionnelles et de la démocratie.

La vielle Europe n’en a peut être pas pris encore conscience, mais elle est en train de devenir autiste. Dans la dimension parallèle ou elle connaît l’éveil aux valeurs de la gauche sociétale, la narrative a totalement remplacé la réalité.

Le monde change et avance vers une immunité collective contre le Covid19. Ce n’est donc pas une espionnite aigüe, qui provoque des bouffées de chaleur à la vielle Europe, qui va l’affecter outre-mesure.

Ce n’est, cependant, pas sans rappeler un vers du célèbre poète arabe ‘Abou Nawas’ :
« Loin du droit chemin, j’ai pris sans façon
Celui du péché, car je le préfère ».





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Samedi 31 Juillet 2021

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