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Retour sur le gouverneur et le bouton de l'inflation !




Mécompréhension et politique monétaire 

Tout porte à croire que l’inflation soit sujette à un flou entêté. Une panacée pour certains, à la merci d’une lubie centrale, de la banque éponyme. Son gouverneur, dans sa dernière allocution parlementaire, en parut  effaré. Ce dernier, sur un ton plaisantin, où perce l’inquiétude, formule tout de go  le fond de sa perception, fustige de ces bruits de couloirs, qui vont de bouche à oreilles, qui présument que l’inflation serait du seul ressort de la banque centrale.

Un bouton, pour reprendre au mot notre gouverneur. Un bouton ou deux, pour amuser la formule, l’un sensé la grossir, l’autre l’alléger. Une perception simplette, prête à en venir aux mains, déterminée à fausser l’entendement.
S’il est vrai que la politique monétaire soit l’apanage de la banque des banques, que la planche à billet, que le taux directeur, ces régulateurs de la valeur monétaire  relèvent de ses prérogatives, bien d’autres facteurs, ou pignons,  s’engrangent dans la machine, pour donner un rendu composé. Et la parole du gouverneur n’en tarit point, dans ce flux-franc-parler qu’on reconnait à l’intervenant, celui-ci, dans la foulée, évoque l’investissement.

Argent à l’air libre, inflation sous-verrou !

Et c’est bien dit ! Pour qui? Pour les adeptes, ces inconditionnels de la poussée inflationniste, qui, pour leur gouverne, doivent agrémenter leur arc-de-tir  d’une autre corde, celle de l’investissement, comme vecteur inflationniste.
Dans la même lignée, osons un pas de côté, un crochet pour sonder les humeurs de notre liquidité, cet excès hypertrophié de notre monnaie fiduciaire qui circule les mannes grandes ouvertes, jusqu’à taper sur les 25 % de notre PIB.  C’est laid !  Un argent costaud qui boude les réserves bancaires, qui snobe les épargnes.
Un argent que les banques auraient souhaité ranger dans leur dépôt de réserve, ou par des jours de grâce, dans  leur dépôt excédentaire, un argent   bien constitué, pour fluidifier la machine du prêt.
Un argent dormant, qui, par-là aurait titiller une relance économique,   donner jour à des entreprises,  venir à la rescousse d’autres,  fortifier, fructifier leurs affaires, par-là, ébranler l’inflation dans le sens de l’intention des adeptes qui se tordent les doigts pour aligner, vaille que vaille,  notre taux d’inflation, jugé faible, frileux,  en retrait des normes,  sur celui des 5 à 6 %.

Le dirham, cher à l’emprunt!

Ces derniers, des plus aguerris, l’oreille et l’esprit tendus, vous coupent et recoupent, vous avance, vous ramène à cette épine qui les enquiquine: le taux directeur. Et qui dit taux directeur dit banque centrale. Une boucle qu’ils bouclent avec brio, car, supposez, nous dit-on, que cet argent boudeur, à l’air libre, bancal pour certains,  loin des caisses hermétiques et bancaires, soit mis à la disposition des banques, celui-ci se verrait appliquer un taux par-delà les maisons, à vous frigorifier tout investisseur.
En gros, ceux-là nous hurlent que le dirham est cher à l’emprunt. Que l’inflation, qui n’est autre que cela, a la peau dure. Intarissables, mais à cheval sur la chose monétaire, ceux-ci vous abreuvent de causes à n’en plus pouvoir restituer de par une mémoire en berne,  qui s’use  au contact de  leur diatribe, vous mette sous nez de ces crédits inter-entreprises, qui auraient volé la vedette aux crédits aux taux musclés et bancaires.

L’inflation, une affaire de dosage !

Vous pouvez les taquiner, à raison, leur avancer preuve à l’appui que les crédits inter-entreprises enflent de taille et de malheur jusqu’à frôler les 40 % de notre PIB et qu’étant mauvais payeur, l’entreprise se voit, et qui ne le ferait pas ? imposé un taux prêt à parer au risque d’un éventuel défaut de paiement.
Que le risque est évalué, avéré, que les banques auraient une part de raison. Qu’il n’est pas de norme, que l’inflation est une affaire de dosage, que forcer le pas de la seule politique monétaire est une aberration. Que l’inflation, cette panacée, une fois mise en branle, aurait l’effet d’une bombe à retardement.
Que l’on pourrait s’en réjouir un court moment, en tête, un premier mois, avant de voir un réajustement des prix, des nécessités, revenir à la charge,  coûter plus cher, du moins tout aussi cher, mais avec un dirham dévalué.  Qu’au sein de ce débat passioné, il y’aurait à prendre et à laisser….
 
Hicham Aboumerrouane / Arrissala / L'odj





Lundi 7 Décembre 2020

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