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Russie vs Occident : Voir Kiev et mourir


L’actuelle crise ukrainienne révèle d’abord cette incapacité de nombre de leaders politiques, en Occident comme en Russie, à percevoir clairement la réalité.



L’auteur des présentes lignes avoue s’être profondément trompé sur les capacités intellectuelles de Poutine à mesurer à sa juste valeur la marge de manœuvre dont il dispose sur le théâtre ukrainien.

Alors que nombre d’experts militaires n’envisageaient pas plus qu’une campagne militaire russe « à distance » contre l’Ukraine, faite de frappes de missiles et de bombardements des infrastructures militaires, d’opérations de sabotage effectuées par des forces spéciales, allant au maximum jusqu’à une avance de troupes au sol limitée aux républiques russophones du Donbass, voilà que le maître du Kremlin fonce tête baissée dans le piège tendu par les Américains.

La guerre, simple continuation de la politique

Il existe des principes de l’art de la guerre que l’histoire militaire est censée enseigner aux dirigeants politiques. Gagner des batailles sur le terrain n’est pas suffisant, encore faut-il le faire savoir et admettre.

La victoire est politique ou n’est pas, puisque la guerre n’en est que la continuation (Clausewitz).

Les Américains n’ont pas perdu, militairement parlant, la guerre du Viêtnam, pas plus les Français celle d’Algérie, mais tous deux les ont politiquement perdus. A voir la campagne médiatique acharnée de l’Occident contre la Russie, la mise sous silence de ses médias, cette dernière a perdu la guerre de l’information.

Depuis l’antiquité la plus reculée

Des hiéroglyphes, gravés sur des temples en Egypte, vantent la victoire qu’aurait remportée le pharaon Ramsès II sur les Hittites lors de la bataille de Kadesh, il y a quelques 4 mille ans. C’est, en tout cas ce que l’on a cru des siècles durant.

En fait, il n’en fut strictement rien, comme l’ont découvert plus tard les archéologues, le conflit s’étant plutôt achevé par un « match nul » et la conclusion d’un traité de paix entre les deux protagonistes et plus grandes puissances mondiales de l’époque.

Les Hittites n’en ont laissé aucune trace écrite, alors que les Egyptiens disposaient déjà d’un savoir-faire certain en matière de propagande.

Fenêtre temporelle étroite

Poutine ne pouvait ignorer que le temps qui lui est imparti pour mener à bien sa campagne militaire en Ukraine est très limité par les capacités de nuisance des médias occidentaux.

Il ne pouvait ignorer, non plus, que la prise des villes ukrainiennes pouvait relever du cauchemar, avec des unités combattantes néonazis, tel le tristement célèbre bataillon Azov intégré dans l’armée régulière ukrainienne, qui ne manqueraient pas de résister jusqu’au bout.


Empathie à géométrie variable

La solution « américaine » lui est également inaccessible. Quand l’armée des Etats-Unis a ravagé Fallujah, en 2004 en Irak, et Raqqa, en 2017 en Syrie, provoquant des dizaines de milliers de morts parmi les populations civiles, les médias occidentaux ne s’en sont pas émus pour autant.

Des Arabes qui se font massacrer, ce n’est pas grave aux yeux des Occidentaux, puisque c’est pour la noble cause d’instauration (forcée) de la démocratie et des droits humains (sic !) dans les pays des « hadjis » (terme péjoratif américain pour désigner les Arabes).

Sauf que les Ukrainiens ne sont pas des « hadjis », au grand malheur de Poutine.

L’enfer des combats de rue

Comment déloger des unités militaires ukrainiennes barricadées dans les villes, sans un recours massif à l’artillerie, arme préférée des Russes mais qui ne manquerait pas de causer d’énormes pertes parmi les populations civiles ?

Il ne reste que le combat de rue, qui prend plus de temps, plus de moyens et cause plus de pertes parmi les soldats assaillants. Le tout filmé avec des smartphones, les vidéos faisant le tour du monde à travers les réseaux sociaux.

Détruire l’infrastructure militaire de l’Ukraine avec des frappes ciblées est une chose, que les Russes ont parfaitement réussi au tout début de l’opération. Poutine a eu, toutefois, les yeux plus gros que le ventre en cherchant à « dénazifier » l’Ukraine et installer un régime pro-russe à Kiev.

La solde des prétoriens

Poutine devrait, après la dégringolade du rouble, se montrer inquiet pour sa viabilité politique. Que vont penser les soldats sur le front en voyant le pouvoir d’achat de leurs soldes fondre comme neige au soleil ?

Le général de corps d’armée Valery Guérassimov, chef d’état-major général des forces armées russes, soldat pur jus taillé dans le roc et reconnu pour ses compétences, que l’on dit avoir été mis à l’écart du processus de prise de décision relatif à l’opération militaire en cours en Ukraine, doit maintenant regarder de travers le président Poutine et le ministre de la défense, le Général de corps d’armée Sergueï Choïgou, réputé plus fin politique que brillant stratège.

L’ombre de Khrouchtchev, l’ukrainien

Kiev, capitale de la première dynastie russe, les Riourikides, du temps ou ce pays s’appelaient justement le « Rus’ de Kiev », pervertie par les oligarques ukrainiens, les partis néonazis et les trafics mafieux en tout genre, pourrait bien sonner le glas de la carrière de Vladimir Poutine, s’il tarde soit à la prendre, soit à en évacuer les abords ou l’armée russe est actuellement embourbée.

Tic, tac… c’est soit Kiev, soit subir le sort de Nikita Khrouchtchev, qui a été à la tête de l’Urss (1958-1964) avant de se faire renverser quand il a échoué face à au président John Kennedy lors de la crise des missiles de Cuba (1962), qui a quelques similitudes avec la situation actuelle.

Ironie du sort, Khrouchtchev était un ukrainien et en partie responsable de la situation actuelle, puisque c’est lui qui avait rattaché, en 1954, la Crimée, jusqu’alors russe, à l’Ukraine.

La folie des grandeurs

Biden, Blinken &Co se frottent les mains de satisfaction, sans se rendre compte que l’hyperinflation qu’ils ont ainsi provoqué, au seul profit des spéculateurs, réduit à néant les chances du parti démocrate de remporter les prochaines élections de mi-mandat, prévues pour le 8 novembre 2022.

Tout ça pour dire non aux revendications légitimes de la partie russe en matière d'indivisibilité de la sécurité en Europe et d'arrêt de l'extension de l'Otan vers l'Est. L'Empire anglo-sioniste, ivre d'unipolarité, dicte les "règles" auxquelles tous les pays doivent se plier, en total déni du droit international. Plutôt la guerre que la multipolarité, qui signifierait la fin de son hégémonie.

On se demande si les peuples appauvris vont pardonner à toutes ces élites psychopathes, même si elles ne savent pas ce qu’elles font. Ou peut être si.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Mardi 8 Mars 2022

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