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Sortie de crise ou sortie de piste…




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sortie_de_crise_ou_sortie_de_piste_.mp3 Sortie de crise ou sortie de piste….mp3  (4.18 Mo)

Dans ce moment de rupture que nous vivons, c’est l’occasion ou jamais pour notre gouvernement de prouver qu’il est bien celui des « compétences », ainsi que cela avait été triomphalement annoncé à sa formation. La conjoncture est douteuse et la rupture point à l’horizon, car si la sortie de crise ne fait pas de doute, les interrogations demeurent sur ce que nous serons après… que serait-il donc salutaire de faire pour que la rupture ne soit pas une déchirure ? 
 

1/ La santé. Le pays gère tant bien que mal, et plutôt bien que mal, on peut le dire… Nous avons été dans l’anticipation logistique médicale, dans la mobilisation de l’armée et de nos centres de recherche scientifique (oui, nous en avons…) et nous fûmes précurseurs à « dealer » avec les Chinois puis, pour plus de prudence, avec les Anglais d’AstraZeneca.
 

Mais pour autant, peut-on dire que nous avons réfléchi, en parallèle, à mettre en place une véritable structure de santé publique pour l’avenir ? La réponse est incontestablement non. Le budget de la Santé est passé de 2020 à 2021 de 6,2% à 6,9% du budget général de l'Etat, autant dire pas grand-chose. La « compétence » du gouvernement doit passer par une large consultation nationale sur ce qu’il y a lieu de faire (en plus de l’initiative – royale – de la couverture universelle), parce qu’il y a lieu de faire beaucoup de choses !
 

2/ L’éducation/formation. Le ministre Amzazi a véritablement « mouillé » la chemise, montant sur le pont et tenant le gouvernail, prenant des risques et ne refusant aucune question ni débat. Faire autant avec si peu de moyens relevait de l’impossible, que le ministère a rendu plus possible : gestion acrobatique des millions d’élèves et des dizaines de milliers d’enseignants, mobilisation aventureuse de la télé publique et généralisation périlleuse du distanciel.
 

Quid de demain ? Saaïd Amzazi et le Conseil (supérieur) de l’Education ont-ils eu le temps de réfléchir à la suite, à la pédagogie, supports, langues, infrastructures, objectifs et évaluations ? Doit-on véritablement nous résigner à ne pas donner une éducation ni procurer des formations de qualité à nos jeunes ? Le privé n’est pas la panacée, et il est même le problème, comme pour la santé. Il faudra expliquer tout cela aux populations dont les enfants sortiront meurtris d’un an de confinement/déconfinement et de « présistanciel »… et leur proposer des solutions.
 

3/ L’industrie. Faire des masques en un temps record, imaginer du matériel bien de chez nous et inventer des tests PCR est une chose heureuse, mais soyons sérieux, le plus important est dans l’innovation, la recherche, l’investissement et le financement. A-t-on véritablement réfléchi à ce que serait notre industrie de demain, une industrie qui sortirait enfin de l’imitation/sous-traitance pour basculer vers une industrie d’innovation/création ?
 

4/ L’agriculture. Le Maroc devra-t-il toujours attendre la pluie pour afficher le sourire ? Devrons-nous rester encore longtemps sur la logique de la prière pour la pluie ? Depuis la politique des barrages, rien de global n’a réellement été fait pour l’agriculture, hormis peut-être le perfectible Plan Maroc Vert… Le Maroc utile n’aurait-il donc été utile qu’avant 1956 ?...
 

Il existe bien d’autres domaines d’activité ou de catégories de populations auxquels il importe de réfléchir pour assurer la rupture avec la situation antérieure, pour garantir une véritable sortie de crise et éviter une funeste sortie de piste. Et puisque la classe politique semble inapte à faire œuvre pie, elle serait avantageusement inspirée de s’approcher de la société qui, elle, peut soumettre des idées, élaborer des propositions, chiffrer des politiques… de manière désintéressée.
 

Le modèle de développement répondra très certainement à ces questionnements, puis ses membres auront fini leur mission, sans aucune assurance de voir les politiques entamer la leur. Nous retomberons alors dans la même problématique de la mise en œuvre. Mais là, sur la politique et son efficacité/efficience, nous nous retrouvons en terrain connu…
 

Publié par Aziz Boucetta sur https://panorapost.com  








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