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TRÉSOR ET CRIME DE SANG




Le vrai du faux 

 

Il semble que Le registre romanesque, perçu comme  vieillerie des temps reculés, à présent défraichis, se démène pour s’improviser une case dans le réel. Si ce constat emprunte de ces sinuosités du langage, ce n’est autre  que pour relever cette répulsion naturelle entre le réel et l’imaginaire. Deux essences hétérogènes qui s’excluent de facto, car ce qui est réel ne peut être irréel, et vice-versa.  

Si ce préambule aux empreintes philosophiques est posé comme édifice, comme aiguillon de notre article, c’est que, sans doute, serions-nous amenés, et plus d’une fois,  à jauger la véracité de ses éléments. Jauger est un verbe utilisé à juste titre, car, loin de nous le manichéisme qui n’a que deux extrêmes à nous offrir, peut-être serait-il à propos d’élargir le spectre des artifices comme celui des vérités.

Par-delà le mal

 

En ces temps indécis, où la COVID-19 sévit dans les entrailles de nos villes, nous faisons état d’un appétit, si ce n’est vorace, du moins prononcé, pour les supposés trésors cachés dans l’intimité de  nos terres. Peut-être pouvons-nous émettre une hypothèse, et dire que si véhémence il y a, si telle obsession s’éprend des traceurs du trésor, surtout  en ces temps atypiques, c’est que le réel, quasi-paralysé, n’est plus à même de fournir un pain quotidien qui se respecte. N’est-ce pas qu’un ventre affamé n’a point d’oreille ? 

  Ou bien qu’adoubés, dans leur oisiveté, par le gain facile, de plus, empoché d’une manière quasi-mystique, ce qui pourrait interpeller leur snobisme, ou leur sentiment d’être dans le secret des dieux, ne voient-ils  d’aventure que celle de retourner la terre dans ses tripes pour dénicher la fortune qui vaille. Mais malheureusement, ça ne s’arrête pas là.

Par-delà toute convoitise, toute initiation mystique, tout vol, et recel  d’objets qui légalement reviennent à l’État, par-delà tout,  nous assistons ahuris à des crimes de sang dont font l’objet des enfants innocents. À l’exemple de la petite Naïma de 6 ans. Une fille originaire de Zagora, et qui dut être sacrifiée, dans une quelconque dimension ésotérique, obscurantiste, pour étancher la soif immorale de quelques individus appâtés par  les biens d’ici-bas. 

 

Un réseau défini

 

L’obsession de ces chercheurs du trésor est imparable. Ceux-ci sillonnent le pays, inlassables et coriaces, pour d’abord situer le butin. C’est souvent dans les régions désertiques, ou les anciennes colonies romaines, ou encore, et plus en avant dans l’histoire, de ces lieux habités par les juifs, nous dit-on, que ceux-ci partent à la quête de ce qui d’abord serait un intermédiaire. Lequel intermédiaire serait détenteur d’un dit parchemin. Un parchemin, réceptacle de dessins cryptés, d’écritures ésotériques. Ce parchemin donc, et selon le témoin qui nous éclaira sur la chose, porterait le nom, si tant est que la traduction est fidèle à son objet, de   « indication ».  Une indication sans clé, pur charabia pour un profane, et qui requérait   le savoir  d’un décrypteur initié. C’est dire, que l’entreprise est bien réglée,  et que  forcer sa bêche partout comme un demeuré pour mettre la main sur l’invisible serait pure déraison .

Ce serait sauter une étape clé  que d’ accourir d’affilée chez ce dit  décrypteur, car encore faut-il s’assurer que ce parchemin n’ait été manipulé auparavant,  que le secret qu’il renferme  n’ait été débouclé  par un rival. À écouter notre interlocuteur, on croirait visualiser un registre où seraient énumérés de ces  parchemins obsolètes. Aussi penserait-on à une chaine de valeur qui, pour son fonctionnement, devrait valider un nombre d’étapes prédéfinies. Pour ceux qui seraient limités, sans prise aucune sur ce fameux registre,  incapables de décider de la validité du parchemin, leur reste l’unique option de se rendre sur place, de vérifier la chose d’eux même. 

 

 Science et mystique

 

 Et là nous avons affaire à deux écoles. D’un côté des adeptes de la technique, terre à terre, qui ne s’embrouillent pas de mysticisme et de ces méandres du monde invisible. Ceux-là, munis d’un simple détecteur de métal doublé d’espoir, se destinent vers ce coin de terre qu’ils espèrent intact. Car pourrions-nous seulement  concevoir  leurs déceptions quand ces derniers, et le mot est à sa place, se retrouvent face à un trou béant, ou une terre fraichement retournée, chose qui fait refluer tout leur capital  d’excitation.

Puis, nous en avons d’autres, ces adeptes de la  transcendance, de ces habitués du monde suprasensible, et qui ne jureraient que par ces supposés démons gardiens du trésor. Pour cette catégorie-là, non seulement ne suffirait-il pas d’être muni d’une « indication valide », mais recommandation est faite de  ne point approcher  ces lieux gardés, sous peine d’être mis à mal. Une approche qui nécessiterait   l’appui d’un intercesseur, une sorte de médium, à même de communiquer avec les esprits, bouclier du trésor immémorial, comme pour désenchanter les lieux, et s’approprier en toute sécurité le dit trésor. 

 

Et le sang a coulé 

 

Ces dits « Fqihs » pour certains, purs charlatans pour d’autres, une fois sur place, rendraient le culte qui sied à ces êtres qui prolifèrent dans cet univers parallèle,  recevraient par-là leurs conditions pour ainsi lever tout blocage. Moult témoignages affairant au rapt de certains enfants ou même d’adultes, ayant été utilisé à des fins sorciers, ont abondé ces derniers temps. 

notre interlocuteur a daigné nous expliquer en toutes nuances  ce phénomène ahurissant. D’abord, dit-il, cet intercesseur, à même de délier la langue de ces êtres souterrain, dépendrait lui-même d’un type particulier de personne pour établir le contact. Appelés les « Zouhris », ces derniers auraient reçu des marques sacrées, reconnaissables de visu, et seraient facilement habitables de par ces êtres aériens. Lesquels êtres parleraient de leurs bouches. 

Des marques telles une ligne droite tracée sur la paume de la main, ou celle, encore moins visible, et qui traverserait le long d’un crâne, le long d’une langue , ou encore des yeux qui louchent. Ceci-dit,  l’on ne serait pas, toujours selon notre Interlocuteur, à l’abri d’un débordement qui pourrait déboucher sur un versement  de sang. Car il arriverait que le supposé être maléfique demanderait le sang sacrificiel d’un enfant  ayant reçu l’une des marques   précitées.

Dans un élan d’immoralisme, de convoitise, de dévotion pour le monde des ténèbres, l’intercesseur et ses acolytes n’hésiteraient pas à couler le sang d’un innocent pour déloger ce dernier obstacle qui les séparerait de ce bien matériel.

 

Hicham Aboumerrouane  









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