Cette montée en puissance intervient après le lancement du GST de Tanger et Régions, présenté comme une expérience pilote.
Pourtant, de nombreux observateurs et spécialistes de la santé publique estiment que cette première expérimentation n'a pas encore permis de dégager des enseignements suffisamment visibles sur les plans de la gouvernance, de la performance hospitalière ou de l'amélioration de l'accès aux soins.
Le choix d'un déploiement progressif n'est sans doute pas le fruit du hasard.
Il répond vraisemblablement à une double logique : sécuriser une réforme d'une ampleur inédite tout en laissant la porte ouverte à une éventuelle évolution du découpage territorial du Royaume.
La réflexion engagée sur un possible passage de douze à neuf régions pourrait, en effet, avoir des conséquences directes sur l'organisation future des Groupements Sanitaires Territoriaux.
Mais au-delà du calendrier, plusieurs transformations profondes apparaissent déjà.
La première est institutionnelle. Avec les GST, une page de l'histoire hospitalière marocaine se tourne. Les anciennes directions des Centres Hospitaliers Universitaires cessent d'être les structures de gouvernance qui administraient les hôpitaux universitaires. Le cas du CHU Ibn Sina est emblématique.
Depuis 1988, une direction unique coiffait dix établissements hospitaliers universitaires, disposait d'un conseil de gestion et d'un conseil d'administration. Cette architecture administrative appartient désormais au passé.
Les hôpitaux universitaires sont intégrés dans une gouvernance territoriale unique où l'ensemble des structures publiques de santé relèvent désormais du Groupement Sanitaire Territorial.
La réflexion engagée sur un possible passage de douze à neuf régions pourrait, en effet, avoir des conséquences directes sur l'organisation future des Groupements Sanitaires Territoriaux.
Mais au-delà du calendrier, plusieurs transformations profondes apparaissent déjà.
La première est institutionnelle. Avec les GST, une page de l'histoire hospitalière marocaine se tourne. Les anciennes directions des Centres Hospitaliers Universitaires cessent d'être les structures de gouvernance qui administraient les hôpitaux universitaires. Le cas du CHU Ibn Sina est emblématique.
Depuis 1988, une direction unique coiffait dix établissements hospitaliers universitaires, disposait d'un conseil de gestion et d'un conseil d'administration. Cette architecture administrative appartient désormais au passé.
Les hôpitaux universitaires sont intégrés dans une gouvernance territoriale unique où l'ensemble des structures publiques de santé relèvent désormais du Groupement Sanitaire Territorial.
Ce changement est loin d'être simplement administratif.
Il traduit une nouvelle philosophie de l'action publique : celle d'une organisation fondée sur le territoire plutôt que sur les établissements.
Deuxième enseignement : l'intitulé même de Groupement Sanitaire Territorial dépasse largement la seule dimension sanitaire.
Il implique une responsabilité collective de l'ensemble des acteurs régionaux. Les conseils régionaux, les wilayas, les collectivités territoriales, les universités, le secteur privé, les associations et toutes les forces vives sont appelés à devenir des partenaires de la politique de santé.
La santé cesse progressivement d'être l'affaire exclusive du ministère pour devenir un véritable projet territorial. Troisième évolution, probablement la plus attendue : l'autonomie de gestion.
L'esprit même des GST repose sur une plus grande souplesse administrative et financière. Cette autonomie devrait permettre d'attirer les meilleurs profils, de mettre en place une gestion plus moderne des ressources humaines et d'offrir des mécanismes de motivation adaptés aux besoins de chaque région.
Si cette autonomie est réellement mise en œuvre, un changement de paradigme s'imposera. Les arguments traditionnellement avancés pour expliquer les dysfonctionnements — manque de ressources humaines, lourdeurs administratives ou insuffisance des moyens financiers — perdront progressivement leur pertinence.
Les citoyens jugeront désormais les GST sur leurs résultats, leur capacité d'innovation et leur efficacité.
Deuxième enseignement : l'intitulé même de Groupement Sanitaire Territorial dépasse largement la seule dimension sanitaire.
Il implique une responsabilité collective de l'ensemble des acteurs régionaux. Les conseils régionaux, les wilayas, les collectivités territoriales, les universités, le secteur privé, les associations et toutes les forces vives sont appelés à devenir des partenaires de la politique de santé.
La santé cesse progressivement d'être l'affaire exclusive du ministère pour devenir un véritable projet territorial. Troisième évolution, probablement la plus attendue : l'autonomie de gestion.
L'esprit même des GST repose sur une plus grande souplesse administrative et financière. Cette autonomie devrait permettre d'attirer les meilleurs profils, de mettre en place une gestion plus moderne des ressources humaines et d'offrir des mécanismes de motivation adaptés aux besoins de chaque région.
Si cette autonomie est réellement mise en œuvre, un changement de paradigme s'imposera. Les arguments traditionnellement avancés pour expliquer les dysfonctionnements — manque de ressources humaines, lourdeurs administratives ou insuffisance des moyens financiers — perdront progressivement leur pertinence.
Les citoyens jugeront désormais les GST sur leurs résultats, leur capacité d'innovation et leur efficacité.
Enfin, deux nominations revêtent une portée symbolique qui dépasse largement le domaine de la santé.
La désignation d'un professeur de médecine originaire du Sahara marocain, après une longue carrière exercée dans la capitale, à la tête du GST de Laâyoune constitue un signal fort en faveur de la régionalisation avancée.
Elle traduit la volonté de confier le développement sanitaire des territoires à des compétences profondément attachées à leur région d'origine.
De la même manière, la nomination d'un médecin militaire à la direction du GST d'Agadir envoie un autre message stratégique.
Elle confirme que la médecine militaire marocaine, forte de son expertise organisationnelle, de sa capacité de gestion des crises et de son excellence opérationnelle, est désormais pleinement reconnue comme l'une des composantes du système national de santé.
Ces deux choix illustrent une conception élargie de la gouvernance sanitaire où les compétences, les territoires et les institutions convergent au service d'un même objectif.
Autre constatation le GST de Rabat et Régions a sa tête un professeur de médecine, ancien doyen de la faculté de médecine, maîtrisant les techniques pédagogiques managériales qu’il va pouvoir appliquée à la gestion du groupement sanitaire territorial.
La véritable réussite des Groupements Sanitaires Territoriaux ne se mesurera toutefois ni au nombre de structures créées ni aux textes réglementaires publiés. Elle dépendra de leur capacité à produire une gouvernance plus réactive, à améliorer concrètement la qualité des soins, à réduire les inégalités territoriales et à restaurer la confiance des citoyens dans leur système de santé.
Elle traduit la volonté de confier le développement sanitaire des territoires à des compétences profondément attachées à leur région d'origine.
De la même manière, la nomination d'un médecin militaire à la direction du GST d'Agadir envoie un autre message stratégique.
Elle confirme que la médecine militaire marocaine, forte de son expertise organisationnelle, de sa capacité de gestion des crises et de son excellence opérationnelle, est désormais pleinement reconnue comme l'une des composantes du système national de santé.
Ces deux choix illustrent une conception élargie de la gouvernance sanitaire où les compétences, les territoires et les institutions convergent au service d'un même objectif.
Autre constatation le GST de Rabat et Régions a sa tête un professeur de médecine, ancien doyen de la faculté de médecine, maîtrisant les techniques pédagogiques managériales qu’il va pouvoir appliquée à la gestion du groupement sanitaire territorial.
La véritable réussite des Groupements Sanitaires Territoriaux ne se mesurera toutefois ni au nombre de structures créées ni aux textes réglementaires publiés. Elle dépendra de leur capacité à produire une gouvernance plus réactive, à améliorer concrètement la qualité des soins, à réduire les inégalités territoriales et à restaurer la confiance des citoyens dans leur système de santé.
Le lancement simultané de Rabat, Agadir et Laâyoune ouvre ainsi une nouvelle séquence de la réforme.
Une séquence où l'État ne sera plus seulement jugé sur sa capacité à réorganiser l'administration, mais sur son aptitude à démontrer que la régionalisation de la santé peut devenir un véritable levier de développement, de cohésion territoriale et de souveraineté sanitaire.












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