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Violence numérique : 43% sur Whats App et 22% sur Facebook


Rapport 2020 de l’ATEC

Smartphones, internet et autres outils technologiques ont ouvert l’accès à des libertés qui se soldent, parfois, par des drames sociaux, surtout pour les femmes.
Cette ouverture numérique donne état et se traduit par de nouvelles expressions de violence, via des photos et vidéos, lancés sur les réseaux sociaux et applications numériques.



Dans le cadre du projet « Stop à la violence numérique 2020-2021 », l’association Attahaddi  pour l’Egalité et la Citoyenneté(ATEC) a réalisé  une étude de cas de violence numérique fondée sur le genre, traités par l’ONG.

En plus de l’état des lieux de la réglementation marocaine, l’ATEC a fait aussi le benchmark des bonnes pratiques internationales. Elle a relevé, en parallèle, les données socioculturelles des victimes et des auteurs de violence numérique.

L’association a pour objectif la construction d’une société démocratique  moderne qui « baigne » dans des valeurs telles que les libertés, l’égalité et la citoyenneté.

L’étude s’est basée sur les femmes accueillies par les centres de l’association attahaddi (défis) : Centre Attahaddi de Derb Ghellef et Centre Lalla Taja de Hay Al Hassani. Elle s’est concentrée aussi sur les cas traités par ses unités mobiles, au niveau des institutions scolaires et centres de formation professionnelle de Casablanca.
 
Statistiques similaires

Selon le HCP, 15 millions de femmes au Maroc sont victimes de violence numérique à travers les e-mails.

Une étude élaborée par l’organisation MRA a révélé que plus de 50% des utilisatrices d’internet ont subi, au moins une fois dans leur vie, cette forme de violence, mais à connotation sexuelle. Et pourtant, seulement 10% déclarent cet  état aux autorités.
 
Résultats  de l’ATEC : seulement 34% des victimes portent plainte auprès des autorités

Les cas « audités » sont de tout âge. Le niveau d’instruction des victimes révèle que 34% sont des élèves et 27% sont des étudiantes.

De façon plus précise, il s’agit de lycéennes à 23%, d’universitaires à 23%, de techniciennes de la formation professionnelle représentées à 20%, 17% sont au collège et 16% au primaire.

L’outil qui induit le plus cette violence numérique reste Whats App : 43%, suivi de  Facebook : 22%, Instagram : 17% et Messenger : 14%.

Cette violence a poussé 87% des victimes à penser à donner un terme à leur vie et 20% ont réellement essayé de se suicider.

Les répercussions sur la santé mentale sont fâcheuses, vacillant entre dépression, victimisation et angoisse. Outre la violence physique (viol, blessures), les répercussions sociales (isolement, privation  sociale et familiale) et économiques (perte d’emploi et d’habitat) sont regrettables.

60% des auteurs de violence sont des connaissances de la victime, un taux assez représentatif qui montre que l’espace numérique peut constituer un outil de vengeance envers les femmes.

Aussi, 40% des agresseurs sont des inconnus, 29% font partie des amis intimes, 8% sont de la famille, pour 6% c’est le mari qui est l’auteur de la violence…

Avec tous ces taux qui augmentent, seules 34% des victimes portent plainte auprès des autorités (26% à la Présidence du Ministère public, 7% à la police), à quelqu’un de la famille (21%) ou à un ami (11%).

66% des femmes victimes de violence numérique restent bouche cousue.

Elles culpabilisent et « se jettent » la responsabilité de ce qui s’est passé, par peur de l’espace familial, par peur de menaces de la part de l’agresseur ou par ignorance des législations.
 
Recommandations : Besoin de mesures préventives, protectrices et punitives

Lors de la conférence de presse organisée pour divulguer les résultats de l’étude, les intervenants ont insisté pour que la violence numérique soit « reconnue » comme toute autre forme de violence.

Ils ont aussi exigé à ce que les autorités mettent en œuvre des mesures préventives et protectrices des victimes, et punitives envers les agresseurs.

Il y a toujours un manque pour ce qui est de stratégies globales, à même d’en finir  avec  cette violence, et qui peuvent, par la même occasion, fournir des services multidisciplinaires gratuits aux victimes, au niveau régional.

Une lecture dans les législations qui ont trait à ce type de violence, en particulier, la loi 103-13 sur les violences faites aux femmes, révèle lacunes et faiblesses.

Côté juridique, les textes de loi relatifs à la criminalisation de la violence numérique sont faibles et vont à l’encontre de la préservation de la dignité des victimes.
Toujours dans ce volet, l’appel a été lancé pour la simplification des procédures juridiques et celles liées au droit de se plaindre de la violence numérique. Un droit pour lequel un portail électronique a été sollicité, en plus de  la mise à jour des textes juridiques, régissant la question de la violence à travers les systèmes d'information et les développements technologiques, comme de part  le monde.
 
D’autres recommandations ont été dirigées vers les sociétés œuvrant dans l’espace numérique

 Les entreprises de télécommunications sont invitées à prendre des mesures efficaces pour protéger les femmes de la violence numérique et des communications, par le biais de contrats entre l'entreprise et les clients.

Aussi, il leur a été recommandé de légaliser l'accès aux plateformes en ligne et de sensibiliser sur les clauses du contrat, entre l'utilisateur et les plateformes, pour se prémunir contre la violence numérique.





Journaliste professionnelle. 30 ans d'expérience à L'Opinion. Actuellement journaliste à Radio Web... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 15 Décembre 2020

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