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​Carburants au Maroc : ce que révèle vraiment la note du Conseil de la concurrence


Rédigé par La rédaction le Jeudi 2 Avril 2026

La hausse des prix à la pompe n’est pas seulement une affaire de baril. C’est aussi une question de transmission, de méthode et, au fond, de transparence. En publiant une nouvelle note sur l’évolution des prix du gasoil et de l’essence au Maroc entre le 1er et le 16 mars 2026, le Conseil de la concurrence remet au centre du débat un sujet devenu hautement sensible : la manière dont les fluctuations internationales se répercutent, ou non, sur le portefeuille des automobilistes marocains.



Le constat de départ est connu, mais il mérite d’être rappelé. Depuis plusieurs semaines, les marchés énergétiques évoluent dans un climat de forte nervosité, alimenté par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et par les incertitudes sur l’approvisionnement. Pour un pays importateur comme le Maroc, cette exposition est directe. Quand les cours des produits raffinés grimpent sur les marchés de référence, les opérateurs nationaux voient mécaniquement leurs coûts d’achat augmenter. Encore faut-il observer comment cette hausse est ensuite répercutée sur le marché intérieur. C’est précisément ce qu’a cherché à mesurer le Conseil, en auditionnant les principaux acteurs de la distribution.

La note met ainsi en évidence une transmission différenciée selon les produits :

Pour le gasoil, la hausse des cotations internationales a atteint 2,92 dirhams par litre sur la période étudiée, alors que l’augmentation des prix à la pompe s’est limitée à 2,03 dirhams par litre. Autrement dit, la répercussion n’a été que partielle, avec un écart de 0,89 dirham par litre et un taux de transmission estimé à 69,5 %.

À l’inverse, pour l’essence, la hausse observée à la pompe a dépassé celle des marchés internationaux : +1,43 dirham par litre au détail contre +1,26 dirham sur les cotations CIF, soit un différentiel de +0,17 dirham. Ce simple écart suffit à rouvrir une vieille interrogation publique : pourquoi tous les produits pétroliers ne suivent-ils pas la même logique de répercussion ?

Le Conseil ne conclut pas à une mécanique uniforme ni à une anomalie globale unique. Il relève au contraire une certaine hétérogénéité entre opérateurs. Les prix de cession appliqués aux gérants de stations-service présentent ainsi des écarts pouvant atteindre 0,20 dirham par litre pour le gasoil, soit environ 10 % de la hausse moyenne constatée.

En clair, en amont, tous les distributeurs ne bougent pas exactement au même rythme ni avec la même intensité. Mais cette diversité tend ensuite à se resserrer au niveau du détail. Sur le terrain, la concurrence locale pousse les stations-service à ajuster leurs prix en fonction de leur environnement immédiat, ce qui produit une forme de rapprochement tarifaire entre points de vente voisins.

C’est l’un des enseignements les plus intéressants de cette note : le marché marocain des carburants n’apparaît ni totalement figé ni totalement fluide. Il fonctionne avec des ajustements qui gardent la trace d’anciennes habitudes. Le calendrier de révision des prix, fixé de fait autour du 1er et du 16 de chaque mois, en est l’exemple le plus parlant.

Selon les échanges menés par le Conseil avec les opérateurs, cette périodicité est un héritage de l’ancienne réglementation, maintenu après la libéralisation. Elle repose encore largement sur une formule de pricing indexée sur la moyenne arithmétique des cotations de la quinzaine précédente. Cette pratique offre une certaine stabilité et une meilleure lisibilité aux acteurs du secteur, mais elle peut aussi favoriser des ajustements de prix qui se ressemblent beaucoup d’un opérateur à l’autre.

C’est pourquoi le Conseil de la concurrence annonce vouloir poursuivre ses discussions avec les professionnels afin d’examiner une éventuelle évolution de ce mécanisme. L’enjeu n’est pas mineur. Il s’agit de savoir si le marché marocain des carburants peut gagner en intensité concurrentielle sans mettre en péril la sécurité d’approvisionnement ni la stabilité du secteur. La question est hautement politique autant qu’économique, car chaque hausse à la pompe ravive le sentiment, chez une partie de l’opinion, que les règles du jeu restent opaques.

En filigrane, cette note ne tranche pas définitivement le débat sur les carburants, mais elle apporte un élément essentiel : les répercussions ne sont ni automatiques ni identiques selon les produits. Entre logique internationale, stratégies commerciales et inerties héritées de l’ancien système, le prix affiché à la pompe reste le résultat d’un assemblage plus complexe qu’il n’y paraît. Et c’est précisément cette complexité, longtemps laissée dans l’ombre, que le Conseil tente désormais de documenter publiquement.





Jeudi 2 Avril 2026

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