Trois initiatives cristallisent cette ambition dans le cadre de cette édition : Morocco 300, Morocco Accelerator et The Pulse
Trois initiatives cristallisent cette ambition dans le cadre de cette édition : Morocco 300, la deuxième cohorte du Morocco Accelerator et le lancement de The Pulse, présentée comme la première plateforme intégrée de données centralisées et régulièrement mises à jour sur l’écosystème startup marocain. Ensemble, ces trois dispositifs dessinent une stratégie plus cohérente qu’il n’y paraît : d’un côté la visibilité, de l’autre l’accélération, et au centre la donnée.
Le dispositif est celui de Morocco 300. Le dispositif, porté dans le cadre de GITEX Africa, accompagne cette année 300 startups marocaines. Selon le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, cette montée en puissance représente une progression d’environ 50 % par rapport à l’édition précédente. La ministre Amal El Fallah Seghrouchni a également insisté sur l’élargissement de la représentation territoriale, tandis que d’autres comptes rendus de presse indiquent que ces startups proviennent de 31 secteurs et de 32 villes du Royaume. Les entreprises retenues bénéficient d’une prise en charge de 95 % des frais de participation, avec stand subventionné, bootcamps avec investisseurs internationaux et accès au Supernova Challenge doté de 100 000 dollars.
Derrière l’effet vitrine, Morocco 300 remplit en réalité une fonction plus stratégique. Le programme cherche à transformer GITEX en rampe d’accès vers les investisseurs, les partenaires commerciaux et les marchés africains et internationaux. Le pari est clair : dans un écosystème encore jeune, la visibilité seule ne suffit pas, mais elle reste une condition d’entrée. Le fait que l’État soutienne aussi fortement le coût d’accès montre que le Maroc considère désormais l’exposition internationale de ses startups comme une politique publique, et non plus comme une aventure laissée aux seules capacités financières des fondateurs.
Le deuxième étage de cette stratégie est le Morocco Accelerator, dont la deuxième cohorte a été lancée le 6 avril 2026 à Casablanca par le ministère, en partenariat avec Technopark Morocco et Plug and Play. Le programme se veut structurant : il vise à accélérer la croissance de startups à fort potentiel, faciliter leur passage à l’échelle et renforcer leur intégration dans les réseaux internationaux d’innovation et d’investissement. La promotion 2026 compte 19 startups, issues notamment de la fintech, de l’IA et de la data, de la santé numérique, de l’agritech, de la robotique, de la mobilité, de la retailtech et de la logistique. Parmi les noms cités figurent Afdal, Aress, Arwa Solutions, Bespoke AI, Courtee, Gomobile, idyl.ma, Medivue, Millenium Connect, NESTPRO, NetForge, Notus, Payvaa, RAFID TECH, Redia Maroc, Repartrust Technologies, Sanadii, Vioo et Yzilog.
Ce programme est important pour une raison simple : il déplace le centre de gravité du débat. Pendant des années, beaucoup d’écosystèmes ont célébré le nombre de startups créées. Le vrai sujet est pourtant ailleurs : combien peuvent signer avec de grands clients, lever des fonds, s’implanter hors du marché local ou franchir le mur critique de l’industrialisation ? En s’adossant à Plug and Play, réseau international d’innovation, le Morocco Accelerator tente précisément d’introduire ce chaînon souvent manquant entre la promesse locale et la traction globale. Plug and Play présente d’ailleurs son programme marocain comme un accélérateur equity-free destiné à faire émerger les entreprises qui “façonneront le futur”.
Le troisième initiative, sans doute moins spectaculaire mais potentiellement plus structurant à moyen terme, est le lancement de The Pulse. L’UM6P Africa Business School a annoncé le 6 avril 2026 le lancement officiel de cette plateforme, décrite par plusieurs sources comme la première plateforme intégrée de données centralisées et dynamiques sur l’écosystème startup marocain. Sur son propre site, The Pulse se définit comme la plateforme analytique de référence de l’écosystème startup au Maroc, avec des tableaux de bord et des données en temps réel sur les financements, les secteurs et les trajectoires de croissance. Elle est développée par le Center of Entrepreneurship de l’UM6P Africa Business School et a été co-conçue avec plusieurs partenaires institutionnels, parmi lesquels le ministère de la Transition numérique, Tamwilcom, l’OMTPME, l’AMIC et MESC.
L’intérêt de The Pulse est moins symbolique qu’il n’y paraît. Dans un écosystème émergent, le manque de données fiables crée de l’opacité : on parle beaucoup des startups, mais on sait encore mal les compter, les comparer, qualifier le dealflow ou mesurer les trous dans la raquette sectorielle et territoriale. C’est précisément ce que résume Tarik Haddi, président de l’AMIC, en expliquant que The Pulse permet à l’écosystème “de se compter, de se rendre visible et de mieux se comprendre”, tout en réduisant l’asymétrie d’information pour les investisseurs. La plateforme annonce en outre un suivi en temps réel des startups, des levées de fonds, des investisseurs et des tendances par secteurs et régions, ainsi qu’une cartographie interactive des connexions entre acteurs.
Pris séparément, ces trois initiatives pourraient sembler relever de registres différents. En réalité, ils s’emboîtent. Morocco 300 donne de la visibilité. Morocco Accelerator travaille la profondeur et la montée en maturité. The Pulse apporte la couche d’intelligence collective et de lisibilité dont tout écosystème a besoin pour attirer du capital et corriger ses angles morts. C’est cette articulation qui mérite d’être observée à GITEX : le Maroc ne mise plus seulement sur l’image d’un hub numérique africain, il essaie de construire les briques concrètes d’un écosystème plus lisible, plus exportable et plus finançable.
Reste une question de fond. La multiplication des programmes, cohortes, plateformes et vitrines ne garantit pas automatiquement la naissance de futurs champions. Le test sera ailleurs : dans la capacité à transformer ces initiatives en chiffre d’affaires, en investissements réels, en internationalisation et en exits. Mais sur ce point, GITEX Africa 2026 marque malgré tout un tournant. Pour la première fois peut-être, le Maroc ne se contente plus de dire qu’il veut un écosystème startup fort. Il commence à lui donner une scène, un accélérateur et un tableau de bord.
Le dispositif est celui de Morocco 300. Le dispositif, porté dans le cadre de GITEX Africa, accompagne cette année 300 startups marocaines. Selon le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, cette montée en puissance représente une progression d’environ 50 % par rapport à l’édition précédente. La ministre Amal El Fallah Seghrouchni a également insisté sur l’élargissement de la représentation territoriale, tandis que d’autres comptes rendus de presse indiquent que ces startups proviennent de 31 secteurs et de 32 villes du Royaume. Les entreprises retenues bénéficient d’une prise en charge de 95 % des frais de participation, avec stand subventionné, bootcamps avec investisseurs internationaux et accès au Supernova Challenge doté de 100 000 dollars.
Derrière l’effet vitrine, Morocco 300 remplit en réalité une fonction plus stratégique. Le programme cherche à transformer GITEX en rampe d’accès vers les investisseurs, les partenaires commerciaux et les marchés africains et internationaux. Le pari est clair : dans un écosystème encore jeune, la visibilité seule ne suffit pas, mais elle reste une condition d’entrée. Le fait que l’État soutienne aussi fortement le coût d’accès montre que le Maroc considère désormais l’exposition internationale de ses startups comme une politique publique, et non plus comme une aventure laissée aux seules capacités financières des fondateurs.
Le deuxième étage de cette stratégie est le Morocco Accelerator, dont la deuxième cohorte a été lancée le 6 avril 2026 à Casablanca par le ministère, en partenariat avec Technopark Morocco et Plug and Play. Le programme se veut structurant : il vise à accélérer la croissance de startups à fort potentiel, faciliter leur passage à l’échelle et renforcer leur intégration dans les réseaux internationaux d’innovation et d’investissement. La promotion 2026 compte 19 startups, issues notamment de la fintech, de l’IA et de la data, de la santé numérique, de l’agritech, de la robotique, de la mobilité, de la retailtech et de la logistique. Parmi les noms cités figurent Afdal, Aress, Arwa Solutions, Bespoke AI, Courtee, Gomobile, idyl.ma, Medivue, Millenium Connect, NESTPRO, NetForge, Notus, Payvaa, RAFID TECH, Redia Maroc, Repartrust Technologies, Sanadii, Vioo et Yzilog.
Ce programme est important pour une raison simple : il déplace le centre de gravité du débat. Pendant des années, beaucoup d’écosystèmes ont célébré le nombre de startups créées. Le vrai sujet est pourtant ailleurs : combien peuvent signer avec de grands clients, lever des fonds, s’implanter hors du marché local ou franchir le mur critique de l’industrialisation ? En s’adossant à Plug and Play, réseau international d’innovation, le Morocco Accelerator tente précisément d’introduire ce chaînon souvent manquant entre la promesse locale et la traction globale. Plug and Play présente d’ailleurs son programme marocain comme un accélérateur equity-free destiné à faire émerger les entreprises qui “façonneront le futur”.
Le troisième initiative, sans doute moins spectaculaire mais potentiellement plus structurant à moyen terme, est le lancement de The Pulse. L’UM6P Africa Business School a annoncé le 6 avril 2026 le lancement officiel de cette plateforme, décrite par plusieurs sources comme la première plateforme intégrée de données centralisées et dynamiques sur l’écosystème startup marocain. Sur son propre site, The Pulse se définit comme la plateforme analytique de référence de l’écosystème startup au Maroc, avec des tableaux de bord et des données en temps réel sur les financements, les secteurs et les trajectoires de croissance. Elle est développée par le Center of Entrepreneurship de l’UM6P Africa Business School et a été co-conçue avec plusieurs partenaires institutionnels, parmi lesquels le ministère de la Transition numérique, Tamwilcom, l’OMTPME, l’AMIC et MESC.
L’intérêt de The Pulse est moins symbolique qu’il n’y paraît. Dans un écosystème émergent, le manque de données fiables crée de l’opacité : on parle beaucoup des startups, mais on sait encore mal les compter, les comparer, qualifier le dealflow ou mesurer les trous dans la raquette sectorielle et territoriale. C’est précisément ce que résume Tarik Haddi, président de l’AMIC, en expliquant que The Pulse permet à l’écosystème “de se compter, de se rendre visible et de mieux se comprendre”, tout en réduisant l’asymétrie d’information pour les investisseurs. La plateforme annonce en outre un suivi en temps réel des startups, des levées de fonds, des investisseurs et des tendances par secteurs et régions, ainsi qu’une cartographie interactive des connexions entre acteurs.
Pris séparément, ces trois initiatives pourraient sembler relever de registres différents. En réalité, ils s’emboîtent. Morocco 300 donne de la visibilité. Morocco Accelerator travaille la profondeur et la montée en maturité. The Pulse apporte la couche d’intelligence collective et de lisibilité dont tout écosystème a besoin pour attirer du capital et corriger ses angles morts. C’est cette articulation qui mérite d’être observée à GITEX : le Maroc ne mise plus seulement sur l’image d’un hub numérique africain, il essaie de construire les briques concrètes d’un écosystème plus lisible, plus exportable et plus finançable.
Reste une question de fond. La multiplication des programmes, cohortes, plateformes et vitrines ne garantit pas automatiquement la naissance de futurs champions. Le test sera ailleurs : dans la capacité à transformer ces initiatives en chiffre d’affaires, en investissements réels, en internationalisation et en exits. Mais sur ce point, GITEX Africa 2026 marque malgré tout un tournant. Pour la première fois peut-être, le Maroc ne se contente plus de dire qu’il veut un écosystème startup fort. Il commence à lui donner une scène, un accélérateur et un tableau de bord.












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