Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun
Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun
Ormuz fermé,
Ormuz entrouvert comme une paupière blessée,
et le monde entier retient sa marée.
Ormuz ce matin,
Ormoz ce soir,
une carte, un détroit, un goulet, un pouvoir,
et soudain la planète apprend à trembler dans le noir.
Ormuz pour tous,
Ormuz pour quelques-uns,
passage autorisé pour les puissants, verrouillé pour les communs,
et le droit du commerce se négocie au bout d’un canon brun.
Semi-ouvert, dit-on,
semi-fermé, répond-on,
mais entre les deux il y a les cargaisons, les primes, les tensions,
et les traders qui lisent la guerre comme d’autres lisent les saisons.
Ormuzera bien, qui ormuzera le dernier,
entre détroit verrouillé et commerce à genoux plié.
Ouvert, fermé, entrouvert sous la fumée,
le monde spécule pendant que la mer paraît juger.
Ormuzera bien, qui ormuzera le dernier,
quand le Brent s’affole et que les bourses cessent de nier.
Dans le grand théâtre où l’ordre semble chavirer,
c’est parfois le plus fragile qui fait l’empire vaciller.
Suspense sur les écrans,
suspense sur les courbes,
les bourses mondiales vacillent sous des chiffres qui se courbent,
et chaque pourcentage devient une secousse qui absorbe.
Le Brent monte,
le Brent hésite,
à Rotterdam on surveille la peur comme une météorite,
car le pétrole n’est jamais un liquide : c’est une politique.
Un navire avance,
un autre attend,
les assurances réécrivent leurs contrats en serrant les dents,
et les ports du monde entier comptent leurs nerfs et leur temps.
Les analystes parlent,
les experts commentent,
ils disent corridor, flux, risque systémique, marchés prudents,
mais au fond ils décrivent la vieille panique avec des mots savants.
Ormuzera bien, qui ormuzera le dernier,
entre détroit verrouillé et commerce à genoux plié.
Ouvert, fermé, entrouvert sous la fumée,
le monde spécule pendant que la mer paraît juger.
Ormuzera bien, qui ormuzera le dernier,
quand le Brent s’affole et que les bourses cessent de nier.
Dans le grand théâtre où l’ordre semble chavirer,
c’est parfois le plus fragile qui fait l’empire vaciller.
Ormuz n’est plus un lieu,
c’est un verbe mondial,
un mot qui ferme les usines, allume l’inflation brutale,
et fait du simple passage d’eau une menace générale.
Alors Ormuz ouvert,
Ormuz fermé,
Ormuz pour rire, Ormuz pour régner, Ormuz pour spéculer,
et le dernier qui parie sur le calme pourra peut-être tout perdre… ou tout gagner.
Ormuzera bien, qui ormuzera le dernier,
entre détroit verrouillé et commerce à genoux plié.
Ouvert, fermé, entrouvert sous la fumée,
le monde spécule pendant que la mer paraît juger.
Ormuzera bien, qui ormuzera le dernier,
quand le Brent s’affole et que les bourses cessent de nier.
Dans le grand théâtre où l’ordre semble chavirer,
c’est parfois le plus fragile qui fait l’empire vaciller.












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