L'ODJ Média

lodj






Les Cahiers de Wald Maâlam

Ce que ce trimestre nous a vraiment appris sur l’intelligence artificielle.


Par Dr Az-Eddine Bennani.

Ce premier trimestre aura été celui des certitudes proclamées. L’intelligence artificielle serait partout, incontournable, décisive. Elle écrirait, déciderait, diagnostiquerait, gouvernerait presque.

Les discours se sont accélérés, les annonces se sont multipliées, les infrastructures se sont promises. Et pourtant, à mesure que le bruit augmentait, une question simple s’imposait : de quoi parle-t-on réellement lorsque l’on parle d’intelligence artificielle ?



Ce trimestre nous a d’abord appris une chose essentielle :

Ce que l’on appelle intelligence artificielle n’est pas une intelligence.

Ce sont des systèmes capables de produire des réponses plausibles à partir de masses de données, mais sans intention, sans conscience, sans compréhension du monde. Ils parlent, mais ne savent pas. Ils calculent, mais ne pensent pas.

L’illusion est puissante parce qu’elle est bien mise en scène.

Mais elle reste une illusion. Dans le même temps, le Maroc, à l’image de nombreux pays, a engagé ou poursuivi des investissements importants dans les infrastructures numériques : data centers, partenariats technologiques, plateformes.

Ces choix sont nécessaires. Ils traduisent une volonté de ne pas rester en marge. Mais ce trimestre nous a aussi rappelé que l’infrastructure ne fait pas la souveraineté. Héberger des données n’est pas penser.

Déployer des solutions n’est pas maîtriser leur logique.

Le risque est là, silencieux : confondre puissance technique et autonomie intellectuelle.

Car la véritable dépendance n’est pas seulement dans les machines que l’on utilise, mais dans les modèles de pensée que l’on adopte sans les interroger.

Une intelligence artificielle importée porte avec elle une manière de voir le monde, de hiérarchiser les priorités, de définir ce qui compte et ce qui ne compte pas.

Sans travail critique, cette manière de penser devient invisible — et donc dominante. C’est ici que Wald Maâlam entre en scène.

Le Maâlam ne s’émerveille pas devant une machine qui parle. Il écoute autrement. Il cherche l’intention derrière le geste, la compréhension derrière la parole.

Et face à ces systèmes, il perçoit immédiatement ce qui manque : la mémoire du geste.

Car dans l’atelier, rien n’est exécuté sans être compris, rien n’est reproduit sans être transmis, rien n’est accéléré au détriment du sens.

Ce trimestre nous a appris que l’intelligence artificielle, telle qu’elle est aujourd’hui déployée, est une intelligence sans mémoire du geste.

Elle reproduit sans avoir appris, elle assemble sans avoir vécu, elle propose sans avoir assumé. Et c’est précisément là que réside sa limite — et notre responsabilité.

Une intelligence sans Maâlam est une intelligence sans conscience. Revenir à cette évidence ne signifie pas rejeter la technologie.

Cela signifie la replacer à sa juste place. Et pour cela, une distinction fondamentale doit être réaffirmée. L’algorithme n’est pas un programme.

L’algorithme est une manière de penser, une logique de raisonnement, une façon de structurer le réel. Le programme, lui, n’est que la traduction de cette pensée en instructions exécutables.

Or, ce trimestre nous a montré que nous importons souvent des programmes sans interroger les algorithmes qui les sous-tendent.

Nous adoptons des solutions sans construire notre propre manière de penser les problèmes qu’elles prétendent résoudre. C’est là que se joue la véritable question de la souveraineté.

Ce qu’il ne faut pas sous-traiter, ce ne sont pas seulement les données ou les infrastructures. C’est la capacité à définir les questions, à structurer les raisonnements, à décider ce qui fait sens dans notre propre contexte.

Autrement dit, ce qu’il ne faut pas sous-traiter, c’est l’intelligence elle-même. Ce trimestre nous laisse donc avec une double leçon.

D’un côté, une accélération technologique indéniable, riche d’opportunités. De l’autre, une fragilité intellectuelle encore trop peu interrogée.

Entre les deux, un espace s’ouvre — celui d’une intelligence artificielle pensée, située, assumée.

Le Maroc ne doit pas seulement accueillir l’intelligence artificielle. Il doit apprendre à la penser.

Par Dr Az-Eddine Bennani.



Mardi 31 Mars 2026


Billet | Chroniqueurs invités | Experts invités | Quartier libre | Chroniques Vidéo | Replay vidéo & podcast outdoor | Podcast Agora


Bannière Réseaux Sociaux


Bannière Lodj DJ

Avertissement : Les textes publiés sous l’appellation « Quartier libre » ou « Chroniqueurs invités » ou “Coup de cœur” ou "Communiqué de presse" doivent être conformes à toutes les exigences mentionnées ci-dessous.

1-L’objectif de l’ODJ est de d’offrir un espace d’expression libre aux internautes en général et des confrères invités (avec leurs accords) sur des sujets de leur choix, pourvu que les textes présentés soient conformes à la charte de l’ODJ.

2-Cet espace est modéré  par les membres de la rédaction de lodj.ma, qui conjointement assureront la publication des tribunes et leur conformité à la charte de l’ODJ

3-L’ensemble des écrits publiés dans cette rubrique relève de l’entière responsabilité de leur(s) auteur(s).la rédaction de lodj.ma ne saurait être tenue responsable du contenu de ces tribunes.

4-Nous n’accepterons pas de publier des propos ayant un contenu diffamatoire, menaçant, abusif, obscène, ou tout autre contenu qui pourrait transgresser la loi.

5-Tout propos raciste, sexiste, ou portant atteinte à quelqu’un à cause de sa religion, son origine, son genre ou son orientation sexuelle ne sera pas retenu pour publication et sera refusé.

Toute forme de plagiat est également à proscrire.

 







LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html

















Vos contributions
LODJ Vidéo