Quand TikTok devient une porte d’entrée vers la culture
Pendant longtemps, les goûts culturels se construisaient autour de médias spécialisés, de critiques, de libraires, de chaînes de télévision, de radios ou simplement des recommandations de son entourage.
Aujourd’hui, une partie de ces découvertes passe par un écran beaucoup plus imprévisible : le fil TikTok.
La plateforme revendique désormais 1,2 milliard d’utilisateurs, dont environ 70 % appartiendraient à la génération Z. Son influence dépasse largement les vidéos humoristiques ou les challenges :
TikTok affirme lui-même avoir contribué à faire émerger des chansons, des micro-tendances et de véritables mouvements culturels.
Aujourd’hui, une partie de ces découvertes passe par un écran beaucoup plus imprévisible : le fil TikTok.
La plateforme revendique désormais 1,2 milliard d’utilisateurs, dont environ 70 % appartiendraient à la génération Z. Son influence dépasse largement les vidéos humoristiques ou les challenges :
TikTok affirme lui-même avoir contribué à faire émerger des chansons, des micro-tendances et de véritables mouvements culturels.
Le principe est simple : une vidéo attire l’attention, les utilisateurs réagissent, l’algorithme amplifie le contenu et, parfois, un phénomène culturel mondial apparaît en quelques jours.
Une chanson peut renaître dix ans après sa sortie :
L'un des exemples les plus parlants concerne la musique.
En septembre 2026, TikTok a désigné « The One That Got Away » de Katy Perry, sortie en 2011, comme sa chanson mondiale de l’été. Le morceau a été utilisé dans plus de 42 millions de vidéos et associé à plus de 55 milliards de vues sur la plateforme. Sa redécouverte par une nouvelle génération l’a également propulsé dans les classements internationaux.
L'un des exemples les plus parlants concerne la musique.
En septembre 2026, TikTok a désigné « The One That Got Away » de Katy Perry, sortie en 2011, comme sa chanson mondiale de l’été. Le morceau a été utilisé dans plus de 42 millions de vidéos et associé à plus de 55 milliards de vues sur la plateforme. Sa redécouverte par une nouvelle génération l’a également propulsé dans les classements internationaux.
Ce phénomène change complètement le rapport au temps dans la musique.
Un morceau n'a plus nécessairement besoin d'être nouveau pour devenir un tube. Une chanson sortie il y a cinq, dix ou même vingt ans peut soudainement correspondre à une tendance, une émotion ou une vidéo et retrouver une audience massive.
TikTok devient ainsi une sorte de machine à recycler la mémoire musicale collective.
Même les films reviennent grâce à TikTok :
Le cinéma n’échappe pas à cette logique.
Selon TikTok, plus de 6,5 millions de publications consacrées aux films et aux séries étaient partagées chaque jour sur la plateforme en 2025.
L'entreprise affirme également qu'au moins 15 des 20 films ayant réalisé les meilleures performances dans les salles européennes avaient connu auparavant une forte viralité sur TikTok.
TikTok devient ainsi une sorte de machine à recycler la mémoire musicale collective.
Même les films reviennent grâce à TikTok :
Le cinéma n’échappe pas à cette logique.
Selon TikTok, plus de 6,5 millions de publications consacrées aux films et aux séries étaient partagées chaque jour sur la plateforme en 2025.
L'entreprise affirme également qu'au moins 15 des 20 films ayant réalisé les meilleures performances dans les salles européennes avaient connu auparavant une forte viralité sur TikTok.
Mais l'effet fonctionne également sur les œuvres anciennes.
Une étude citée par TikTok indique que 46 % des utilisateurs découvrent grâce à la plateforme des films ou séries qu'ils n'auraient probablement pas connus autrement, tandis que 38 % déclarent revoir des contenus qu'ils n'avaient pas regardés depuis longtemps.
Le réseau social ne se contente donc plus d'accompagner la sortie d'un film : il peut contribuer à déterminer quels films méritent d'être redécouverts.
BookTok transforme aussi les librairies
Le phénomène est particulièrement spectaculaire dans le monde du livre.
La communauté BookTok est devenue un véritable espace de recommandation littéraire.
Au Royaume-Uni, une étude publiée en 2026 indique que 51 % des 16-25 ans découvrent de nouveaux livres grâce à TikTok, faisant de la plateforme un acteur majeur de la découverte littéraire chez les jeunes.
Le réseau social ne se contente donc plus d'accompagner la sortie d'un film : il peut contribuer à déterminer quels films méritent d'être redécouverts.
BookTok transforme aussi les librairies
Le phénomène est particulièrement spectaculaire dans le monde du livre.
La communauté BookTok est devenue un véritable espace de recommandation littéraire.
Au Royaume-Uni, une étude publiée en 2026 indique que 51 % des 16-25 ans découvrent de nouveaux livres grâce à TikTok, faisant de la plateforme un acteur majeur de la découverte littéraire chez les jeunes.
Le principe repose rarement sur une critique littéraire classique.
Une vidéo de quelques secondes peut montrer une réaction après la lecture d’un roman, une citation, une scène particulièrement émouvante ou simplement une pile de livres.
Si la communauté s'en empare, l’œuvre peut rapidement devenir incontournable.
Le phénomène explique notamment pourquoi certains romans connaissent une deuxième vie plusieurs années après leur publication.
Mais qui choisit vraiment nos goûts ?
C’est là que le phénomène devient beaucoup plus intéressant.
Lorsque quelqu’un recommande un film ou une chanson à un ami, il existe une intention humaine identifiable. Sur TikTok, la recommandation passe aussi par un système algorithmique qui observe les comportements des utilisateurs et détermine quels contenus leur seront proposés.
Le résultat peut donner l’impression d'une découverte spontanée : on ouvre l'application et on « tombe » sur un artiste, un livre ou un film. Mais cette découverte est aussi le résultat d'un système qui sélectionne continuellement ce qui mérite d'être montré.
Une analyse publiée par The Guardian en juin 2026 soulignait justement cette transformation du rapport au goût personnel : musique, vêtements et livres, autrefois utilisés comme marqueurs d'individualité, peuvent désormais être influencés par des tendances algorithmiques communes.
Le paradoxe : vouloir être unique en suivant les mêmes tendances. Le phénomène crée un étrange paradoxe.
TikTok donne à chacun accès à une quantité presque infinie de contenus et permet à des artistes inconnus de toucher des millions de personnes. Mais lorsque des millions d'utilisateurs consultent les mêmes recommandations, les mêmes sons et les mêmes vidéos, leurs goûts peuvent aussi commencer à se rapprocher.
C’est particulièrement visible dans les micro-tendances : une chanson devient virale, puis un style vestimentaire, une expression, un film ou un livre lui succède quelques jours plus tard.
TikTok décrit d'ailleurs 2026 comme une période où les utilisateurs cherchent davantage des expériences partagées, des recommandations communautaires et des contenus perçus comme authentiques.
L’algorithme ne remplace pas la culture, il participe désormais à sa circulation
Il serait toutefois réducteur de dire que TikTok « décide » seul de ce que les gens aiment.
Les utilisateurs créent les vidéos, commentent, recommandent, détournent et ressuscitent eux-mêmes les œuvres. L'algorithme amplifie ensuite certaines conversations.
C’est précisément ce qui rend cette nouvelle culture différente : la frontière entre public, critique et prescripteur devient de plus en plus floue.
Un adolescent peut faire découvrir une chanson à des millions de personnes. Un lecteur peut contribuer à transformer un roman oublié en best-seller. Une vidéo sur un vieux film peut provoquer une nouvelle vague de visionnages.
La culture ne descend donc plus seulement des médias vers le public. Elle circule désormais dans les deux sens, à une vitesse inédite.
Et dans ce nouveau paysage, la question n'est peut-être plus de savoir si TikTok influence nos goûts. C’est devenu évident.
La vraie question est plutôt de savoir quelle part de nos goûts vient encore de ce que nous cherchons volontairement… et quelle part vient de ce que l’algorithme a choisi de nous montrer.
Si la communauté s'en empare, l’œuvre peut rapidement devenir incontournable.
Le phénomène explique notamment pourquoi certains romans connaissent une deuxième vie plusieurs années après leur publication.
Mais qui choisit vraiment nos goûts ?
C’est là que le phénomène devient beaucoup plus intéressant.
Lorsque quelqu’un recommande un film ou une chanson à un ami, il existe une intention humaine identifiable. Sur TikTok, la recommandation passe aussi par un système algorithmique qui observe les comportements des utilisateurs et détermine quels contenus leur seront proposés.
Le résultat peut donner l’impression d'une découverte spontanée : on ouvre l'application et on « tombe » sur un artiste, un livre ou un film. Mais cette découverte est aussi le résultat d'un système qui sélectionne continuellement ce qui mérite d'être montré.
Une analyse publiée par The Guardian en juin 2026 soulignait justement cette transformation du rapport au goût personnel : musique, vêtements et livres, autrefois utilisés comme marqueurs d'individualité, peuvent désormais être influencés par des tendances algorithmiques communes.
Le paradoxe : vouloir être unique en suivant les mêmes tendances. Le phénomène crée un étrange paradoxe.
TikTok donne à chacun accès à une quantité presque infinie de contenus et permet à des artistes inconnus de toucher des millions de personnes. Mais lorsque des millions d'utilisateurs consultent les mêmes recommandations, les mêmes sons et les mêmes vidéos, leurs goûts peuvent aussi commencer à se rapprocher.
C’est particulièrement visible dans les micro-tendances : une chanson devient virale, puis un style vestimentaire, une expression, un film ou un livre lui succède quelques jours plus tard.
TikTok décrit d'ailleurs 2026 comme une période où les utilisateurs cherchent davantage des expériences partagées, des recommandations communautaires et des contenus perçus comme authentiques.
L’algorithme ne remplace pas la culture, il participe désormais à sa circulation
Il serait toutefois réducteur de dire que TikTok « décide » seul de ce que les gens aiment.
Les utilisateurs créent les vidéos, commentent, recommandent, détournent et ressuscitent eux-mêmes les œuvres. L'algorithme amplifie ensuite certaines conversations.
C’est précisément ce qui rend cette nouvelle culture différente : la frontière entre public, critique et prescripteur devient de plus en plus floue.
Un adolescent peut faire découvrir une chanson à des millions de personnes. Un lecteur peut contribuer à transformer un roman oublié en best-seller. Une vidéo sur un vieux film peut provoquer une nouvelle vague de visionnages.
La culture ne descend donc plus seulement des médias vers le public. Elle circule désormais dans les deux sens, à une vitesse inédite.
Et dans ce nouveau paysage, la question n'est peut-être plus de savoir si TikTok influence nos goûts. C’est devenu évident.
La vraie question est plutôt de savoir quelle part de nos goûts vient encore de ce que nous cherchons volontairement… et quelle part vient de ce que l’algorithme a choisi de nous montrer.












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