Wald Maâlam dirait : on a confondu la main et la tête.
Les systèmes d’intelligence artificielle produisent des réponses plausibles à partir de données. Ils ne comprennent pas. Ils simulent. Confondre simulation et intelligence, c’est déjà accepter une illusion. Dire que tout doit converger vers l’intelligence artificielle, c’est placer l’outil au centre.
C’est inverser l’ordre des choses. Dans la logique du Maâlam, c’est impensable. Le centre, c’est la vision. L’outil ne vient qu’après.
Or, une norme implicite s’impose : organisations, politiques publiques, discours — tout s’aligne sur l’IA comme horizon incontournable. Cette dynamique crée dépendance et mimétisme.
Depuis quand l’outil dicte-t-il la manière de penser ?
Pour le Maroc et l’Afrique, l’enjeu est stratégique. Il ne s’agit pas de suivre une tendance, mais de choisir une trajectoire. Une IA subie renforce la dépendance.
Une IA pensée peut devenir un levier. Encore faut-il partir du bon point. Wald Maâlam rappelle une règle simple : on ne commence jamais par l’outil. On commence par le besoin. Appliquée à l’intelligence artificielle, cette règle change tout.
Elle impose de remettre la stratégie avant la technologie, la culture avant la standardisation, l’humain avant l’automatisation. Ce n’est pas le monde qui doit converger vers l’intelligence artificielle. C’est l’intelligence artificielle qui doit s’inscrire dans le monde.
Former des “Wald Maâlam numériques”, capables de penser avant d’utiliser, devient essentiel. Car la véritable intelligence ne réside pas dans la réponse, mais dans la question. Sinon, ce n’est plus l’outil qui sert le Maâlam.
C’est le Maâlam qui devient l’outil. Une réflexion que nous poursuivons au sein de OIA.MA – Observatoire de l’Intelligence Artificielle.
Par Dr Az-Eddine Bennani.












L'accueil




Hydrocarbures au Maroc : Les angles morts de la libéralisation










