Car derrière l’apparente montée en puissance d’un écosystème se joue une question autrement plus déterminante :
Elle est le symptôme d’un désalignement structurel. Un écosystème startup ne se décrète pas. Il émerge à l’intersection de plusieurs dimensions : culture entrepreneuriale, marché solvable, capacité d’exécution, gouvernance publique, et disponibilité de capital patient.
Or, au Maroc, ces dimensions ont longtemps évolué de manière disjointe. Ce que certains interprètent comme une faiblesse – l’absence d’exits majeurs, le faible nombre de scale-ups, la fragmentation des initiatives – doit être relu comme un indicateur d’un système qui ne s’est pas encore stabilisé.
L’accélération actuelle, largement portée par l’augmentation des financements, peut elle-même devenir une source de confusion.
Une startup financée n’est pas nécessairement une startup viable. Une levée de fonds n’est pas un modèle économique. Et une valorisation n’est pas une création de valeur réelle. Le risque est alors de confondre visibilité et solidité, dynamique médiatique et transformation structurelle.
Dans l’atelier du Maâlam, la vitesse n’est jamais un objectif. Ce qui compte, c’est l’alignement entre la main, la matière et la vision. Appliquée aux startups, cette logique est implacable : un écosystème ne se mesure pas à sa capacité à lever des fonds, mais à sa capacité à produire des solutions utiles, appropriées et pérennes.
Combien de startups marocaines résolvent réellement des problèmes marocains ?
Un écosystème startup ne devient souverain que lorsqu’il est capable de penser ses propres problèmes, avec ses propres cadres de référence. Le Maroc n’est pas en retard. Il est en phase de gestation.
L’enjeu n’est pas de savoir si l’écosystème startup marocain est prêt. L’enjeu est de savoir s’il est aligné.
Par Dr Az-Eddine Bennani.












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