Durant cette même période, Bank Al-Maghrib (BAM) a maintenu son rôle de régulateur : ses avances à 7 jours ont progressé de 1,9 MMDH, pour atteindre 69,3 MMDH, un signe que la banque centrale continue d’injecter des liquidités à court terme pour soutenir le marché interbancaire.
Un autre chiffre notable porté par la même source est celui des placements du Trésor, dont l’encours quotidien maximal a atteint 25,5 MMDH contre 19,8 MMDH la semaine précédente. Cette hausse suggère un regain d’activité de la part du Trésor public, qui utilise le marché pour gérer ses besoins de financement à court terme.
Sur le plan des taux, deux indicateurs de référence témoignent d’une certaine stabilité :
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Le taux moyen pondéré (TMP), reflétant le coût moyen des ressources sur le marché monétaire, est resté ancré à 2,25 %.
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Le MONIA (Moroccan Overnight Index Average), indicateur pivot des transactions de pension livrée garanties par des bons du Trésor, a légèrement augmenté à 2,268 %.
Un répit conjoncturel qui ne dissipe pas les tensions de fond
Derrière ces données se dessine une réalité nuancée. L’allégement du déficit de liquidité, même modeste, ne doit pas masquer une tendance de fond : le besoin de liquidités dans le système bancaire reste élevé, sous l’effet notamment de la forte croissance de la monnaie fiduciaire en circulation et de la demande accrue de crédits. Des analyses récentes estiment que ce besoin pourrait continuer de croître dans les années à venir, atteignant potentiellement 158 MMDH d’ici 2027, en lien avec des facteurs structurels tels que l’augmentation de la circulation monétaire.
Pour un lecteur marocain attentif à l’évolution de l’économie, ces chiffres traduisent une équation complexe : même si les banques trouvent un peu plus de marge de manœuvre en fin d’année, le système financier demeure sous pression. Cela signifie que la banque centrale pourrait être amenée à poursuivre voire à intensifier ses interventions sur le marché monétaire pour maintenir l’équilibre.
Selon les prévisions évoquées dans les milieux financiers, BAM pourrait porter les avances à 7 jours à environ 70,97 MMDH lors de la prochaine période, renforçant ainsi son rôle de tampon pour éviter des tensions excessives sur la trésorerie des banques.
Au-delà des chiffres, un indicateur de l’équilibre économique
À première vue, l’allégement du déficit de liquidité est un signe encourageant. Mais au-delà des chiffres, il faut comprendre ce que cela reflète : une économie qui demeure dépendante de l’intervention de la banque centrale pour assurer la fluidité des échanges financiers, tout en absorbant les fluctuations de la demande de crédit et de la circulation monétaire.
Pour les entreprises et les ménages notamment dans un contexte où la nouvelle génération cherche des opportunités d’investissement ou d’accès au crédit cette situation a plusieurs implications. Une liquidité bancaire suffisante est essentielle pour que les banques puissent continuer à prêter, investir, et soutenir l’activité économique. Une pression excessive pourrait, à l’inverse, se traduire par un coût du crédit plus élevé ou une moindre appétence des banques pour le financement de projets d’envergure, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.
Vers une stabilisation durable ?
Les données récentes confirment que le système bancaire marocain reste résilient, malgré des besoins de liquidités persistants. La combinaison d’une politique monétaire proactive de Bank Al-Maghrib, d’un marché interbancaire fonctionnel et d’une demande de crédit soutenue constitue un équilibre délicat à maintenir. Pour l’avenir proche, les marchés scruteront avec attention les chiffres hebdomadaires, à la recherche de signes plus nets de stabilisation ou, au contraire, de volatilité accrue.
En définitive, le léger allégement du déficit de liquidité à la fin de 2025 est une belle histoire de chiffres, mais aussi un miroir de défis structurels plus profonds. Le défi pour les décideurs marocains consiste maintenant à transformer ce répit apparent en un mouvement durable vers une meilleure liquidité bancaire, au service de la croissance et de l’emploi, tout en veillant à la stabilité financière du pays.
Au moment où le Maroc aspire à stimuler l’investissement et l’emploi pour sa jeune génération, la santé de son système bancaire reflétée par des données comme l’allégement du déficit de liquidité reste un baromètre essentiel. Ce léger répit de fin d’année n’est pas une fin en soi, mais peut devenir un catalyseur vers une stabilité plus durable si les bonnes décisions politiques et monétaires sont prises au bon moment.
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