Cette hausse significative plus qu’un simple changement de chiffre d’un mois à l’autre reflète une conjoncture complexe, où les impératifs de financement de l’État s’intensifient sous l’effet conjugué de dépenses publiques soutenues, de remboursements de dette et d’un calendrier d’investissement ambitieux. Il est utile de rappeler que le budget de l’État pour 2026 a été arrêté à 761,3 milliards de dirhams, marquant une progression d’environ 5,5 % par rapport à 2025, avec des arbitrages importants en faveur de la gestion et des investissements nationaux.
Ce tournant budgétaire ne se résume pas à un simple réajustement comptable. Il s’inscrit dans un cadre plus large où la dette intérieure du Trésor continue d’évoluer elle avait atteint 773 MMDH à fin mai 2025, en progression modérée par rapport à fin décembre 2024 et où l’État marocain gère de manière active ses leviers financiers pour assurer l’équilibre de ses ressources et charges.
Dans un entretien informel avec un gestionnaire de portefeuille obligataire à Casablanca, celui-ci notait récemment : « C’est moins une question de solvabilité que de synchronisation des flux de trésorerie. L’État s’adapte au calendrier de ses dépenses, tout en essayant d’optimiser les conditions de marché pour limiter les coûts d’emprunt. » Une remarque qui traduit bien la double logique de rigueur budgétaire et de pragmatisme financière qui anime les autorités.
Les adjudications sur le marché des valeurs du Trésor constituent l’un des principaux mécanismes de mobilisation de ces fonds. Ces opérations, ouvertes aux investisseurs institutionnels et privés, servent à attirer de nouvelles ressources et à refinancer des échéances à court et moyen termes. Elles sont ainsi scrutées de près par les opérateurs, à la fois comme baromètre de confiance et comme indicateur des coûts de financement.
Pour les acteurs économiques, cette montée des besoins de financement appelle à une lecture plus nuancée que celle d’une simple montée des déficits. Elle est aussi le reflet d’une stratégie de gestion proactive, menée dans un contexte où les recettes fiscales progressent comme l’a montré la forte augmentation des recettes au cours de 2025 mais où les charges et les engagements de l’État restent importants face aux attentes sociales et infrastructures à financer.
À la croisée des défis budgétaires et des aspirations de croissance, l’exercice 2026 s’annonce déterminant pour conforter la confiance des marchés tout en consolidant l’ensemble des équilibres macro-financiers du Maroc.
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