En feuilletant les archives de ce dossier, on se rappelle que la BEI avait déjà franchi la barre des 500 M€ en 2024, une augmentation de 56 % par rapport à 2023, portée par des projets structurants allant de l’énergie à l’éducation en passant par les transports. Aujourd’hui, cette montée en puissance n’est plus une promesse : elle se lit dans les chiffres.
Ce que cela signifie concrètement pour les Marocains ? Que les chantiers d’avenir, impactés par l’eau, l’énergie ou les conséquences économiques du séisme du 8 septembre 2023, ne sont plus en “projet”, mais bien en phase active de financement.
Juin dernier, à Rabat, lors d’un petit déjeuner de travail avec des interlocuteurs du secteur public, plusieurs directeurs de projets marocains m’avaient confié leur impatience : “Nous avons besoin de ces fonds pour passer des plans sur papier aux travaux sur le terrain.” Leur enthousiasme n’était pas feint ; il traduisait l’espoir d’un Maroc plus résilient, capable de conjuguer développement et transition vers des modèles durables.
Une grande partie de ces financements se concentre sur des programmes vitaux à long terme à commencer par l’accès à l’eau potable dans les régions qui en ont cruellement besoin. En mai 2025, la BEI a accordé 70 millions d’euros à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) pour moderniser les réseaux de production et de transport d’eau potable, notamment dans les petites villes et zones rurales qui subissent le plus la pression sur les ressources hydriques.
Sur ce volet, impossible de ne pas penser aux longues files d’attente devant les puits lors des canicules récentes ou aux discussions intenses autour de la sécurité hydrique au Parlement : chaque goutte compte, et chaque euro investi traduit une réponse tangible à des besoins réels.
Un autre pan de ce portefeuille record vise à booster la transition énergétique du Royaume. Toujours en mai 2025, la BEI a signé un prêt de 170 millions d’euros à l’ONEE branche Électricité, complété par 130 millions d’euros de la banque allemande KfW, pour renforcer l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau national. Ce financement s’inscrit dans la feuille de route énergétique du Maroc, qui vise à porter à terme une part dominante d’électricité propre dans le mix national une nécessité face aux enjeux climatiques et à l’engagement du Royaume dans la lutte contre le réchauffement.
Mais si l’on devait choisir un thème qui illustre le mieux l’année 2025, c’est sans doute la reconstruction post-séisme. Après le violent tremblement de terre du 8 septembre 2023 qui a profondément marqué le pays la BEI a signé une seconde tranche de 500 millions d’euros dans le cadre d’un programme de 1 milliard d’euros pour accompagner la réhabilitation des infrastructures publiques dans les territoires affectés. Ce volet lourd comprend :
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230 millions d’euros pour les infrastructures routières,
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200 millions pour l’éducation,
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70 millions pour la santé.
Cela signifie des écoles, des écoles plus sûres, des routes plus robustes et des centres de santé rénovés des éléments essentiels pour que les communautés relèvent la tête après la tragédie.
Depuis 1979, la BEI a engagé près de 10 milliards d’euros au Maroc, et plus d’un cinquième de cette somme 2 milliards l’a été seulement au cours des quatre dernières années, soit une moyenne d’environ 500 millions d’euros par an. Cette intensification reflète non seulement une confiance accrue dans le partenariat Maroc-UE, mais aussi une réponse pragmatique aux enjeux de développement durable auxquels le Royaume est confronté.
Pour les jeunes professionnels, entrepreneurs ou citoyens engagés dans l’avenir du Maroc, ces financements ne sont pas de simples chiffres : ils dessinent des opportunités économiques, renforcent les capacités locales et participent à bâtir un Maroc plus résilient, plus vert et mieux préparé face aux défis de demain.
Conclusion Enjeux et perspectives économiques
La BEI signe ici un tournant historique dans la coopération économique avec Rabat. Loin d’être un simple relais financier, elle agit comme un catalyseur pour des transformations profondes : sécurisation de l’eau, accélération de la transition énergétique, soutien à la reconstruction post-crise. La course vers un Maroc durable et inclusif gagne en vitesse et ces financements sont à la fois un pont vers l’avenir et une affirmation du rôle stratégique du Royaume sur l’échiquier méditerranéen.
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