Un marché dopé par l’élan sectoriel
Ce rebond n’est pas uniforme pour tous les secteurs. Certaines branches de l’économie ont particulièrement tiré leur épingle du jeu. Le secteur de la santé a fait figure de vedette avec une progression de 11,2 %, porté notamment par des valeurs phares très recherchées. Viennent ensuite les sociétés de placement immobilier (+9,03 %) et le segment loisirs et hôtels (+8,32 %), qui ont capté l’intérêt des investisseurs légèrement plus audacieux.
À l’inverse, certains secteurs ont marqué le pas. L’électricité a reculé de 2,05 %, suivi par les ingénieries et biens d’équipement industriels (-2,01 %) et le secteur des boissons (-1,55 %). Ces replis, bien que modérés, montrent que la reprise n’est pas homogène partout et qu’une lecture attentive des fondamentaux demeure indispensable.
Volumes et valeurs vedettes : le pouls du marché
Sur la scène des volumes, l’activité a été soutenue avec un montant global d’échanges avoisinant les 5,98 milliards de dirhams, dont 4,9 MMDH sur le marché central et 1,04 MMDH sur le marché de blocs. C’est un signal fort : les intervenants sur la place casablancaise ont manifesté une réelle envie de reprendre position après une fin d’année marquée par une certaine prudence. La capitalisation boursière a, elle, culminé à 1 058 milliards de dirhams, confirmant la taille grandissante de ce marché régional stratégique.
Sur le plan des valeurs individuelles, certaines actions ont littéralement brillé. SGTM S.A, par exemple, a vu son prix s’envoler de 16,08 % à 940 DH, portée par un fort volume de transactions. Akdital, CDM, Aradei Capital et Eqdom ont aussi figuré parmi les valeurs les plus recherchées, avec des hausses comprises entre +10 % et +13,76 %. En revanche, certaines valeurs ont déçu : Involys a connu le plus fort recul (-12,57 % à 183,6 DH), suivie par Sanlam Maroc (-6,14 %) et Oulmes (-5,44 %).
Une lecture plus large : contexte et signaux d’avenir
Ce rebond hebdomadaire s’inscrit dans un contexte plus large de performance robuste du marché marocain en 2025, année durant laquelle le MASI avait enregistré l’une de ses plus belles progressions annuelles, avec près de +27,5 % sur l’ensemble de l’exercice. Cette dynamique reflète non seulement une reprise post-pandémie soutenue par les investisseurs marocains mais aussi une certaine attractivité retrouvée auprès des flux internationaux.
Pour autant, l’euphorie doit être tempérée. Le marché reste relativement modeste comparé aux grandes places mondiales et vulnérable aux chocs externes. Les performances sectorielles hétérogènes invitent à la prudence : si la santé et l’immobilier ont suscité de l’intérêt, d’autres segments peinent encore à convaincre.
D’après les professionnels, ce début d’année positif pourrait marquer un tournant : une consolidation des facteurs structurels favorables à la liquidité et à la diversité des investisseurs, tout en soulignant l’importance d’une régulation renforcée pour attirer encore plus de capitaux. Pour le Maroc, le défi reste le même : transformer cette dynamique boursière en un moteur de développement durable, inclusif et porteur de croissance économique pour toutes les générations. Dans un monde financier en constante évolution, la place casablancaise montre qu’elle n’est plus une simple place régionale elle est en train de devenir un acteur crédible du paysage financier africain.
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